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Sablé-sur-Sarthe. L’eau, de l’évier à la rivière : la station d’épuration de la Bouverie... |
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Après apport de chaux, les boues sont à destination de l’épandage © Ouest-France
La station d’épuration de la Bouverie à Sablé-sur-Sarthe traite les eaux usées des habitants de Sablé, Solesmes et Juigné-sur-Sarthe (Sarthe). Un enjeu environnemental important.
« Elle n’est bien sûr pas potable, mais conforme aux normes environnementales. » L’eau, désormais limpide, est rejetée dans son milieu naturel, la Sarthe. Nous nous trouvons à la fin du processus d’assainissement réalisé à la station d’épuration de la Bouverie en aval de Sablé. « Un échantillon est prélevé tous les 20 000 litres pour une analyse quotidienne », ajoute Matthieu Cailleau, adjoint au directeur de l’agence Suez des Pays-de-la-Loire.
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Les étapes du processus d’assainissement
Quelques jours avant de retrouver la rivière, les 3 000 m3 d’eau usée journaliers sont arrivés à l’usine guidés par les canalisations de collecte. Ils vont alors passer de bassins en bassins. D’abord le dégrillage, pour retirer les plus gros déchets, puis le dessablage et le dégraissage. « Ensuite, ils alimentent les premières bactéries anaérobies (NLDR : privées d’air) qui traitent le phosphore. Puis ce sera au tour d’autres bactéries, aérobies celles-ci, de s’occuper de polluants tels que le nitrate, l’ammoniaque ou la pollution organique », détaille Jean-Noël Bouvet, l’agent en charge du site. L’eau, enfin, se dirige vers le clarificateur qui, par décantation dynamique, permet l’ultime séparation du liquide d’avec les dernières boues, avant le retour à la rivière.

Jean-Noël Bouvet et Matthieu Cailleau. L’eau nettoyée retourne au milieu naturel Ouest-France
Le traitement des déchets de l’eau
Une fois l’eau nettoyée, il reste les boues et graisses. Les premières, constituées de matière et de batteries épuratrices, sont à destination de l’épandage, après centrifugation et mélange à de la chaux. « Avec le Covid, nous avons augmenté l’apport en chaux », informe l’agent. Les graisses, quant à elles, sont éliminées par des bactéries, dans le bien nommé dégraisseur. « Les entreprises agroalimentaires ont leur propre station de traitement. Ainsi, nous n’avons que des quantités normales de graisse à traiter » précise-t-il.
Le problème des comportements individuels
« L’équipement est calibré pour 20 000 habitants équivalents. Il fonctionne bien autour de ce chiffre. Les bactéries doivent avoir de quoi se nourrir, mais pas trop. Hormis que nous sommes gênés par des comportements individuels délétères, tels que jeter des lingettes ou de l’huile de friture dans les toilettes, l’apport, par endroits, d’eau de pluie dans le réseau d’eaux usées, surcharge la station lors d’orage et la rend moins efficiente », déplore Matthieu Cailleau. « Terminer de séparer les réseaux va constituer un prochain investissement conséquent pour la communauté de communes. L’état nous pousse dans ce sens », conclu Pierre Paterne, chargé de l’environnement à la communauté de communes.