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TÉMOIGNAGE. « Les pesticides ont pourri ma vie » : la colère d’une ancienne agricultrice... |
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Pendant une vingtaine d’années Marylène Souchard a manipulé des pesticides dans une exploitation agricole angevine. © Ouest-France
Reconnue en invalidité à 100 % la Sarthoise Marylène Souchard ne peut plus travailler. La faute aux pesticides, assure cette ancienne agricultrice, qui a utilisé des produits toxiques pendant vingt ans.
 Si j’avais su.Â
Marylène Souchard, 61 ans, porte-parole du forum Santé et pesticides, qui se déroule en Sarthe jusqu’au 19 octobre 2024, ne veut plus entendre cette formule. Ce regret qui la mine. Pendant une vingtaine d’années, cette ancienne agricultrice, qui vivait alors dans le Maine-et-Loire, a utilisé des produits dangereux pour sa santé. Sans le savoir.
« J’ai eu des enfants prématurés, je suis tombée malade… »
 Je croyais bien faire, je ne regardais pas les étiquettes. Mais j’ai abîmé mon corps. J’ai eu des enfants prématurés, je suis tombée malade au point de ne plus pouvoir marcher. Le lien avec mon exposition prolongée aux pesticides est établi par les médecins, mais pas reconnue par les pouvoirs publicsÂ
, se désole Marylène Souchard, qui a subi quatorze opérations. Et se bat au quotidien contre des douleurs persistantes.
Glyphosate dans les urines
 J’ai du glyphosate dans mes urines. Le produit a fait des dégâts dans mon corps, j’ai eu un début de cancerÂ
, assure la sexagénaire sarthoise, qui a réussi une reconversion professionnelle comme secrétaire de mairie, avant d’être rattrapée par la maladie :  Les médecins m’ont dit stop. Depuis dix ans, je suis en préretraite pour une invalidité à 100 %.Â
Vertiges, migraines, chutes : Marylène Souchard, toujours en suivi médical et hyper vigilante sur son alimentation, dit passer la moitié de son temps à se soigner. Sa voix vibre d’une colère contenue :  Les pesticides ont pourri ma vie. Il faut qu’on arrête d’empoisonner la population. Le problème, c’est que la puissance du fric passe avant la protection de la santé.Â
Bref silence, mâchoire serrée :  Je ne veux pas que d’autres subissent ce que j’ai subi. Et disent : si j’avais su…Â