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Cross international Le Maine Libre. Jimmy Gressier, des Jeux olympiques à Allonnes... |
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Facétieux, Jimmy Gressier a pris le temps de faire le spectacle à l’arrivée des championnats de France de cross court. © STADION ACTU/MAXPPP
Fraîchement titré aux championnats de France de cross court, Jimmy Gressier s’aligne, ce dimanche 21 novembre 2021, à Allonnes au parc de Chaoué pour gagner. À 24 ans, il est déjà une grande figure de l’athlétisme français. Une médaille aux JO de Paris en 2024 lui ferait changer de dimension.
« Le Maine Libre » : Deux ans après votre 4e place sur le Cross international Le Maine Libre – Allonnes, vous serez au départ de l’épreuve sarthoise ce dimanche. Qu’avez-vous changé principalement dans cette période ?
Jimmy Gressier : « Je m’entraîne dorénavant à Paris, à l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) où j’habite. J’ai deux coachs, Arnaud Dinielle qui me suit depuis toujours, et Adrien Taouji. Les deux travaillent en collaboration.
Je vis très bien ce changement, car avant je m’entraînais tout seul. Maintenant, j’ai un groupe de haut niveau avec ma copine notamment. J’ai une bonne stabilité et je me sens bien. »
Quels athlètes se mesurent au quotidien à vous ?
« Il y a Mohamed-Amine El Bouajaji, c’est un grand ami à moi. Mehdi Belhadj, aussi, qui a fait les minima pour les derniers JO sur 3 000 m steeple en 8’12’’. Valentin Gondouin qui sera présent à Allonnes, il vient de faire 2e dans la catégorie espoir sur le cross long des championnats de France (le 14 novembre).
Je suis plus accompagné, les footings passent plus rapidement et, en-dehors de l’aspect athlétisme, je me fais des amis. C’est un bon équilibre. »
Votre statut dans l’athlétisme français ne cesse de grandir, comment vivez-vous cette évolution ?
« Je ne me prends pas la tête. Je prends tout ce qui a à prendre avec beaucoup de plaisir, mais aussi du recul. À l’heure actuelle, ça marche pour moi donc il faut en profiter. Mais, je sais que si demain ça ne marche plus, je pourrais être entre guillemets quelqu’un de lambda, et ça ne me dérange pas. J’ai assuré mes arrières en passant un diplôme, il y a maintenant 3 ans : un BTS négociation et relation clientèle.
Avec la Région Hauts-de-France, mon club de Boulogne-sur-Mer AC, ma ville… Je suis mis dans les meilleures dispositions, c’est pour cela que je n’ai pas peur de la suite et que je n’ai pas de pression. »
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Les médias vous sollicitent davantage, ça vous plaît ?
« C’est toujours flatteur d’être affiché, mais je ne m’attarde pas là -dessus. Le plus important pour moi est de courir et d’être performant. Je ne fais pas de l’athlétisme pour être dans la presse. »
Cet été au Japon, vous avez participé à vos premiers Jeux olympiques (13e de la finale du 5 000 m), comment qualifierez-vous cette expérience ?
« De spécial. Ce n’est pas le plus beau championnat que j’ai vécu pour l’instant, même si ce sont les JO, en raison du Covid je pense. Le fait que ça se passe dans un pays chaud, humide… ça n’a pas aidé. Le décalage horaire a été aussi compliqué à vivre.
On a travaillé en amont pour s’adapter au mieux, mais la réalité est différente. L’absence de public, tous les gestes barrières à respecter… L’environnement était spécial. »
Les JO de Paris se profilent en 2024, d’ici là allez-vous devoir ménager votre calendrier et notamment faire l’impasse sur la saison de cross ?
« À l’approche de Paris, il va falloir moins courir et se préparer davantage. On a déjà envisagé ça avec les coachs. Dès 2023, je pense que je serais focus à 100 % sur la piste. »
L’objectif sera le 5 000 m comme à Tokyo ?
« Pour l’instant, oui, c’est le 5 000 m qui est dans le viseur, mais rien ne dit que je ne doublerais pas avec le 10 000 m. Il faut voir aussi ce que je peux donner sur le 3 000 m steeple. »
Vous venez de remporter le titre senior de cross court aux championnats de France à Montauban (le 14 novembre), quelle est votre ambition sur le format long d’Allonnes, ce dimanche (la course AS hommes s’élance à 15 h 05) ?
« Comme je le dis à chaque édition où je prends le départ et je ne m’en cache pas, je viens toujours pour la gagne. Le cross d’Allonnes est hyper relevé, donc c’est un challenge. J’espère enfin offrir la première victoire d’un Français au palmarès depuis plus de 10 ans (Berioui en 2007).
Je veux faire plaisir à Philippe Leboucher et au public qui est toujours nombreux. Je me sens bien à Allonnes et, avec Philippe comme organisateur ça aide. »
Dans quel état de forme êtes-vous ?
« Cette course arrive rapidement dans ma préparation. Comme je l’ai dit à mes entraîneurs, j’ai la sensation de ne pas encore avoir assez fait de séances pour vraiment me jauger. J’ai gagné aux France, mais j’y allais un peu dans l’inconnu avec quelques signes positifs à l’entraînement, mais pas encore dans une forme optimale. La victoire m’a rassuré.
Après, je sais que je suis meilleur dans le cross long que court, donc j’ai hâte de courir à Allonnes qui sera un indicateur important à trois semaines des championnats d’Europe à Dublin (le 12 décembre). »
En espoir, vous avez été titré à trois reprises à l’échelle continentale en cross-country. En Irlande, ce sera votre première chez les seniors, quelle place visez-vous ?
« Je prépare les championnats d’Europe pour l’or. Bien sûr, si je fais podium ou même top 5, je serais quand même heureux car ce sera une nouveauté pour moi dans cette catégorie. »