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Sarthe. Maisons fissurées : une solution simple en vue... |
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Les mesures ont prouvé que l’injection d’eau de pluie, en période sèche, au niveau des fondations, avait des effets positifs sur les fissures. © Photo Cerema
L’intensification des épisodes de sécheresses risque d’avoir un impact chez les assureurs concernant les indemnisations de maisons fissurées. À travers Covéa, les équipes des MMA ont choisi de financer une solution novatrice.
Responsable des risques majeurs chez Covéa (marques MMA, Maaf et GMF), Charles Dumartinet a parfaitement intégré le fait que la sécheresse est un des principaux dangers qui nous guette dans les prochaines années. En 2100 l’été actuel que nous avons sur Séville sera celui que nous aurons à Paris
résume le dirigeant pour bien marquer les esprits.
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Et ce phénomène ne sera pas sans conséquences. Notamment sur les habitations. Chaque nouvelle année amène son lot de communes dont des maisons se fissurent. C’est un des principaux risques pour les assureurs »,
souligne Charles Dumartinet. Or, les prévisions montrent qu’avec la multiplication des épisodes de sécheresse il y aura multiplication des phénomènes de rétractation des argiles
et donc d’apparition de ces fissures.
Gros travaux
Quand la zone est reconnue en catastrophe naturelle il y a deux grands types d’intervention pour l’assureur. La première concerne les petites fissures sur les façades. Là on répare
. Par contre il arrive que le phénomène soit beaucoup plus grave et touche des points sensibles de la structure.Dans ce cas on est parfois obligé d’intervenir avec la pose de micropieux et comme on doit casser la dalle, la famille est obligée de quitter son logement
. Ici le coût moyen de l’intervention est de l’ordre de 115 000 €.
Face à la situation et au risque « inflationniste » du nombre de dossiers (Covéa est déjà autour de 10 000 à 20 000 dossiers de ce type chaque année), l’assureur regarde avec beaucoup d’intérêt les travaux réalisés au sein du Cerema et plus particulièrement ceux de l’Agence de Blois qui portent sur la problématique des maisons fissurées en raison du retrait gonflement des sols argileux (RGA).
Depuis fin 2016
Chercheur en mécanique des sols au Cerema (établissement public et Institut Carnot Clim’adapt), Lamine Ighil Ameur teste depuis fin 2016 une solution innovante et écologique pour le confortement des habitations : humidifier le sol de fondation d’une habitation endommagée par le RGA dans le but de maîtriser le phénomène naturel de retrait. Le processus d’humidification est réalisé par l’injection d’eau de pluie préalablement récupérée et stockée dans des réservoirs.
C’est un système que l’on peut utiliser dans le cas de fissures primaires mais aussi en préventif
souligne le chercheur indiquant que l’objectif est destabiliser l’ensemble ».
Toujours est-il qu’une première expérimentation a été mise en place, sur une maison sinistrée dans le Loir-et-Cher, fin 2016. Après quatre années de sécheresse intense il n’y a pas eu de réouverture des fissures existantes ni d’apparition de nouvelles fissures
. Durant toutes ces années l’humidification a été assurée en une dizaine de points (15 centimètres sous la semelle) répartis autour de la façade touchée par les fissures.
Industrialisation
Au regard de ces résultats encourageants nous avons décidé de lancer une expérimentation sur plusieurs dizaines de bâtiments au cours du second semestre 2022. Notre volonté est d’imaginer des solutions que nous pourrions industrialiser d’ici deux ans
conclut Charles Dumartinet