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Vendée Globe. Les Sarthois dans la course… et en force... |
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Le Segréen Fabrice Amédéo mènera le bateau d’Art et Fenêtres, la société basée à Brûlon © JM_LIOT
Dimanche 8 novembre 2020 s’élance le 9e Vendée Globe. Rencontre avec les Sarthois qui sont sur le pont pour ce tour du monde à la voile en solitaire. Et tour d’un département qui a le pied marin.
Le département n’a pas la mer, mais il a eu des marins et certaines de ses entreprises gardent le regard tourné vers le large. Par sa proximité géographique, affective, la Vendée constitue le littoral le plus familier des Sarthois.
Dimanche 8 novembre 2020, cette proximité s’incarnera dans l’énergie de Samantha Davies, à la barre d’Initiatives. Ou encore Art et fenêtres, la société de Brûlon, dont Fabrice Amedeo – espérons-le – emmènera les couleurs jusque dans les cinquantièmes hurlants.
Les défis au Tour de France à la voile
La Sarthe a le pied marin. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Plus d’un siècle après la sélection du Sarthois Henri Arthus aux Jeux Olympiques de Londres (1908), les couleurs de la Sarthe sont régulièrement à l’honneur. Bien avant François Angoulvent, fidèle à la « Route du Rhum » au cours de la dernière décennie, l’image de la voile en Sarthe s’est d’abord répandue sur les pontons du Tour de France à la voile.
En 1988, le projet « Défi Sarthe » porté par Stéphane Sevaux et le Conseil Général de la Sarthe est d’abord récompensé par une extraordinaire 4e place au général, l’équipage étant même récompensé d’une victoire en Coupe de France après ses trophées récoltés en pré-saison. L’année suivante, soutenu par les « Poulets de Loué » le bateau sarthois accueille à son bord le champion olympique Thierry Péponnet pour lutter avec les meilleurs. Mais c’est en 1990, sous les couleurs de sa ville, « Écommoy », que Stéphane Sevaux échoue de peu sur le Tour derrière le bateau Wasquehal (1er).
Kersauson, né en Sarthe
Enfin, que ce soit autour du monde ou sur la Route du Rhum, courue aussi en 1986 par le Manceau Jean-Yves Richard (« Côte Basque »), le navigateur sarthois, le plus célèbre de tous, reste Olivier de Kersauson, né à Bonnétable, qui a passé son enfance, en grande partie chez les Jésuites, au Mans, et décroché son permis bateau à Arnage, avant de dompter les océans.
Des lacs et 300 licenciés
Le département compte environ 300 licenciés répartis dans quatre clubs affiliés à la Fédération française de la voile : Arnage, La Flèche, Marçon et Sillé-le-Guillaume. D’autres entités, indépendantes, existent à Tuffé et Mansigné.
La majorité des pratiquants ont plus de 50 ans avec une belle part de retraités, ce sont notamment des personnes qui ont envie de se faire ou refaire la main dans la voile afin de naviguer avec leur propre bateau »,
souligne la Mancelle de 59 ans, Caroline Lamoureux, présidente du comité départemental de la voile en Sarthe depuis l’an passé.
Cette année, on a eu un regain de jeunes dans nos clubs »,
poursuit la responsable, en plus, de la commission handivoile à la Ligue des Pays de la Loire et membre d’un groupe de travail au niveau national sur cette même pratique. Quasiment 10 % (soit 30) des skippers sarthois ont entre 7 et 16 ans. Les parents apprécient d’inscrire leurs enfants dans cette discipline, car la voile demande de la rigueur, ça permet de les cadrer et, en plus, de les sortir de leurs écrans.
Pour progresser, les skippers sarthois doivent se résoudre à quitter le département, faute de littoral : On n’a pas de structure pour faire des champions. Pour viser plus haut, il faut qu’ils s’expatrient en Loire-Atlantique ou en Vendée, par exemple (rires).
Et peut-être, un jour, porteront-ils haut les couleurs sarthoises autour du monde.