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Sarthe. L’Allemagne recrute des germanistes... |
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Sarthe. L’Allemagne recrute des germanistes
Les relations économiques entre l’Allemagne et la France permettent aux étudiants français de trouver facilement du travail en Allemagne, surtout quand ils sont bilingues.
Cette année, ils sont seulement six étudiants inscrits en première année de licence en LLCE allemand (Langues, littératures et civilisations étrangères) à l’université du Mans. Une poignée de plus en LEA (langues étrangères appliquées) davantage axée sur l’économie ainsi qu’en Histoire (avec renforcement en allemand).
C’est peu et c’est ce qui explique sans doute le manque d’enseignants dans le secondaire… les étudiants sont de moins en moins nombreux à passer le concours pour devenir professeur. « Le métier n’est plus attractif »
témoigne un enseignant. Aujourd’hui, pour faire leur nombre d’heures, beaucoup travaillent dans deux voire trois établissements. Ils sont épuisés. » Il considère les dernières réformes « néfastes pour l’allemand et les langues étrangères en général »
. « Deux heures et demie d’enseignement par semaine au lycée, c’est trop peu »
. Il en est persuadé, les familles sont par ailleurs pleines de préjugés sur la langue de Goethe, « compliquée à apprendre »
, avec une « grammaire difficile »
. Ce qui n’est « évidemment pas vrai »
.
Atout supplémentaire
Une évolution que constate le monde germaniste sans pouvoir y remédier. « Au collège, on ne choisit pas l’allemand pour les mêmes raisons que l’espagnol »
, estime Anne Baillot, enseignante à l’université. L’espagnol renvoie aux voyages, aux vacances, au soleil, « l’allemand a souvent, dans le secondaire, une fonction de filtre de niveau : les élèves prennent cette langue pour être dans une bonne classe mais n’envisagent pas de poursuivre leurs études supérieures en fac d’allemand. »
Une erreur stratégique selon l’enseignante car faire allemand ne destine pas uniquement au professorat. « En termes de débouchés professionnels, connaître la langue de Goethe est un plus sur le CV. Le marché de l’emploi est tel en Allemagne que le pays recrute à l’étranger. »
« Certes, dans les grandes entreprises, tout le monde parle anglais »
, poursuit son homologue allemand Stephan Schreckenberg, présent lundi 11 novembre pour la commémoration de l’armistice. « Mais c’est devenu normal, au même titre qu’avoir son permis de conduire. Cela ne distingue pas les candidats entre eux. Parler l’allemand si ! C’est une qualification particulière, un atout supplémentaire pour les Français qui ouvre des voies professionnelles grâce aux relations économiques entre nos deux pays.»
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