|
REPORTAGE. Asnières-sur-Vègre, 400 âmes et 1 000 ans d’histoire... |
7
Jean-Louis Lemarié, maire d’Asnières-sur-Vègre, est un « amoureux des vieilles pierres » qui aime faire découvrir son village. © Ouest-France
Ce bourg médiéval de la Sarthe est devenu l’une des destinations phares du département, grâce à son patrimoine historique remarquable et sa nature verdoyante.
C’est un village où les fleurs poussent au pied des maisons et entre les petits murets de pierres. À Asnières-sur-Vègre (Sarthe), l’héritage historique du Moyen-Âge se mêle à la nature. « Tout n’est pas taillé pile-poil, ici. On laisse les plantes vivaces s’installer, c’est aussi ce qui fait le charme du lieu », confirme Jean-Louis Lemarié, le maire de la commune.
Dans cette Petite cité de caractère de 400 habitants, les ruelles ont gardé un aspect pittoresque. On y déambule à pied sans être gêné par les voitures. On s’arrête, ici et là , devant d’imposantes bâtisses aux couleurs ocres, souvenirs d’une époque prospère pour le village.

Les ruelles d’Asnières-sur-Vègre ont gardé leur aspect médiéval avec leurs maisons anciennes. Ouest-France
Ancienne seigneurie
Ancienne paroisse des chanoines de la cathédrale du Mans, Asnières a vécu au rythme de la vie ecclésiastique du IXe siècle jusqu’à la Révolution et a connu un essor économique important.
Au manoir de la Cour, siège de la seigneurie, l’architecture prestigieuse laisse deviner la richesse et la puissance des chanoines. « C’est un monument qui a été très bien conservé , souligne Maël Leray, le responsable du site. On y trouve encore des traces de vie, c’est émouvant . »

Le manoir de la Cour, construit au XIIIe siècle, était le centre économique, judiciaire et administratif de la seigneurie. Il accueille aujourd’hui des expositions. Ouest-France
Racheté et sauvé de la ruine par la municipalité en 1974, le manoir est aujourd’hui ouvert au public et propose des expositions thématiques. Dans l’ancienne salle de justice, les restes de peintures murales suscitent toujours l’admiration de Jean-Louis Lemarié : « Ce que j’adore, ce sont les petites touches de bleu qu’on parvient à distinguer. Se dire qu’elles ont 700 ans et qu’elles sont toujours là , c’est incroyable. »
Des peintures remarquables
Au milieu du village, le clocher de l’église romane du XIe siècle se dresse telle une tour de guet. À l’intérieur réside le trésor de la cité : des peintures d’une extrême finesse commandées par les chanoines au cours de vagues successives dont les deux principales ont eu lieu en 1150 et 1200.
Découvertes sous un badigeon de chaux en 1951, elles attirent, depuis, les spécialistes et doivent faire l’objet d’une campagne de restauration. « Asnières, c’est une référence , rappelle fièrement le maire. Il faut imaginer que les peintures racontaient une véritable histoire. Elles n’avaient pas qu’un rôle esthétique mais devaient enseigner le dogme chrétien aux fidèles. »

Dans l’église Saint-Hilaire, les peintures murales suscitent l’intérêt des chercheurs depuis les années 1950. Ouest-France

Le village d’Asnières-sur-Vègre attire les aquarellistes. Ouest-France
Cadre de vie agréable
Si les vieilles pierres font du village un lieu de balade idéal, elles offrent aussi un cadre de vie agréable aux habitants. « Ce n’est pas mort, comme bourg de campagne, c’est très dynamique » , insiste Jean-Louis Lemarié. Dans l’unique commerce du village, au manoir de la Basse-Cour, Mark et sa femme accueillent les touristes et habitants dans leur bar. Originaires de Manchester, ces Anglais sont venus habiter Asnières en 2007. « Au début on voulait s’installer dans le Sud avec ma famille, mais on ne trouvait rien. On est passé un jour par Asnières et on s’est dit qu’au bord de la rivière, c’était la place parfaite. »

Le vieux pont permet d’admirer le paysage de la Vègre. Ouest-France
En repartant du bar, le visiteur passe par le vieux pont qui traverse la Vègre. Face à ce camaïeu de vert, il se prend à rêver. Il se dit qu’il pourrait lui aussi, comme tant d’aquarellistes de passage, peindre les beautés de cette rivière chantante près d’un moulin.

Dans les rues de la Petite cité de caractère d’Asnières sur Vègre, dans la Sarthe. Ouest-France