|
Sarthe. « Les éleveurs survivent et le font en silence »2 |
1
« On perd entre 450 à 500 € en moyenne par bête », dénonce, Eric Naveau, éleveur de Brins-sur-Gée membre de la FDSEA. © Le Maine Libre
La section viande bovine de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles a installé devant la préfecture, au Mans, mardi 22 décembre 2020, une crèche vivante. Les éleveurs veulent interpeller les consommateurs de leurs conditions de travail et leur situation financière.
Dernier Noël des éleveurs
, éleveurs sacrifiés, consommateurs dupés
. La section viande bovine de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) a affiché des banderoles et installés, ce mardi 22 décembre, une « crèche vivante » devant la préfecture, au Mans, pour tirer la sonnette d’alarme.
Le consommateur croit que l’on vit de notre métier.
, dénonce Laurent Ragot, président de la section. Les éleveurs du syndicat majoritaire en Sarthe pointe du doigt des prix d’achat de la viande en deçà du coût de revient par les différents acteurs de la filière et une loi Egalim – votée pour rééquilibrer des relations commerciales dans le secteur agricole – qui tarde à produire ses effets.Ce n’est pas le cas
Travailler à perte
La situation économique pour les éleveurs est de plus en plus difficile à tenir :On perd entre 450 et 500 € en moyenne par bête »,
témoigne Eric Naveau. L’éleveur de 70 vaches, installé depuis 2010 à Brains-sur-Gée, voit l’étau se resserrer depuis plusieurs années. Je travaille depuis 20 ans. Mes parents en 1996 et 2000 avaient déjà connu des crises. Depuis trois ans, c’est pire
, estime le naisseur-engraisseur de 40 ans.
Les exploitants accusent le prix d’achat des jeunes bovins à 3,70 € le kilo, alors que le coût de production est à 4,76 €. « En 2020, le cours continue de baisser. Il nous manque plus d’un euro par kilo. Certains exploitants doivent vendre des bêtes pour finir le mois. Moi, j’ai la chance d’avoir une femme qui travaille… Les éleveurs survivent et le font en silence. » « Je vais continuer mais de façon différente, reprend-il. Je vais essayer de faire de la vente directe » pour contourner « ceux qui mangent sur notre dos ».
Interpeller l’État
Pour la FDSEA, ce constat, si rien ne change, mène à la perte d’un savoir-faire et menace la filière. Afin d’arrêter de travailler à perte, le syndicat demande à l’État la mise en place d’aides spécifiques pour les éleveurs bovins viande
, telle que l’instauration d’une TVA à taux préférentielle, l’instauration d’un logo 100 % viande française et l’activation d’une procédure calamité sécheresse.
+ À lire aussi :
Sarthe. Victimes de la sécheresse, les agriculteurs dénoncent « la lourdeur administrative »
Vibraye. Acupuncture, homéopathie… des éleveurs adeptes de la médecine douce pour leurs animaux
Agriculture en Sarthe. Michel Dauton : « La Sarthe, une petite France »
C'est la FDSEA qu'il faut virer ... et entreprendre d'autres méthodes, une autre vision du métier ... Aussi, les consommateurs ont tellement été "balladés" depuis des décennies, qu'ils ont, petit à petit, opté pour d'autres aliments plus sûr et appris à consommer moins mais mieux ....!