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Saint-Maixent. La fauconnerie entre tradition et écologie... |
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La salle était comble pour cette ouverture de saison. © Le Maine Libre
Samedi, la salle des fêtes de Saint-Ulphace affichait complet pour la conférence d’ouverture de l’Université rurale du Val de Braye, consacrée à la fauconnerie moderne. Romain Trocherie, effaroucheur à Fresnay-sur-Sarthe, est venu accompagné de Gamin, sa buse de Harris de trois ans, pour partager la richesse de cette tradition vivante inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2010.
Une chasse en groupe
De ses origines millénaires en Asie centrale aux châteaux d’Europe, la fauconnerie a traversé les siècles, symbole de prestige et de pouvoir, mais aussi école de patience et d’observation. Aujourd’hui, elle conjugue héritage et innovation : la relation entre le fauconnier et son rapace, basée sur la confiance et le renforcement positif, reste au cœur de la discipline.
Gamin incarne cette évolution : sociable et intelligente, la buse de Harris chasse en groupe et s’adapte parfaitement à l’accompagnement humain. Sa vue perçante, huit fois supérieure à celle de l’humain, et sa rapidité.
Efficace sur la surpopulation des pigeons
Le faucon pèlerin, atteignant près de 350 km/h en piqué, illustre la puissance de ces partenaires ailés. Romain Trocherie a expliqué comment la fauconnerie répond aujourd’hui à des défis urbains, notamment l’effarouchement : une méthode écologique pour réguler les surpopulations de pigeons.
À Fresnay-sur-Sarthe, deux séances hebdomadaires avec Gamin ont permis de réduire la population de pigeons de 5 000 à moins de 2 000 en trois ans, sans nuisance ni produits chimiques.
En clôture, l’échange avec le public a souligné combien la fauconnerie, loin d’être un art du passé, se révèle précieuse pour les enjeux contemporains, reliant tradition, innovation et respect du vivant.