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Procès des viols de Mazan. Dominique Pelicot raconte son enfance passée en partie en Sarthe... |
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Dominique Pelicot lors de son audience, ce lundi. © AFP Benoit Peyrucq
Depuis le début du mois de décembre une cinquantaine d’hommes sont jugés à Avignon pour avoir violé Gisèle Pelicot. Le principal accusé est l’ex-mari de cette dernière, qui reconnaît l’avoir droguée pour permettre ces viols. Ce mardi 17 septembre, l’homme qui a vécu à Mamers (Sarthe) dans ses premières années, s’est livré sur son enfance.
Depuis ce mardi 17 septembre 2024, le principal accusé de l’affaire dite « des viols de Mazan », Dominique Pelicot, s’explique sur les faits. Je suis un violeur, comme ceux qui sont dans cette salle
, a-t-il reconnu mardi.
Comme des dizaines d’autres hommes, il est accusé de viols sur son ex-femme Gisèle, à qui il a demandé pardon lors de son procès à Avignon. Durant une dizaine d’années, de 2011 à 2020 à Mazan dans le Vaucluse, il l’aurait droguée afin de lui faire subir des viols par d’autres hommes.
Lors de ce procès qui doit durer jusqu’à la fin de l’année, l’homme de 71 ans est revenu sur son parcours de vie, et notamment sur sa jeunesse dont il ne retient que des chocs et traumatismes
.
Fils de restaurateurs
Originaire de Mamers dans le nord de la Sarthe, Dominique Pelicot était le fils de restaurateurs qui tenaient L’hôtel de la Croix-Blanche en plein centre-ville de la commune, rue Frédéric-Dallier. Un établissement qui n’existe plus depuis longtemps.
Des viols dans l’enfance
Il évoque un père dur et difficile
, raconte avoir été choqué en tombant sur des ébats entre ses parents, et dévoile surtout des viols dont il se dit victime, hors du cadre familial. Le premier, un infirmier le lui aurait fait subir à l’âge de 9 ans. Pour le second, il s’agirait d’un viol collectif d’une jeune femme handicapée auquel il aurait été forcé de participer, alors qu’il était apprenti dans le bâtiment.
En aucun cas il ne vient dire : Plaignez-moi, j’ai subi ça, donc fatalement il faut me pardonner de ce que j’ai fait à mon épouse
, a souligné après l’audience son avocate, Béatrice Zavarro.
Certains accusés nient
L’accusé a également réaffirmé que les 50 hommes jugés à ses côtés, qu’il avait rencontrés par internet, connaissaient l’état d’inconscience de sa femme : Ils ne peuvent pas dire le contraire
. Je ne les ai pas manipulés, ils sont complices
, a-t-il estimé.
Certains de ces hommes âgés de 26 à 74 ans, originaires de la région pour la plupart et pour certains en couple, nient les accusations de viols et affirment avoir pensé participer à un jeu sexuel d’un couple libertin.
Je n’ai forcé personne à venir
, a assuré l’accusé principal, expliquant que la seule question qu’ils posaient c’était : combien c’est ? Je leur disais qu’il n’y avait pas d’argent en jeu
.
Ce mercredi, Gisèle Pelicot (72 ans) a dit toute son humiliation que certains puissent penser qu’elle ait été complice de jeux sexuels et non victime de viols. Des propos rapportés ainsi par nos confrères de Ouest France : Dans l’état où j’étais, je ne pouvais absolument pas répondre à qui que ce soit. J’étais dans un état de coma et les vidéos qu’on va diffuser vont pouvoir l’attester. Et les experts ont été choqués de ces vidéos, et ce sont des hommes
, a-t-elle expliqué, estimant que c’est tellement humiliant et dégradant d’entendre cela
.