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Basket. Avec ses Espoirs, le MSB se reconstruit un réservoir de talents pour le futur... |
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Hugo Mienandi, Espoir au MSB, le regard tourné vers l’équipe pro. © Le Maine Libre – Clément Szczuczynski
Au MSB, la formation n’est pas un vain mot. Pour façonner ceux qui pourraient devenir des cadres de l’équipe professionnelle dans le futur, le club manceau a relancé un nouveau projet chez ses Espoirs. Tour d’horizon de ce réservoir de talents en devenir qui reprennent le fil du championnat samedi prochain 9 janvier 2021.
Depuis le début des années 90, chaque équipe de Jeep Elite (ou ex-Pro A) engage les meilleurs joueurs de leurs centres de formation dans le championnat Espoirs. Dans ce domaine, le MSB a souvent réussi à tirer son épingle du jeu dans les résultats (champion de France en 2012, vainqueur du Trophée du Futur – sorte de Leaders Cup espoirs – en 2005 et 2007) mais surtout, dans l’avènement de quelques « pépites » qui ont, ensuite, éclos au plus haut niveau. La fameuse triplette Pape Amagou – Yannick Bokolo – Alain Koffi puis Antoine Diot, Nicolas Batum, Jérémy Leloup, Petr Cornélie, Jonathan Jeanne ou Youssoupha Fall pour ne citer qu’eux.
Depuis quelques saisons, le MSB était un peu rentré dans le rang sur tous les tableaux côté jeunesse. Exception faite de Matthieu Gauzin (parti prendre des responsabilités, en prêt, à Châlons-Reims) ou de Kenny Baptiste intégré cette saison, pas vraiment de joueurs aptes à briller avec l’équipe pro n’a germé. Le Mans a donc relancé un projet, autour d’un nouveau coach (Jordan Bernard), en espérant faire fructifier le travail toujours orchestré en coulisses, depuis de nombreuses années, par Philippe Desnos.
« Une équipe très jeune »
On repart cette année avec une équipe très jeune
, avoue Jordan Bernard. Le but est évidemment de former de futurs joueurs professionnels pour le MSB mais aussi des pros, tout court. À l’instar de Jacques Eyoum à qui on ne pouvait refuser l’opportunité d’aller se lancer en Pro B (ndlr : il a signé fin décembre avec le club de Gries-Oberhoffen). Maintenant, à cet âge, il y a plein de paramètres qui entrent en jeu et il est difficile de dire qui y parviendra avec certitude. Tout peut aller très vite, dans un sens ou dans un autre
.
Pour aider ses jeunes talents à passer un cap, c’est toute la chaîne du MSB qui se met à l’écoute. On a la chance qu’ici, le staff de l’équipe pro soit aussi très attentif au développement des Espoirs
, continue Jordan Bernard. Ils ont un regard particulier là -dessus et n’hésitent pas à donner des opportunités aux jeunes
.
Suivant les besoins, les Espoirs sont régulièrement appelés à venir faire le nombre pour l’entraînement des pros. Un passage dans le grand bain, forcément instructif. Cette année, l’équipe pro tourne avec cinq intérieurs, donc nos jeunes dans ce secteur sont un peu moins appelés
, précise Jordan Bernard. Avec les blessures des arrières ou des extérieurs, ce sont plutôt des garçons comme Mienandi, Magassa ou même Aworet, qui ont leur chance en ce moment. Tout est question de contexte également
.
En attendant de savoir s’ils perceront dans l’élite, dans l’antichambre (ils sont actuellement onze passés par le centre de formation manceau à évoluer en Pro B) ou s’ils devront se contenter d’évoluer dans des divisions inférieures, les Espoirs du MSB vont tenter de faire leurs preuves à leur niveau. Après un début de championnat réussi (quatre victoires, une défaite) grâce à un caractère affirmé, ils ont dû remettre les compteurs à zéro en décembre, pandémie oblige. Dans le nouveau format de championnat, ils sont tombés en ouverture chez le voisin choletais (69-57). Ce week-end, face au Portel, ils espèrent reprendre leur marche en avant.
L’équipe 2020/2021 au crible
> MENEURS-ARRIERES : Régulièrement appelé à l’entraînement des pros, le Sénégalais Dahaba Magassa est le plus gros potentiel des lignes arrières. Il a des qualités athlétiques hors norme
, avoue Jordan Bernard. C’est un attaquant instinctif, avec de l’agressivité. Sa marge de progression, c’est dans la science du jeu et dans le fait de mettre ses qualités au service de l’équipe ». En relais au poste 2, Lucas Veraghe fait presque figure d’ancien. « Un joueur avec de vraies qualités d’adresse » qui doit encore élargir sa palette pour viser le monde pro.
À la mène, le « chantier » est un peu plus vaste. Depuis le départ de Matthieu Gauzin, on a un peu un trou générationnel. Il y a des garçons sur qui on garde un œil pour l’avenir (Adama Bal et Rayan Rupert, actuellement au Centre Fédéral en Nationale 1) mais on n’a pas forcément de profil Jeep Elite actuellement
. Pour autant, le MSB peut compter sur un duo complémentaire cette saison sur le parquet avec Clovis Gaduel et Kezia Heulin. Clovis a un gros moteur, notamment en défense. Il doit progresser encore dans la création, rendre une copie plus propre. Quant à Kezia, il compense des lacunes au niveau physique par une grande connaissance du jeu.

Dahaba Magassa, un des plus forts potentiels de l’équipe Espoirs du MSB, s’entraîne régulièrement avec le groupe pro. Le Maine Libre – Clément Szczuczynski
> AILIERS : Dans ce secteur, un nom sort déjà du lot, celui d’Hugo Mienandi, international dans les équipes de France jeunes. Il a un potentiel important
, estime Jordan Bernard. C’est un ancien intérieur, qui a basculé surtout à l’aile. Il est sérieux, compétiteur, c’est un coéquipier modèle, toujours à l’écoute ce qui lui donne un profil de capitaine pour dans quelques années. Sa polyvalence est très utile aussi pour le groupe pro et il est très efficace proche du panier
.
Avec le départ de Jacques Eyoum, Raphaël Djasrambaye devrait, lui, prendre du galon dans les prochaines semaines. Il est ce qu’on appelle un potentiel profil de haut niveau sur le long terme. Il a des qualités physiques, il est grand (2,04 m) mais il a encore beaucoup de choses à construire
.
> INTERIEURS : Le MSB a souvent sorti des intérieurs de qualité ces dix dernières années (Fall, Cornélie, Jeanne). Mais on sait que pour ces profils de grande taille sont souvent plus longs à façonner
, avoue Jordan Bernard. La fin des pépins physiques aidant, ce dernier va pouvoir aligner une doublette de haute altitude dans les prochains matchs. On a deux intérieurs à plus de 2,10 m, ce n’est pas rien
, avoue le technicien manceau.
Pour autant, les deux Espoirs n’ont pas les mêmes qualités. Alaaeddine Boutayeb a du basket dans les mains mais il doit s’améliorer dans le déplacement et prendre du volume pour combler des lacunes physiques qui l’empêchent pour le moment de s’exprimer au haut niveau
.
L’autre pivot, le Néerlandais Mathias Van Den Beemt, fait lui un retour à la case MSB après un bref passage en université américaine. Il est revenu très déçu de son expérience là -bas
, explique Jordan Bernard. Surtout, il s’est blessé assez gravement (au dos) et il n’y a eu aucun suivi. Ça a été un coup d’arrêt qui lui a coûté plusieurs mois de réathlétisation. Mais quand il a décidé de revenir, on n’a pas longtemps hésité. On croit en ce profil, il n’est pas de ceux qu’on croise à tous les coins de rue
.