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TÉMOIGNAGE. Warren, 14 ans : « Pour des obsèques, on a réservé une école ! »... |
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« On est plus de deux cents dans ma grande famille, juste du côté de ma mère. » © D’après une photo Getty Images iStockphoto.
Warren a 14 ans. Il est collégien, en Île-de-France. Son récit a été élaboré avec les journalistes de la Zone d’expression prioritaire (Zep), lors d’ateliers d’écriture avec des jeunes.
La Zone d’expression prioritaire (Zep) élabore ces récits avec des jeunes de 14 à 30 ans, lors d’ateliers d’écriture encadrés par des journalistes. Ces témoignages sont ensuite publiés par des médias. Ouest-France a choisi d’être l’un d’eux. Tous les mois, dans le journal et sur ouest-france.fr, on peut lire ces récits de vie, comme celui de Warren, 14 ans.
« Dans ma famille, il y a mes deux sœurs et mes parents. C’est tout ? Non, ça ne s’arrête pas là , ce n’est que le début…
Ma mère a trois sœurs et deux frères. Ses trois sœurs ont deux fils et trois filles, et son père - mon papy - a neuf frères et sœurs, qui ont chacun entre cinq et six enfants. C’est déjà beaucoup, mais c’est seulement ceux que je connais ! Tout ce que je sais, c’est qu’on est plus de deux cents dans ma grande famille, juste du côté de ma mère…
Une famille de deux cents, c’est bien, car je me dis que dans n’importe quel endroit où je vais, il y a forcément quelqu’un de ma famille pas très loin. On est tellement nombreux que pour un enterrement, on a dû réserver une école !
Pendant les vacances, on fait des barbecues avec ma grande famille. Quand on les organise, c’est dur de rassembler tout le monde. La plupart du temps, beaucoup ne peuvent pas venir parce qu’ils trouvent qu’on les a prévenus trop tard, ou parce qu’ils ont déjà quelque chose de prévu. Mais bon, la plupart du temps, c’est juste par flemme, et ils se trouvent juste des raisons. »
« Pour la nourriture, on prépare une semaine à l’avance »
« Ça nous arrive d’être une centaine pour les barbecues. À chaque fois, c’est ma mère et mes tatas qui s’occupent de l’organisation. Elles s’occupent pratiquement de tout : ramener les chaises avec mon père, les tables pour poser la nourriture et les boissons, deux ou trois barbecues… Pour la nourriture, on prépare une semaine à l’avance. Avec mes sœurs, on l’aide. Heureusement qu’on est là , sinon ça serait trop dur. On fait le riz, les merguez, la viande, le pain, la salade, le poisson. Quand on est vraiment nombreux, on se réunit dans un parc.
Chez moi, les adultes sont très fiers de leur nom de famille. Même un peu trop fiers. Alors parfois ils se permettent de critiquer tout ce que les enfants font. Quand un enfant fait une bêtise, ça leur arrive de dire : tu ne fais pas partie de la famille. Moi, on ne me l’a jamais dit. Mais si je rate le brevet, peut-être qu’ils me le diront. Ils l’ont dit à ma sœur, quand elle a raté le bac. Je trouve que c’est un peu ridicule et injuste. Heureusement, tous ne sont pas comme ça.
C’est bien d’avoir une grande famille. Mais c’est bien aussi d’avoir une famille qui est là dans les moments de galère. Qui est là pour te soutenir. »