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Le Mans. Décalées ou annulées, les années compliquées des 24 Heures... |
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Les 24 Heures ont déjà dû faire face à des situations délicates. © Ouest-France
En septembre et à huis clos, les 24 Heures du Mans se dérouleront, cette année, dans des conditions inédites. Mais ce n’est pas la première fois de son histoire que la course doit faire face à des situations difficiles.
1936, les grèves ont raison des 24 Heures
Début mai 1936, le Front populaire, alliance électorale de partis de gauche, remporte les élections législatives. Des grèves « joyeuses » éclatent alors un peu partout. Des réformes importantes sont lancées mais l’économie est paralysée. Les industries de la métallurgie et du pétrole tournent au ralenti. Et ça, ça ne fait pas du tout les affaires des 24 Heures du Mans, prévues les 13 et 14 juin.
Plus les jours passent et plus la course semble compromise. L’Automobile Club de l’Ouest propose alors de la décaler aux 20 et 21 juin. No way ! riposte aussitôt le Royal Automobile Club d’Angleterre. Pas question que les 24 Heures écrasent le Country Dawn Trophy Race que le Raca organise justement ce week-end-là dans le nord de l’Irlande.
Le 19 juillet alors ? Aïe ! Là , c’est le Grand Prix de Deauville…
Ça se corse, mais il reste une option. Car si les grands automobiles-clubs européens acceptent le report des 24 Heures aux 1er et 2 août, ce sera bon. Les Belges sont d’ores et déjà d’accord. Parfait ! Sauf que, côté anglais, ça coince encore. Cette fois, c’est à la course du Racing club de Brooklands que l’épreuve d’endurance sarthoise, très populaire chez les sujets et les pilotes de Son éphémère Majesté Edward VIII, risque de faire de l’ombre. Dont acte. C’est fini. Dans son édition du 23 juin 1936, L’Ouest-Éclair annonce à ses lecteurs que  les 24 Heures n’auront pas lieuÂ
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1940-1948, la guerre interrompt la compétition
Depuis 1933, Hitler est au pouvoir en Allemagne. Il est de plus en plus certain que le monde n’échappera pas à la guerre. À l’été 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie et les 24 Heures du Mans sont mises entre parenthèses. Prochain rendez-vous dans près de dix ans.
1956, le deuil bouscule le calendrier
L’édition des 24 Heures du Mans 1956 n’aura pas lieu en juin comme de coutume mais les 28 et 29 juillet. Ce léger décalage est en lien direct avec le drame de l’année précédente. En effet, le 11 juin 1955, la voiture de Pierre Levegh s’était disloquée dans la foule faisant plus de 80 morts. Afin que plus jamais ne se reproduise pareille catastrophe, l’ACO a entrepris des travaux colossaux et repensé le circuit pour une sécurité optimale.
On a dit que l’édition des 24 Heures 1956 avait été reportée car les travaux du circuit n’étaient pas tout à fait terminés. En réalité, les dates ont été arrêtées bien avant. En novembre 1955, la Fédération avait proposé les 9 et 10 juin, mais l’ACO avait refusé estimant que, par respect pour les familles des victimes, son deuil devait durer au moins un an.
L’Automobile-Club avait préféré les dates des 23 et 24 juin mais elles ne collaient pas avec le calendrier des compétitions automobiles. À la mi-mars, les dates des 28 et 29 juillet sont définitivement arrêtées. Conséquence de ce changement : le Grand Prix d’Allemagne sera décalé au 5 août.
1968, les 24 Heures se mettent à l’heure d’automne
Après un mois de mai social très mouvementé, l’ACO décide de repousser les 24 Heures du Mans. Reste à savoir à quand. Deux week-ends sont dans la balance : les 13 et 14 juillet ou les 28 et 29 septembre. Le premier présente un problème de taille : ce week-end est aussi celui des 6 Heures de Watkins Glen, dans l’État de New York, aux États-Unis. Une épreuve qui compte pour le championnat du monde des constructeurs. Va pour la fin septembre alors…
Les nuits étant plus longues en septembre qu’en juin, le départ a été avancé d’une heure (à l’époque il était souvent donné à 16 h). La cinquantaine de voitures engagée s’élancera donc à 15 h.