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Procès Fillon. Penelope Fillon s’est sentie « ridiculisée » et veut « convaincre »... |
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François Fillon et son épouse sont arrivés ensemble devant la cour d’appel de Paris bien décidés à se défendre à nouveau. © AFP
Au premier jour du procès devant la cour d’appel de Paris ce lundi 15 novembre 2021, Penelope Fillon a pris la parole. Elle a indiqué qu’elle s’était sentie « ridiculisée, même parfois humiliée » lors du premier procès en 2020.
Au premier jour du procès en appel de François Fillon, de sa femme et de son ex-suppléant Marc Joulaud, dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon, l’avocat de l’ancien Premier ministre a réclamé l’annulation d’une procédure à ses yeuxbiaisée
.
François Fillon a déclaré sobrement à la barre contester
le jugement qui l’avait condamné en juin 2020 à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme, 375 000 € d’amende et dix ans d’inéligibilité.
+ Ils soutiennent encore l’ancien Premier ministre sarthois
« Je me suis sentie ridiculisée »
Lors du premier procès, je me suis sentie ridiculisée, même parfois humiliée, j’étais tétanisée au point de ne pas pouvoir m’exprimer comme je l’aurais voulu
, a déclaré Penelope Fillon, 66 ans, se plaignant d’unpréjugé
à son encontre.Cette fois-ci, j’aimerais vous convaincre
.
Jusqu’au 30 novembre, l’épouse de l’ancien Premier ministre entend défendre sa relaxe, elle qui s’était vue infliger trois ans d’emprisonnement avec sursis et 375 000 € d’amende. Comme l’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe, Marc Joulaud, condamné à la même peine d’emprisonnement ainsi qu’à 20 000 € d’amende avec sursis.
La première journée d’audience a été consacrée à des questions de procédure.
François Fillon n’a pas reçu le même traitement judiciaire que tout autre justiciable
, a tonné son avocat Antonin Lévy, demandant pour la première fois l’annulation de l’essentiel du dossier où il y avait selon lui quelque chose de pourri ».
Y a-t-il eu « des pressions » ?
Me Lévy a invoqué les déclarations, en juin 2020, de l’ex-cheffe du Parquet national financier (PNF) qui s’était émue en commission parlementaire de pressions
de sa hiérarchie dans cette affaire, quelques jours avant le jugement du premier procès – la défense avait alors demandé, en vain, le report de la décision.
Pour lui, lesneuf
remontées d’informations entre le PNF et le parquet général n’ont pas été faites dans le respect de la loi et elles expliquent lesfuites généralisées
dans la presse.
L’avocat a aussi accusé le président du tribunal de Paris d’unelitanie de mensonges
, d’erreurs et d’approximations
dans ses explications sur la désignation du magistrat instructeur. Selon Me Levy, ce dernier a été choisià dessein
dans lebut
d’une mise en examen de François Fillon en pleine campagne présidentielle.
Un « procès équitable »
L’ouverture de cette instruction avait été initialement saluée par le candidat à l’élection présidentielle, avant qu’il ne soit mis en examen en mars 2017, à quelques jours de la clôture des candidatures.
On est dans le procès d’intention »,
a répliqué l’avocat général Bruno Revel qui a rappelé que le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), saisi par Emmanuel Macron, avait conclu fin 2020 que la justice avait agi « de façon indépendante »
.
Il a estimé que la demande de la défense était irrecevable et que, sur le fond, les règles du procès équitables (avaient) été respectées
.
Après une courte délibération, la cour d’appel a décidé de trancher cette question avec le fond du dossier. Elle se prononcera en outre le 14 décembre sur deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) soulevées lundi par la défense des époux Fillon.