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Sablé-sur-Sarthe. Plan de circulation rue Gambetta : la colère monte et la contestation s’organise... |
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Riverains, commerçants et élus se sont réunis ce jeudi 29 septembre 2022 pour dire leur mécontentement sur les aménagements annoncés rue Gambetta, à Sablé-sur-Sarthe. © Ouest-France
Commerçants, riverains et élus des deux camps d’opposition municipale se sont réunis, ce jeudi 29 septembre 2022, à Sablé-sur-Sarthe, pour dire leur colère quant aux aménagements de la circulation prévus par la mairie, avec notamment le basculement en sens unique de la rue Gambetta.
La scène n’était pas banale, ce jeudi matin, au café Le Fontenoy, à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Dans le fond du bistrot, on a fait de la place pour un point presse improvisé. Il y avait là autour de la grande table formée les deux camps d’opposition municipale, Sablé au cœur et Mieux vivre à Sablé, entourés de riverains et de commerçants saboliens. Avec un sujet à l’ordre du jour : les aménagements du plan de circulation entre la place du Champ-de-foire, la rue Paul-Doumer et la rue Gambetta.
Depuis une réunion sur invitation organisée par la mairie mardi 20 septembre, en présence de quelques dizaines de personnes mais sans la presse, dont la présence n’était pas souhaitée, les informations qui ont filtré sur les desseins de la municipalité, et notamment le basculement de la rue Gambetta en sens unique pour faire plus de place aux vélos, ont provoqué un mouvement de colère.
Après la pétition, le recours au tribunal ?
C’est d’abord la façon de faire qui irrite les administrés et les élus qui mènent la fronde. « Les participants de cette réunion ont tous été déconfits parce qu’ils se sont heurtés à un mur, introduit une retraitée habitant la rue Gambetta. Ils ont déploré en majorité le manque d’information en amont pour recueillir leur sentiment. »
« J’y suis allé pour rien. On nous a laissés entendre que nous n’étions pas compétents pour être consultés », rapporte une autre participante. « Toutes les listes à l’élection municipale de 2020 avaient pris conscience du sujet de la mobilité douce. Il ne s’agit pas de s’opposer aux vélos. Mais aujourd’hui, le couperet tombe sans concertation », embraye Jean Distel, de Sablé au cœur, comparant à un « écran de fumée » la commission extra-municipale mêlant des élus et quelques citoyens, où les plans avaient été dévoilés il y a plusieurs mois.
Sur le fond, les inquiétudes sont aussi palpables. Les riverains craignent un engorgement de la rue adjacente Alain-de-Rougé, notamment à l’heure d’entrée et de sortie des classes du groupe scolaire Sainte-Anne. Tandis que les commerçants se préoccupent de la façon dont ils pourront être approvisionnés par les camions de livraison et redoutent plus globalement une répercussion sur la fréquentation de leurs enseignes.
« J’ai alerté les représentants de la chambre des métiers et de l’artisanat. Pour eux, il n’y a aucune chance que les commerçants puissent s’en sortir sans licenciement avec un sens unique comme cela », affirme Jennifer Fournioux, la gérante de la boulangerie La Huche à pain, place du Champ-de-foire, citant un exemple semblable à La Bazoge, où « tout a été enterré et revu ». « L’avenir, c’est le vélo. Mais sans les commerces, plus personne ne passera », lance la boulangère.
Elle est décidée à ne pas en rester là . Elle annonce son intention d’aller « jusqu’à un recours devant le tribunal administratif » pour contester le début des travaux programmés à la Toussaint. En attendant, la pétition pour dire « non au sens unique » lancée au début de la semaine continue d’engranger les signatures dans toute la ville et elle est désormais déclinée en ligne, sur le site change.org.
« Et si on organisait notre propre réunion publique pour consulter les habitants ? » propose Rémi Mareau, du Mieux vivre à Sablé. Son idée a reçu un écho favorable du groupe Sablé au cœur. « Nous soutiendrons toute action qui ira contre ce projet et vers une concertation », conclut Jean Distel.
La suite du match du conseil municipal
Cette réunion était aussi une façon pour le camp d’opposition Sablé au cœur de poursuivre le match du conseil municipal de lundi en revenant sur la réponse donnée par l’adjoint au maire chargé de l’espace public sur ce dossier. « Nous nous appuyons en partie sur le projet Sitec, que l’ancienne municipalité avait, je pense, bien validé puisque vous aviez sollicité en février 2020 un décile sur le plan de financement et vous aviez commencé les travaux par le chaussidou rue de la gare », avait déclaré lundi soir Benoît Legay.
Il laissait sous-entendre que l’ancienne municipalité n’était pas étrangère au projet qui fait aujourd’hui lever les boucliers. Cela pas plu au groupe Sablé au cœur, que le maire n’avait pas souhaité laissé répondre sur le moment, en clôturant la séance.
« Le cabinet Sitec a présenté un plan dans le cadre du dispositif « Action Coeur de ville » qui avait deux parties : autour de la rue Saint-Nicolas vers l’est et autour de la rue de Saint-Denis et de la rue Gambetta à l’ouest. Nous avons refusé le projet sur la rue Gambetta et demandé des améliorations sur la rue Saint-Denis », tient à souligner Anne-Marie Fouilleux. Elle-même était adjointe aux finances dans l’ancienne équipe municipale.
« Compte tenu du délai imposé par la sous-préfecture à l’approche des élections municipales, les fiches actions avaient été adressées sans prendre en compte les modifications demandées afin de solliciter les financements et engager des premiers travaux rapides boulevard de la gare. Mais le projet n’était pas totalement validé, poursuit-elle. Et Marc Joulaud a bien précisé lors du conseil du 10 février 2020 qu’il laissait à l’équipe municipale suivante le soin d’engager les actions de concertations avec les Saboliens concernés par l’instauration de pistes cyclables. »