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24 Heures du Mans. Avec la mission H24, un prototype hydrogène en route vers l’avenir... |
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La H24 et la LMP2H, les prototypes hydrogène du futur aux 24 Heures du Mans. © Ouest-France
Avant le grand départ des 24 Heures du Mans samedi, un prototype à propulsion électrique-hydrogène réalisera un tour d’honneur devant le public. Une voiture mise en avant par la mission H24, en quête d’un avenir radieux au sein de l’Endurance.
Non, ce n’est pas un jet qui traverse la piste des 24 Heures du Mans. Si le bruit y ressemble, la forme, elle, n’a rien à voir. Avant le grand départ de la 89e édition de la classique mancelle, la voiture du futur effectuera un tour d’honneur pour le public, pour le plaisir des yeux et, oui, des oreilles aussi.
Faut-il dire adieu aux moteurs thermiques pour assurer l’avenir du sport automobile ? La question se pose et elle est à l’origine de la Mission H24 qui développe un prototype à propulsion électrique-hydrogène. Avec l’ambition de participer au double tour d’horloge d’ici 2025, date repoussée d’un an par l’Automobile club de l’Ouest (ACO).
« La première étape était de fiabiliser cette technologie dans un châssis, explique Jean-Michel Bouresche, directeur de l’équipe H24 Racing à la base du projet. La deuxième, c’est de construire une voiture avec un objectif de performance. »
« Vivre avec son temps »
Le moteur à hydrogène fonctionne avec la combustion du dihydrogène (H2) et du dioxygène (O2) pour produire de l’énergie et libérer de l’eau (H2O). Un principe simple, propre, qui pourrait amorcer une révolution.
Si cette technologie est déjà utilisée par plusieurs constructeurs dans la vie courante, sur la piste, c’est encore autre chose. Alors, pourquoi pas ? « Il faut savoir vivre avec son temps », suggère Stéphane Richelmi, pilote au sein de l’équipe.
Dans le box frappé du logo de la mission, sur les bords de la piste du circuit Bugatti, le Monégasque de 31 ans participe au développement quotidien de la voiture, la H24, qui succède à la LMPH2G.
« C’est un projet ambitieux à moyen ou long terme, quelque chose qui peut changer l’avenir de notre sport », explique-t-il pendant que le staff règle les derniers détails avant d’effectuer le tour d’honneur.
Arrivé dans l’équipe en avril 2021, « curieux de découvrir ce challenge intéressant », Richelmi s’improvise scientifique dans ce qu’il appelle « un véritable laboratoire du futur ». Et pour cause.
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— Mission H24 (@MissionH24) August 19, 2021
Entre les réservoirs généralement utilisés par les bus, le compresseur pour recharger l’hydrogène et la vapeur d’eau, il ne manque plus que la blouse blanche pour se croire dans un repère à expériences.
« Il y a encore plusieurs contraintes, notamment liées à l’autonomie », révèle le pilote. Un constat partagé par Bouresche, qui souhaite trouver des solutions pour « optimiser les performances de la voiture ».
Avec six partenaires différents, la Mission H24 porte un projet ambitieux et soutenu par la majorité des pilotes. L’ACO, qui organise les 24 Heures du Mans, soutient également la manœuvre.
TotalEnergies, fournisseur officiel de carburant pour le championnat du monde d’Endurance (WEC), précise que « l’hydrogène est l’avenir » des voitures de course et notamment lors du double tour d’horloge en Sarthe.
« C’est différent de ce qu’on connaît aujourd’hui, reconnaît Richelmi avant de prendre la piste. On n’a pas la même allure, pas le même bruit, mais on partage un même objectif : faire perdurer le sport automobile. »