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Sablé-sur-Sarthe. Christelle et Pascal ont pris leurs marques à la tête du bar de l’Île... |
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Christelle et Pascal Pavion, habitants de Châteauneuf-sur-Sarthe, sont à la tête du bar de l’Île, à Sablé-sur-Sarthe, depuis juin 2022. © Ouest-France
Le bien connu bar de l’Île, dans le centre-ville de Sablé-sur-Sarthe, a changé de tauliers au début de l’été 2022. Le couple Christelle et Pascal Pavion succède au duo mère-fille Monique Jolivet et Manuela Deshayes.
« Un rosé avec une paille, comme d’habitude ? » lance-t-il en plaisantant à une fidèle qui s’attable près du comptoir, en ce chaud après-midi d’août. Pascal Pavion adore blaguer avec les habitués. Ce grand gaillard aux yeux rieurs a repris le bar de l’Île, dans la rue éponyme, avec sa femme Christelle en juin dernier.
Le couple a racheté le fonds de commerce à un duo mère-fille : Monique Jolivet et Manuela Deshayes. Avec le départ à la retraite de la première, elles ont remisé leur tablier après 13 années à la tête de cette petite institution du centre-ville de Sablé-sur-Sarthe. Une transition en douceur. « On est toujours en relation avec elles et on a été bien accueillis. La clientèle suit parce qu’on a le sourire », pensent les époux.
L’esprit qu’ils insufflent est « très simple » et « familial ». Lui plutôt au bar, elle plutôt à la caisse. Entre deux jeux de grattage ou autour d’un petit remontant, ils en entendent parfois des vertes et des pas mûres. Mais ils apprécient ce contact humain. « J’aime bien discuter avec la clientèle. Je sais aussi rester strict pour éviter les débordements », glisse Pascal.
« On travaille pour nous »
Ces deux jeunes quinquagénaires de Châteauneuf-sur-Sarthe (Maine-et-Loire) mettent à profit l’expérience accumulée auprès de deux de leurs enfants, qui tiennent le même genre d’établissement, en Sarthe et en Mayenne. « On allait notamment donner un coup de main le week-end chez notre fille Prescillia, à Saint-Gervais-en-Belin », raconte Christelle. « Les clients nous aimaient bien », se souvient son mari.
C’est à la fin de l’année 2021 qu’ils ont décidé de sauter le pas et d’avoir leur propre bar-tabac. L’épidémie et ses confinements ont pesé. L’usure dans leur emploi respectif aussi. Elle travaillait dans la cuisine d’un lycée sabolien. Lui était responsable logistique dans une entreprise de transport à Angers, après avoir longtemps été chauffeur livreur de meubles haut de gamme.
Au bar de l’Île, ils n’ont pas retrouvé des horaires faciles. Ils lèvent le rideau à 7 h du matin pour le baisser douze heures plus tard. Et ce, du lundi au samedi. « Ça ne nous fait pas peur. On travaille pour nous, c’est une motivation supplémentaire », savourent Pascal et Christelle.
Ils ont été épaulés par un courtier spécialisé pour dénicher le café qui correspondait à leurs critères. Les problèmes d’attractivité de la rue de l’Île ne les ont pas découragés. « C’est un commerce assez essentiel ici, note Pascal. Les installations étaient propres, sans gros travaux à faire. Et nous sommes juste à côté du port, ce qui nous amène du passage l’été. »
Les nouveaux tauliers ont déjà mis en place quelques nouveautés : le mojito s’est invité à la carte tout comme des planches apéros pour grignoter. « J’ai dégagé un peu l’espace bar pour mettre en avant les bières, ajoute Pascal. Avec un bec de saison, qui change régulièrement sur la tireuse, pour varier le type de bière. »
Le couple prévoit aussi d’organiser des soirées karaokés et de diffuser des événements sportifs grâce à l’écran plat qui trône dans le coin droit du bar. Un petit coup de neuf pour redynamiser la façade et la terrasse est également dans les cartons. « C’est si les chiffres sont bons. Pour l’instant, ça marche… » sourit le patron.