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Sous le Palais de Justice de Rouen, découvrez de mystérieux vestiges découverts il y a cinquante ans seulement... |
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Plusieurs mètres en dessous du Palais de Justice, une crypte du XIe siècle a été mise au jour. © Alan Aubry - Métropole Rouen Normandie
Sous la cour du Palais de Justice, à 2,50 m de profondeur, se trouve le niveau du sol médiéval de la ville. C’est encore 2 mètres plus bas, qu’à la stupéfaction générale, un superbe édifice roman en pierres de taille, doté de colonnes et inscriptions sacrées en hébreu fut révélé… Empreint de mystère, il se visite aujourd’hui. Voyage dans le temps, au cœur d’un des plus anciens édifices juifs en Europe.
En plein cœur de Rouen, sous la cour du Palais de Justice, un mystère se visite aujourd’hui. Révélé au grand jour en 1976, lors de travaux anodins puis de fouilles, il permet de ressentir tout un pan d’histoire et de splendeurs passées. Datant de l’an 1100, il met en lumière une époque où Rouen s’appelait Rodom, où mathématiciens, astronomes, astrologues et traducteurs de grec, hébreu, arabe et latin communiquaient. En effet, le XIIe siècle fut à Rouen et dans toute la Normandie une période de renouveau culturel et spirituel, une embellie sans précédent.
Dernier vestige d’une époque
La « Maison Sublime » est un des seuls témoins de cette époque en Europe. Invisible depuis la cour du palais de Justice, la Maison Sublime se gagne par une entrée discrète, à un bout de la cour. Un escalier discret mène à une crypte archéologique où l’on découvre, tel un mirage, une demeure aux pierres lumineuses, flanquée de colonnes à la base ouvragée. Deux lionceaux à tête unique, couchés sur le dos et un dragon à double tête, sculptés il y a mille ans, accueillent les visiteurs. Aussi saisissants qu’énigmatique, une série de 16 caractères hébreux, parcourent les murs intérieurs de la maison rectangulaire, orientée est-ouest, comme tous les édifices sacrés.

L’épaisseur des murs laisse penser que la maison était sur trois niveaux. Alan Aubry - Métropole Rouen Normandie
On déchiffre des prénoms juifs tels que Josué, Isaac, Jacob et Raphaël, ainsi que les messages suivants : « Que la Torah de Dieu existe à Jamais » et « Que cette maison soit sublime ». Nous sommes à l’étage inférieur de la maison qui avait sans doute trois niveaux, comme en atteste l’épaisseur des murs. Que se passait-il ici ? S’agit-il d’une école rabbinique ? D’une académie de savants dite Yeshiva ? D’une maison de notable ou d’une synagogue ? Les archéologues, historiens, chercheurs et spécialistes s’interrogent encore aujourd’hui. Une certitude cependant : son caractère unique et son histoire contemporaine d’une mention de Rodom trouvée sur un parchemin du XIe siècle, provenant d’une synagogue du Caire.
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Un autre témoignage, cette fois-ci de l’ambassadeur du Calife de Cordoue auprès de l’Empereur Otton de Germanie permet de se plonger dans cette époque aussi savante que faste. L’émissaire décrit Rodom comme « une ville bâtie en pierres de bel appareil sur le fleuve de Seine. La vigne et le figuier n’y viennent pas bien, mais le blé et le seigle abondent. »
De quoi prolonger ce voyage quelques siècles en arrière, en aiguisant l’imagination et la curiosité !

Tout autour des murs, des panneaux explicatifs racontent l’histoire de la Maison Sublime et de Rodom. Alan Aubry - Métropole Rouen Normandie
Maison Sublime, 36, rue aux Juifs. Le départ des visites guidées s’effectue devant l’entrée principale du Palais de Justice de Rouen, au 36 rue aux Juifs, où vous serez accueilli par un guide auprès du panneau dédié à la Maison Sublime. Visites les samedis à 10 h 30 et 14 h 30 et le mardi et jeudi à 14 h 30 pendant les vacances scolaires. Se présenter 15 minutes avant le début de la visite. Tarif : 9,50 € par personne, tarif réduit : 8,50 €, gratuit pour les moins de 6 ans. Plus d’infos sur visiterouen.com