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Sarthe. Gel, mildiou… Une année bien compliquée pour les viticulteurs... |
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Le pire a été évité ?cet été au domaine de Cézin à Marçon, selon la viticultrice Amandine Fresneau. © Photo Le Maine Libre
Déjà victimes du gel au printemps, les viticulteurs de la Vallée du Loir ont dû se battre depuis le début de l’été contre une pluie abondante, afin de préserver leurs vignes de la maladie. Au domaine de Cézin à Marçon, la casse semble avoir été limitée.
Une récolte parfois divisée par deux en raison du gel « meurtrier » du mois d’avril. C’est le triste constat fait par la plupart des exploitants viticoles du Sud-Sarthe. À géométrie variable selon les parcelles. Mais tout de même, 2021 ne s’annonçait déjà pas sous les meilleurs auspices pour les vignerons sarthois.
Et ce n’est pas cet été pluvieux et humide qui est venu arranger leurs affaires et l’état des vignes. Des précipitations abondantes et fréquentes, conjuguées à des températures au-dessus de 10 °C, le terrain parfait pour la propagation du mildiou, ce champignon qui ravage les domaines viticoles un peu partout actuellement.

Un exemple de grappes atteintes par le mildiou, dans quelques rangs témoins non traités. Le Maine Libre
« Jamais on n’avait vécu une telle pression sur une période aussi longue »
+ Le Mans. Dans leur jardin, ils luttent contre le mildiou
Nous avons des moyens et des techniques pour protéger nos vignes du mildiou, pose d’emblée Amandine Fresneau, qui tient le domaine de Cézin à Marçon avec son frère Xavier. Avec des produits à base de cuivre essentiellement. Le problème, c’est que ça demande une attention permanente. Car ce sont des produits lessivables qui partent avec l’eau – au bout de 20 à 25 ml – donc il faut traiter et surveiller constamment. Et nous ne pouvons pas toujours repasser partout avec le tracteur sur certaines parcelles détrempées
, explique la viticultrice.
L’utilisation de sept mini-stations météo n’est dès lors pas un luxe pour maintenir les parcelles en état.
+ Sarthe. Salon des vins : « Nos vins ont vraiment quelque chose de particulier »
Le domaine viticole de la famille Fresneau couvre 17 hectares et produit des coteaux du loir et du jasnières en culture traditionnelle et bio. Des techniques de biocontrôle sont d’ailleurs également employées pour faire barrière entre la vigne et les maladies, les insectes, au moyen de talc par exemple.
Nous avons quelques grappes touchées mais globalement on s’en sort bien, rassure l’exploitante. Certains collègues vignerons sont un peu plus impactés ici au niveau de l’appellation. Mais ce n’est rien par rapport à l’Alsace ou la Champagne où ce sont des exploitations entières qui sont ravagées.
+ France. La production de vin en chute libre en 2021, du jamais vu depuis la guerre
L’espoir d’une belle arrière-saison
La patronne du domaine de Cézin ne saurait du reste cacher une certaine usure, après des mois de combat contre les aléas climatiques.
Jamais on n’avait vécu une telle pression sur une période aussi longue. C’est franchement épuisant moralement et physiquement. Souvent, nous n’avons pas de beaux printemps par chez nous. Mais après le beau temps arrive. Cette année est vraiment hors norme et compliquée », lâche-t-elle.

En ce milieu d’été, la véraison vient de débuter : les grains de raisin commencent à changer de couleur. Photo Le Maine Libre
La phase de véraison vient à présent de débuter sous un ciel beaucoup plus lumineux et de saison. Dans quinze jours-trois semaines
, les grains de raisin se seront, si tout va bien, gorgés de soleil et auront fait le plein de sucre.
L’espoir de vendanges de qualité – fin septembre – porte encore Amandine et les producteurs de vins sarthois. À condition que la pluie ne sévisse pas de nouveau d’ici là . Car le risque sera cette fois de voir pourrir nos récoltes.