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Sud Sarthe. Inquiets pour leurs paysages, les élus ne veulent pas d’éoliennes près de la Chênuère... |
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Non aux éoliennes, proclament bien haut les maires. © Archives Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Les maires et maires délégués sont vent debout contre le projet de parc éolien sur le plateau nord de Ruillé-sur-Loir. Et l’ont fait savoir ce mardi 23 mars 2021.
Le bois de la Chênuère, son château, ses étangs tout proches… Un beau petit coin de plateau sur le territoire de Ruillé (aujourd’hui Loir-en-Vallée) à deux pas de la jolie chapelle romane de Saint-Fraimbault. A 500 mètres d’ici s’envisage un parc éolien pour lequel les élus locaux n’ont pas leur mot à dire.
+ La Chapelle-aux-Choux – Saint-Germain-d’Arcé. Les anti éoliennes sensibilisent à leur cause
Deux projets éoliens en zone proche
La maire et les maires délégués de la commune nouvelle donnaient mardi 23 mars 2021 une conférence de presse aux côtés de ceux de Courdemanche, de Saint-Georges-de-la-Couée et de Montreuil-le-Henri. Objectif : marteler leur opposition après avoir pris des délibérations en conseil municipal et dire leur désarroi face à ce qu’ils appellent un rouleau compresseur
.
Galiène Cohu, maire de Loir-en-Vallée, parle d’un projet porté par une société qui se contente de nous informer
. Elle s’inquiète : Le plus important, c’est l’impact sur nos paysages en pleine vallée du Loir ; on ne désolidarise pas ce projet de celui de Bessé-sur-Braye situé en limite de La Chapelle-Gaugain, il n’y a pas 6 km entre les deux… Quand on sait que les mâts font 150 mètres, on va être cernés !
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« Diviser le monde agricole »
Sylvain Bidier, maire de Saint-Georges-de-la-Couée, rappelle que sa commune partage un biotope avec les bois des environs et qu’elle s’efforce de le protéger, de le valoriser. Or, les deux projets sont incompatibles.
Avec la pose prochaine d’un mât de mesure (du vent) d’une centaine de mètres au lieu-dit les Rosiers, les maires du secteur craignent l’irrémédiable, ils ont l’impression que tout est déjà ficelé
. C’est d’autant plus dommage que nous lançons nous-même un projet d’unité de méthanisation qui intéresserait une quinzaine d’agriculteurs… »,
poursuit Galiène Cohu.
+ Nord-Sarthe. Éolien et méthanisation : des projets environnementaux qui fâchent
Bien davantage que les trois ou quatre exploitants-propriétaires approchés par la société d’éoliennes. Mais les intérêts financiers sont grands : environ 10 000 €/an de location d’emplacement pour un géant de 5 mégawatts, Parfois plus selon les négociations
, reconnaît du bout des lèvres Maxime Odiot qui suit le projet en question chez ABO Wind. De quoi diviser le monde agricole entre ceux qui seront rémunérés et les autres qui subiront les inconvénients
, déplorent encore les élus. Réponse de Maxime Odiot : Sur ce projet, les premiers voisins sont aussi les propriétaires concernés par les parcelles, c’est différent d’autres villages ou ceux à qui nous louons habitent loin du site ».
Enfin, il faudra bien distribuer l’électricité ainsi produite et, donc, l’acheminer vers les premiers postes-sources disponibles : La Chartre-sur-le-Loir, Saint-Calais et (peut-être) Bessé-sur-Braye. Autant de kilomètres de voirie à suivre, en creusant et en rebouchant, naturellement. À Loir-en-Vallée, les élus attendent d’être reçus dans l’entourage du préfet pour énoncer leurs inquiétudes. Le combat pourrait durer cinq ans !