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Sablé-sur-Sarthe. L’eau, de la rivière au robinet : l’usine de la Martinière... |
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70 000 m3 sont stockés à la Martinière, située à Sablé-sur-Sarthe, soit cinq jours de consommation. © Ouest-France
L’usine de la Martinière produit environ trois millions de m3 d’eau potable par an. Rénovée récemment, elle se veut un modèle du genre.
La fiole est introduite. Passés quelques instants, la concentration en chlore s’affiche : « 0,44 milligramme par litre », indique Jean-Michel Ruelle, technicien à l’usine de production d’eau de la Martinière située à Sablé-sur-Sarthe. Le site est équipé d’un laboratoire d’analyses performant. « L' Agence régionale de santé a bien sûr en charge le contrôle final de notre eau. Néanmoins, cet équipement nous permet de réaliser nos propres mesures pour affiner le processus de production », informe Matthieu Pluchet, directeur de Veolia Sarthe et Mayenne. Rénovée entre 2013 et 2017, l’usine sabolienne est « un modèle, un site pilote que des industriels et des collectivités viennent visiter ».
L’industrie agroalimentaire comme dopant
Alimentant Sablé et sept communes avoisinantes, elle livre 3 000 000 m3 par an, dont les deux tiers sont destinés à l’industrie agroalimentaire. « Ces clients, très exigeants, dopent notre qualité du service », renseigne le technicien. « Et tous les usagers en profitent. Par exemple, la dureté est particulièrement contrôlée. Une eau pas trop calcaire évite l’accumulation de tartre dans les canalisations et appareils », ajoute son collègue Anthony Lemaître. Tous deux titulaires d’un baccalauréat professionnel en maintenance industrielle, ils connaissent le site sur le bout des doigts et expliquent. « Tout commence ici. L’eau est pompée dans la Sarthe en amont de la ville, expliquent-ils. Puis, elle est versée dans ce bassin de stockage de 70 000 m3. Un équipement essentiel pour la sécurité et la continuité de service. »
Sécurité et continuité
Ce grand lac artificiel permet en effet une autonomie de cinq jours en cas de pollution de la rivière, conduisant à l’interruption du prélèvement. « Sécurité et continuité de service sont les principales demandes de nos usagers. Même si une telle pollution n’est jamais arrivée, elle est néanmoins anticipée. »
Ensuite, le précieux liquide avance étape par étape. Un apport de chaux décarbone, un affinage piège les molécules indésirables avec du charbon actif, un filtrage sur lit de sable et de charbon actif, et enfin l’acidité est ajustée et du chlore est ajouté pour conserver sa potabilité pendant le stockage et le transport jusqu’au verre d’eau de l’utilisateur.
Des cheminements de l’eau doublés
« L’ensemble de ces opérations est sous notre contrôle. De multiples paramètres sont mesurés à toutes les étapes. Températures, turbidités, acidités, duretés, teneurs en chlore… En cas d’alerte ou de panne, nous sommes capables d’isoler une partie de l’usine sans altérer la production », renseigne Anthony. « Les cheminements de l’eau sont doublés, voire plus, ce qui permet d’assurer la maintenance sans perturber la précieuse continuité de service », ajoute son collègue.
« Cette usine, toute récente, est équipée d’une métrologie de pointe, associée à une supervision permettant un premier niveau de contrôle à distance en cas d’alerte. Elle est aussi dotée d’alarmes anti-intrusion. La potabilité de l’eau est tout simplement vitale. Il faut la protéger contre tout acte de malveillance », conclut le directeur, tout en jetant un regard sur le débitmètre.