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24 Heures du Mans. « Sans spectateurs, la course a moins de sens », pour le pilote Gabriel Aubry... |
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Gabriel Aubry avait terminé second de l’épreuve en Endurance en 2019. © Dominique Breugnot
Le Francilien Gabriel Aubry, jeune pilote d’Endurance (22 ans) a réagi au report des 24 Heures du Mans aux 21 et 22 août. Celui qui avait terminé second de l’épreuve en LMP2 en 2019 voit d’un bon œil ce report « si et seulement si cela peut permettre au public d’être présent », nous explique-t-il.
La crise sanitaire n’en finit plus de bousculer les calendriers sportifs. Pour la deuxième année consécutive, les 24 Heures du Mans ne pourront pas se tenir en juin, comme le veut la tradition.
L’épreuve sarthoise, organisée par l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) se lance le pari de repousser l’échéance au week-end du 21 et 22 août. Une façon pour les organisateurs de mettre toutes les chances de leur côté afin d’accueillir une jauge idéale de 50 000 personnes dans les travées du mythique circuit manceau.
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« En tant que pilotes, nous sommes là pour communier, partager, échanger sur notre passion »
Du côté des pilotes, ce report est vu d’un bon œil. À commencer par Gabriel Aubry, pilote en Endurance qui fera l’objet d’une chronique tout au long de l’année dans notre supplément numérique, Prolongation .
Le Francilien de 22 ans, qui compte déjà trois participations aux 24 Heures du Mans, dont une deuxième place en LMP2, en 2019, avoue être  content de voir l’événement être repoussé. L’an dernier, lorsque l’épreuve s’était déroulée sans spectateurs, cela avait eu moins de sens. C’était même un peu glauque. En tant que pilotes, nous sommes là pour communier, partager, échanger sur notre passion. Et puis le public apporte une certaine ferveur !Â

Gabriel Aubry. Dominique Breugnot
Pour Gabriel Aubry, ce report s’explique aussi par l’aspect financier de l’organisation d’un tel événement.  Pour les organisateurs, une deuxième édition des 24 Heures du Mans sans spectateurs, ce n’est pas jouable, ni fiable. Et puis, ce qui fait la renommée de l’épreuve, c’est la présence du public. Alors, s’il faut attendre deux, trois, quatre mois, on attendra.Â
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« Cela risque d’être pesant physiquement »
Le natif de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) voit aussi son planning de compétitions – et donc de préparation – être chamboulé. « À vrai dire, ce n’est pas trop grave. Cela va surtout changer beaucoup de choses pour les ingénieurs, juge-t-il. Un peu comme l’an dernier à vrai dire. On s’adapte. Lors d’édition plus chaude et donc estivale, pas mal de paramètres entrent en compte. D’abord, les nuits sont plus longues. Dans le cockpit, la chaleur va être plus élevée, cela risque d’être pesant physiquement. »
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Mais aussi d’un point de vue mécanique. Il s’explique : « Il faut savoir qu’en LMP2, les freins sont le point faible. En temps normal, nous partons avec une capacité totale de freinage. Mais souvent, nous terminons la course avec 0 % de capacité en faisant attention, détaille-t-il. Alors, avec la chaleur, l’usure des freins va être accentuée. Il va falloir faire un gros travail là -dessus. Surtout si les températures avoisinent les 30 °C. Et puis, évidemment, qui dit haute température, dit usure des pneus plus rapide. » Affaire à suivre…