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Sarthe. Céline Lagrais, nouvelle patronne de la psychiatrie

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photo  céline lagrais, nouvelle directrice générale de l’établissement public de santé mentale de la sarthe.  ©  ouest-france 3

Céline Lagrais, nouvelle directrice générale de l’Établissement public de santé mentale de la Sarthe. © Ouest-France

L’ancienne directrice des finances de l’hôpital du Mans prend les rênes de l’Établissement public de santé mentale de la Sarthe. Avec une urgence : trouver des soignants.

C’est une femme pugnace. Et enthousiaste. Céline Lagrais, 40 ans, reprend les rênes de l’Établissement public de santé mentale (EPSM) de la Sarthe, qui emploie 1 450 personnes à travers le département.

photo l’epsm (ici les unités d’hospitalisation adulte d’allonnes) gère trente lieux de consultations à travers la sarthe.  ©  ouest-france

L’EPSM (ici les unités d’hospitalisation adulte d’Allonnes) gère trente lieux de consultations à travers la Sarthe. Ouest-France

Originaire des Côtes-d’Armor, cette mère de deux enfants vit au pays des rillettes depuis vingt ans. Je suis très ancrée dans ce territoire, assure la nouvelle patronne de la psychiatrie sarthoise, qui, de 2006 à 2018, a occupé plusieurs postes de direction au centre hospitalier du Mans : communication, projets, patrimoine, informatique. Et surtout finances, laissant son empreinte de gestionnaire rigoureuse pour juguler le déficit et retrouver l’équilibre budgétaire.

Après trois années d’enseignante-chercheuse à l’école des hautes études en santé publique de Rennes, où elle a formé des directeurs d’hôpitaux et d’établissements médico-sociaux à la finance et au management, Céline Lagrais a choisi de revenir en Sarthe, département difficile en termes d’attractivité et de maillage médical. Il y a de gros enjeux ici, avec des besoins importants en santé mentale.

Prévention, accès aux soins, développement de l’ambulatoire, retour à l’emploi… La nouvelle directrice s’attaque à un énorme chantier, dans un contexte d’effectifs en berne, accentué par la crise du Covid. Il manque quarante infirmiers et aides-soignants, dix personnels de support (cadres, secrétaires…) et trente médecins. Pour éviter la fermeture de lits, cet été, l’EPSM a été l’un des rares établissements de la métropole à avoir reçu le renfort de la réserve sanitaire nationale.

Actuellement, nous n’avons que cinquante psychiatres. On n’en manque pas dans les unités d’hospitalisation, mais la pénurie nous contraint à réduire les activités : centres ambulatoires, consultation, hôpital de jour, se désole la directrice, bien décidée à attirer les blouses blanches.

Premier levier : Remettre les médecins au cœur de la gouvernance de l’établissement. Les médecins sont sur le terrain, ils ont des projets, je suis là pour les aider à les mettre en place.

Second levier : Tout faire pour donner envie de venir travailler en Sarthe, à défaut d’y vivre. La directrice fourmille d’idées : minibus pour aller chercher des psychiatres à Angers, ouverture d’une Maison d’assistantes maternelles, rénovation de l’internat, avec, pourquoi pas, une salle de cinéma…

Objectif : enclencher la dynamique du cercle vertueux. Plus on aura de médecins, plus on aura de projets. Plus on aura de projets, plus on aura de soignants, résume Céline Lagrais, qui compte sur le soutien de l’Agence régionale de santé et des CHU d’Angers et Nantes, notamment pour la répartition des internes à travers la région ou le fléchage des psychiatres fraîchement diplômés. Concrètement ? Si on ouvre moins de postes à Angers, des gens viendront peut-être plus facilement au Mans.

L’experte en finances compte aussi sur la réforme de l’enveloppe budgétaire, qui serait plus généreuse pour les zones en difficulté. Mais la priorité, ce sont les soignants. Ce sont eux la richesse de l’établissement.

Une vingtaine de patients en attente de lits

photo l’epsm (ici les unités d’hospitalisation adulte d’allonnes) gère trente lieux de consultations à travers la sarthe.  ©  ouest-france

L’EPSM (ici les unités d’hospitalisation adulte d’Allonnes) gère trente lieux de consultations à travers la Sarthe. Ouest-France

Actuellement, une vingtaine de Sarthois ayant besoin d’une prise en charge en psychiatrie ne peuvent être accueillis à l’EPSM. À défaut, ils sont accompagnés par une équipe d’appui basée aux urgences du centre hospitalier.

Vingt personnes, c’est l’équivalent d’un service, souligne Frédéric David, délégué CGT. Et ces patients seraient mieux ici, ajoute Céline Lagrais, directrice, pour qui il s’agit de la partie visible de l’iceberg : Si on ne devait pas réduire l’accueil dans les centres médico-psychologiques, les hôpitaux de jour, on n’aurait pas autant de personnes en crise. Même raisonnement face au dépistage précoce : Si vous laissez des jeunes gens sans soins et qu’ils décompensent plus tard, ça fait des dégâts.

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C’est le nombre de courriers de mise en demeure adressés à des agents de l’EPSM qui refusent l’obligation vaccinale contre le Covid. S’ils ne s’engagent pas dans le schéma vaccinal d’ici le 23 septembre, ils seront suspendus.

Pourquoi le passe sanitaire n’est-il pas exigé pour les patients se présentant à l’EPSM ? On estime qu’ils ont un besoin impérieux d’être vus, répond la directrice.

 
Jérôme LOURDAIS.    Ouest-France  

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