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Sarthe. Trangé, cette commune « pas comme les autres »... |
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Alain Lefranc, conseiller municipal à Trangé (Sarthe), devant la mairie, aménagée dans l’ancien presbytère, à côté de l’église. © Ouest-France
Trangé se situe à quelques kilomètres à l’ouest du Mans (Sarthe). À l’occasion de notre série « Je vous parle de mon village », Alain Lefranc, ancien officier de gendarmerie, aujourd’hui conseiller municipal, nous raconte les évolutions de ce bourg singulier.
Trangé ? Qui de mieux qu’Alain Lefranc pour raconter ce bourg de la Sarthe si singulier ? L’ancien officier de gendarmerie, conseiller municipal en charge de la communication depuis 2008, y a pris racine il y a vingt ans.
Passionné d’histoire, le Normand d’origine a consacré deux ouvrages à sa commune d’adoption : Trangé au fil du temps , en 2013, qui retrace l’histoire de Trangé depuis l’époque médiévale, et Trangé d’autrefois , en 2016, « plus proche de l’époque contemporaine », précise l’auteur, également membre de la Société historique et archéologique du Maine, au Mans.
1766, l’arrivée de la route royale
Trangé, bourg d’environ 1 800 âmes, se situe à quelques kilomètres à l’ouest de la capitale sarthoise. Le rendez-vous est donné un jour de septembre 2021 aux Maisons Rouges, hameau traversé par la D357, plus connue sous le nom de « route de Laval ». Cet axe est une ancienne route royale qui n’a vu le jour qu’en 1766.
Auparavant, Trangé – « ensemble de lieux-dits et hameaux dispersés » – était uniquement desservie par des chemins médiévaux. La construction de la route de Laval a permis au bourg, jusqu’alors « sclérosé », de se développer et de voir sa population croître.
Quand le tramway passait à Trangé
Attirés par la proximité de cet axe routier, « les commerces sont arrivés aux Maisons Rouges, explique Alain Lefranc. Si bien qu’on pensait qu’il s’agissait d’une commune ! Le centre-ville s’est décalé sur ce secteur. »
L’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, en contrebas, vers la route de Degré, s’est retrouvée excentrée. « L’arrivée du tramway à vapeur, vers la fin du XIXe siècle, a accentué ce décalage », poursuit le conseiller municipal.
Car oui, Trangé a été desservie par la ligne de tram qui reliait Le Mans à Saint-Denis-d’Orques. Une station a été construite aux Maisons Rouges en 1898. « Tellement lent », le « Tacos », comme on surnommait le tramway à l’époque, a progressivement cédé sa place au car.

Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, Trangé était desservie par la ligne de tramway qui reliait Le Mans à Saint-Denis-d’Orques. Collection particulière
La ligne a été finalement déclassée en 1939. La gare trangéenne a subsisté quelque temps avant de disparaître.
« Recréer un véritable centre bourg »
« Trangé n’aura jamais l’âme d’un bourg ancien », certes, mais l’actuelle équipe municipale s’attelle à « recréer un véritable centre bourg ». On trouve aujourd’hui davantage de commerces aux abords de l’église et la commune poursuit son processus « d’homogénéisation ». Grâce, notamment, à la construction de nouveaux lotissements.

L’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, à Trangé. Ouest-France

La mairie de Trangé a été aménagée dans l’ancien presbytère, juste à côté de l’église. Ouest-France
« Trangé est attirante car elle se situe aux portes du Mans et dispose de tous les moyens de communication modernes, abonde Alain Lefranc. Elle doit davantage affirmer son identité. » Désormais, on comprend mieux pourquoi Trangé « n’est pas une commune comme les autres » !