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Sablé-sur-Sarthe. Pourquoi le projet de tiers-lieu de la Casa Feliz n’aboutira pas Grande-Rue... |
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Bérengère Plat-Bodénan et Martine de Latude, cofondatrices de la Casa Feliz, avec Françoise Gaboreau-Épaillard, membre du conseil d’administration de l’association. © Ouest-France
L’association sabolienne Casa Feliz, tournée vers les activités bien-être, projetait depuis sa création, en 2020, d’aménager un tiers-lieu dans les locaux des 54-56 de la Grande-Rue, avec l’aide de la mairie, propriétaire des lieux. Mais la municipalité a revu sa position. Explications.
« Parcours parentalité joyeuse », « parcours mieux-être senior », art-thérapie, yoga du rire… Les affiches colorées annonçant les activités itinérantes proposées par la Casa Feliz sont encore visibles à travers la vitrine. C’est derrière ce mur de verre, aux 54 et 56 de la Grande-Rue, dans le vieux Sablé, que la jeune association sabolienne tournée vers le bien-être projetait d’installer son siège. Elle travaillait depuis sa création, en janvier 2020, à l’aménagement d’un tiers-lieu à cette adresse, avec l’aide de la mairie, propriétaire. Mais il n’en sera rien.
L’association a appris il y a quelques semaines que la municipalité n’était plus disposée à mettre des billes dans ce projet s’inscrivant dans le programme Action coeur de ville et nécessitant des travaux importants. L’opération, retardée par la crise sanitaire, reposait sur un montage financier dans lequel la Ville apportait 180 000 € et la Casa Feliz un peu plus de 200 000 €, principalement grâce à des prêts et des subventions.
« Tout était prêt »
Comment expliquer ce revirement ? Muriel Petitgas, l’adjointe au maire en charge des finances, l’a justifié dans une réponse à une question de l’élu d’opposition Rémi Mareau, au conseil municipal du lundi 27 juin 2022. « Les banques classiques n’ont pas souhaité suivre le projet jugé trop fragile car assis sur de trop nombreuses suspensions […] Le partenaire de la municipalité pour Action coeur de ville, la Banque des territoires, a lui aussi, stoppé son investissement », a-t-elle d’abord énoncé.
Avant d’avancer un deuxième argument : « Au vu du contexte de l’inflation, on peut estimer une augmentation du coût de 30 %. C’est-à -dire pour la Ville, 60 000 € de plus. Ce que la Ville n’était pas pas prête à financer. »
Si elles entendent ce deuxième argument, le premier a plus de mal à passer chez les femmes à la tête de l’association. « Notre dossier pour la Banque des territoires avait été validé à Paris au niveau des risques. Ce qui a coincé, c’est qu’on nous demandait un garant en plus de la Ville et pour ça les banques n’ont pas adhéré. Mais depuis, nous avons trouvé un accord avec la Nef, une banque coopérative. Elle ne peut pas être garante mais peut nous prêter l’argent », détaillent Bérengère Plat Bodénan et Martine de Latude, cofondatrices de la Casa Feliz, qui sont épaulées par un cabinet d’expertise comptable spécialisé dans les tiers-lieux. « Nous avions les plans d’une architecte, tout était prêt », regrettent-elles.

Les locaux du 54 et 56 de la Grande-Rue, où la Casa Feliz devait s’installer à Sablé-sur-Sarthe. Ouest-France
La Ville n’abandonne pas pour autant l’association. Elle a proposé trois autres locaux pour « des locations à prix adaptés ». « Ils ne peuvent pas avoir tous les atouts du projet de construction sur laquelle elle avait tablé mais pour l’instant on ne peut pas aller plus loin », a indiqué Muriel Petitgas.
« Il n’y en a qu’un qui convient mais on ne peut pas nous dire si c’est pérenne et l’on a plus de temps à perdre », remarquent Bérengère Plat Bodénan et Martine de Latude, qui ont pris des engagements vis-à -vis de partenaires. Dans l’attente, l’association et ses 108 adhérents se préparent à vivre une nouvelle saison « hors les murs ».