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24 Heures du Mans. Naissance, anecdotes, photos… 100 ans de courses racontés dans un livre... |
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En 1974, les Français de Matra s’imposent pour la troisième fois aux 24 Heures du Mans (Sarthe). La marque décrochant cette année-là son deuxième titre mondial des constructeurs. © Archives Automobile club de l’Ouest (ACO)
Dans un livre intitulé Les 24 Heures du Mans, l’histoire, Henri Charpentier et Bernard Bakalian retracent 100 ans de courses en Sarthe, terre de naissance du sport automobile sur circuit.
Dans le concert des nombreuses publications liées au centenaire des 24 Heures du Mans, l’overdose guette si l’on n’est pas un fanatique de la course d’endurance.
Il est pourtant un livre, celui d’Henri Charpentier et Bernard Bakalian, dont l’ambition est de sortir des sentiers battus. La course, oui, mais pas que. Les deux journalistes, spécialistes de la compétition automobile, présentent Les 24 Heures du Mans, l’histoire, aux éditions Michel Lafon. Une histoire faite de dates ayant façonné la plus grande épreuve d’endurance au monde mais aussi des histoires, trame d’une aventure humaine débutée en 1923.
La couverture fait honneur au roi Porsche et ses dix-neuf victoires au classement général. Dans sa livrée rouge d’origine, la glorieuse 917, qui permit à la firme de Stuttgart de remporter son premier succès sur le tracé manceau. Avec son numéro, le 23, la voiture est un joli clin d’œil à 1923 et les premières heures des 24 Heures.
« Les petites et les grandes histoires »
Mobilité, fiabilité, sécurité : en un siècle, constructeurs, pilotes et Automobile club de l’Ouest ont empilé les défis technologiques. L’ouvrage de Bakalian et de Charpentier déroule le fil d’une longue odyssée où les participants ont rivalisé d’ingéniosité pour triompher. Les auteurs ont rassemblé une riche iconographie et des archives dont certaines provenant des constructeurs eux-mêmes. « On a vu 350 00 clichés pour ce livre, glisse Henri Charpentier. On avait de quoi faire plusieurs bouquins ! Nous montrons des documents extraordinaires. Dans ce livre, on privilégie l’humain, les petites et les grandes histoires. »

La photo officielle des concurrents du Mans, en 2021. Daniel Fouray / Archives Ouest-France
Les 24 Heures du Mans, l’histoire recensent ainsi des anecdotes peu connues du grand public. On y apprend ainsi que la première édition de la course, qui ne s’appelle pas encore 24 Heures, a en réalité totalisé 25 heures de compétition. « Le choix de la date du 26 mai 1923, par le plus grand des hasards, transforme l’épreuve, écrivent les auteurs. En effet, trois jours plus tôt, le 23 mai, le Sénat adopte l’heure d’été. Le départ de la course est bien donné à 16 h le samedi 26 mai et l’arrivée est jugée le lendemain à 17 h. »
Sur la carte postale d’époque, trente-trois voitures, un circuit campagnard de 17,2 km, une météo exécrable qui transforme la piste en bourbier, mais surtout un duo de vainqueurs ayant parcouru en deux tours d’horloge une distance supérieure à Paris Berlin et retour, battant tous les records du monde à partir de 1 000 kilomètres. « Les témoins retiennent surtout la performance et le courage des pilotes en pleine nuit. Jamais encore on n’a roulé aussi vite dans le noir » relèvent Henri Charpentier et Bernard Bakalian.
L’épreuve tient bon
Dans un chapitre nommé « Le Mans avant Le Mans », les auteurs contextualisent les balbutiements de la course automobile dans la France de la fin du XIXe siècle. Extraits des journaux de l’époque, photos, publicités, témoignages de pilotes... Le livre rend compte de l’évolution rapide de l’épreuve nommée 24 Heures du Mans dès 1932 par le préfet de la Sarthe.
On plonge dans la frise chronologique. La course résiste à l’annulation provoquée par les grèves de 1936, à la longue interruption pendant la Seconde Guerre mondiale et la reprise en 1949. Le président de la République Vincent Auriol vient saluer le renouveau des 24 Heures mais aussi celui de l’industrie automobile française.

Le départ des 24 Heures du Mans 2022. Jerome Fouquet / Archives Ouest-France
Le livre n’occulte pas la tragédie de 1955, montrant photos, unes de journaux, extraits d’enquêtes de police ou encore une lettre émouvante d’un professeur aux parents d’un élève décédé. L’accident aux 82 morts a d’autant plus de répercussions que la course est retransmise à la télévision. Deux jours après la course, le ministre de l’Intérieur, Charles Brune, interdit toute compétition auto en France jusqu’à la mise en place de nouvelles mesures de sécurité. En 1956, la course est reportée aux 28 et 29 juillet car les travaux de rénovation et de sécurisation du circuit ne sont pas terminés.
Les 24 Heures, l’histoire s’attardent aussi sur les grandes heures sportives de l’épreuve, duels épiques et chevauchées héroïques racontés par des pilotes, défis technologiques avec l’apparition des motorisations diesel puis hybride. Au Mans, la dernière victoire d’un moteur à essence remonte déjà à 2005. L’hydrogène se profile, le compte à rebours a commencé.
Cinq séances de dédicaces
Vendredi 12 mai : au Mans, à la librairie Doucet (66, avenue du Général de Gaulle), dédicace de 18 h à 20 h.
Samedi 13 mai : à Arnage, dans la salle de l’Éolienne (67, rue des Collèges), dédicace à partir de 14 h 30.
Vendredi 26 mai : à Mulsanne, à la mairie (place Jean-Moulin), dédicace de 14 h à 16 h. Et au Mans, au magasin Cultura (Parc Manceau), dédicace de 16 h 30 à 18 h 30.
Samedi 27 mai : au Mans, à la librairie Thuard (24, rue de l’Étoile), dédicace de 17 h 30 à 19 h.
Les 24 Heures du Mans, l’histoire, d’Henri Charpentier et Bernard Bakalian, aux éditions Michel Lafon, 224 pages, 29,95 €.