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RENCONTRE. Jean-Michel Djian, les souvenirs d’une enfance à Dinan, sa « ville de cœur »... |
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Jean-Michel Djian a sorti en mars 2025 une biographie, « Ernest Renan, le géant oublié ». Il réalise en ce moment un film sur cet auteur qui a passé son enfance à Tréguier (Côtes-d’Armor). © Néréa Brouard
Journaliste, auteur et politologue, Jean-Michel Djian a passé toute sa jeunesse à Dinan (Côtes-d’Armor). Des années fondatrices pour lui et une ville dans laquelle il revient régulièrement se ressourcer. Rencontre.
C’est dans la maison d’enfance – devenue musée – d’Ernest Renan, à Tréguier (Côtes-d’Armor), que nous rencontrons Jean-Michel Djian. Journaliste, auteur, politologue, il réalise en ce moment un film sur cet illustre écrivain qui devrait être diffusé sur les écrans l’hiver, prochain. Une suite logique après la sortie, en mars, de sa biographie romancée intitulée Ernest Renan, le géant oublié.
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Jean-Michel Djian habite à Paris mais il a passé toute son adolescence à Dinan, « ma ville de cœur en Côtes-d’Armor. J’y étais de la quatrième jusqu’au lycée et j’en ai gardé trois grands amis. Je me souviens que j’étais très fier de mon premier cyclomoteur qui pétaradait, retrace-t-il. Avec les copains, on descendait jusqu’au vieux port pour en faire le tour. J’étais contre la guerre et le service militaire, nous voulions refaire le monde ! Durant ces années fondatrices, j’ai appris à jouer de la guitare, découvert les Beatles, Rimbaud… »
Une « permanence des mémoires »
C’est à cette époque que Jean-Michel Djian, alors en CAP électronique, rencontre René Régnault, son professeur principal, également ancien vice-président des maires de France et sénateur, membre du groupe socialiste. « Il m’a convoqué un jour pour me dire que je n’avais rien à faire dans cette filière, choisie par mes parents. Sans informer ces derniers, il m’a fait passer les examens pour rejoindre un cursus général, ce qui m’a permis de poursuivre des études en université – j’ai adoré – et d’obtenir un doctoral en sciences politiques, détaille le journaliste. C’est un homme qui a eu une grande influence sur le cours de ma vie. Je l’ai régulièrement revu ensuite et je continue de lui rendre visite. »
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Dinan, « c’est une permanence des mémoires. Je me dis souvent qu’être adulte, c’est nourrir son enfance et son adolescence et, pour moi, c’est ici qu’elles se trouvent », philosophe Jean-Michel Djian. Lorsqu’il y est de passage, un petit vent de nostalgie l’entoure quand il passe « sous le porche des Cordeliers, son ancien collège. Un magnifique bâti du XIIIe siècle qui n’a pas changé. Dans cette cour, j’ai passé des heures à jouer au foot. »
Il y a cinq ans, pour se ressourcer, Jean-Michel Djian a pris son sac à dos et parcouru 150 km à pied, « de Dinan en suivant la vallée de la Rance vers Dinard ». De là , il a traversé le barrage vers Lancieux, « où nous allions nous baigner avec mes parents », puis le cap Fréhel jusqu’à Plancoët. « Nous nous rendions souvent dans cette commune pour remplir des bidons d’eau gratuitement, lorsque j’étais enfant. Symboliquement, je voulais finir ma marche ici, dans une ambiance de film Super 8. »