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Sablé-sur-Sarthe. Avec la « villa Moka », la Casa Feliz tient enfin son futur tiers-lieu... |
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Cécile Moline et Bérengère Plat-Bodénan, deux des cofondatrices de la Casa Feliz, devant la maison que vient d’acheter l’association, rue du Mans, à Sablé-sur-Sarthe. © Ouest-France
Après l’échec du projet mené avec la municipalité de Sablé-sur-Sarthe dans la Grande-Rue, la jeune association Casa Feliz a rebondi. Elle vient d’acheter une maison à rénover rue du Mans pour y installer son tiers-lieu dédié au bien-être.
On les avait laissés sur une déception au début de l’été. Les membres à la tête de la Casa Feliz venaient d’apprendre que la mairie de Sablé n’était plus disposée à mettre des billes dans leur projet de tiers-lieu, entre les murs à rénover du 54-56 de la Grande-Rue. Un coup d’arrêt pour l’association sabolienne dédiée au bien-être et née en janvier 2020, qui planchait depuis de longs mois sur une installation dans cette propriété de la municipalité.
Deux mois plus tard, on a retrouvé les représentantes de la Casa Feliz avec le sourire jusqu’aux oreilles. Elles ont enfin trouvé l’endroit adéquat. Finalement sans passer par la mairie, qui avait pourtant proposé des alternatives en location : les locaux de la Mission locale, ceux de L’Entracte, les anciens bureaux de l’ANPE rue Fleury-sur-Orne, ou encore une place dans l’ancienne école Gambetta. Mais aucune ne cochait toutes les cases. « C’était soit trop étroit, soit des solutions seulement à moyen terme », justifient Céline Moline et Bérengère Plat-Bodénan, deux des cofondatrices.
L’association a préféré jouer la carte de l’achat immobilier. Après avoir modifié ses statuts lors d’une assemblée générale extraordinaire début août, elle a pu se porter acquéreur de la maison qui fait l’angle de la rue du Petits champs et de la rue du Mans. « La promesse a été signée vendredi dernier. La vente sera bouclée début novembre. Les adhérents sont enthousiastes », indiquent Céline Moline et Bérengère Plat-Bodénan.
« Les partenaires suivent tous »
L’enveloppe globale s’élève à un peu plus de 295 000 € : 136 000 € pour l’achat immobilier en comptant les frais de notaire et d’agence, 121 000 € de travaux et 38 000 € pour de l’équipement. « Cela nous revient un peu plus cher que pour le projet Grande-Rue mais cette fois, ça nous appartient », soulignent les deux femmes.
Pour le prêt immobilier, l’association est toujours suivie par la banque coopérative Nef. Pour le reste des frais, elle mise sur ses fonds propres, dont le fruit des deux premières saisons d’activités hors-les-murs, et sur les mêmes subventions sollicitées pour Grande-Rue : Europe, Région, Département. « Les partenaires suivent tous. Tout le travail que l’on a mené n’est pas perdu », se réjouissent les deux dirigeantes.
Elles se projettent désormais sur l’aménagement de la bâtisse, qui a déjà un petit surnom : la Villa Moka. « C’était la maison des propriétaires de l’ancienne usine de chicorée qui était abritée au château dans le passé », explique Céline Moline. « Elle fait environ 80 m² et donne sur un grand jardin de 600 m² avec deux granges qui pourraient par exemple servir de lieu d’exposition ou de conférence, décrit Bérengère Plat-Bodénan. Nous travaillons toujours avec l’architecte qui avait fait les plans pour Grande-Rue. Le permis de construire sera bientôt déposé. »
Les travaux et l’aménagement seront étalés sur les deux prochaines années. « La priorité, c’est l’accessibilité des lieux », annoncent les deux représentantes, qui espèrent une première rentrée in situ en septembre 2023. Des chantiers participatifs pourraient être mis en place. Dans l’esprit que souhaite insuffler la Casa Feliz avec ce tiers-lieu. « Ce sera un espace entre le travail et le domicile dédié aux rencontres, au partage des savoirs, orienté sur les arts et le mieux-être. On pourra y puiser et y donner, prendre soin de soi et des autres », résume Bérengère Plat-Bodénan, qui vient d’être certifiée pour piloter ce genre de structures.
En attendant, la Casa Feliz repart pour une troisième saison hors-les-murs, avec le soutien de la municipalité pour héberger ses activités : fly yoga, swing, art-thérapie, animations autour de la parentalité et des premiers jours de l’enfant… Un programme à retrouver sur casaFeliz.fr.