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Municipales à Nantes. Un débat d’entre-deux-tours à couteaux tirés... |
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Sur Télénantes, les deux candidats encore en lice au second tour, Johanna Rolland et Foulques Chombart de Lauwe, ne se sont pas fait de cadeaux. © Franck Dubray / Ouest France
Johanna Rolland, la maire sortante socialiste, et Foulques Chombart de Lauwe, le candidat de droite et du centre, se sont affrontés sur le plateau de Télénantes.
Les deux adversaires du second tour de l’élection municipale de Nantes ont débattu, ce mardi soir, sur le plateau de Télénantes. L’ambiance était très tendue.
Le style
L’un – Foulques Chombart de Lauwe –, n’en était qu’à son troisième débat, l’autre – Johanna Rolland –, à son énième depuis le début de sa carrière politique. Le candidat de la droite et du centre, a adopté la posture du bon père de famille. Fini le temps où il cognait sourdement sur son adversaire. Et appelait, entre autres amabilités, à « la virer ». En adoptant la rondeur durant le débat, il a cherché à recentrer son image. Jusqu’à proposer « des salles de shoot » pour les toxicomanes. Qui ne saurait pas qu’il est encarté au parti Les Républicains, qu’il est soutenu par Bruno Retailleau, pourrait croire qu’il est macroniste.
Ne distançant son adversaire que de moins de deux points, Johanna Rolland, la maire sortante socialiste, a, elle, été mordante. Sachant aussi qu’elle se trouve dans une position inconfortable depuis son « accord technique » avec LFI, elle a bataillé pied à pied. Attaquant. Contre-attaquant. « Soyez désagréable sans argument de fond, si vous voulez, je vais donner les faits », lui a-t-elle, par exemple, lancé.
Les arguments
Johanna Rolland a continué d’insister sur le positionnement « très très à droite » de son adversaire. Et de citer cet article dans « un magazine d’extrême droite » où Foulques Chombart de Lauwe a « fait un lien entre immigration insécurité ». Et d’enchaîner : « J’ai vu ce matin dans la presse locale (N.D.L.R. : Ouest-France) que vous étiez fier d’avoir siphonné les voix du RN. » Foulques Chombart de Lauwe assume ses propos sans ciller, affirmant qu’il a réussi à convaincre « avec des solutions démocratiques et républicaines des gens qui croient à la baudruche du RN ».
Elle a aussi listé une dizaine d’associations contre lesquelles Foulques Chombart de Lauwe s’est opposé en tant que conseiller municipal d’opposition durant ce dernier mandat. « Pourquoi avez-vous voté contre les subventions à l’Espace Simone-de-Beauvoir, à Léo Lagrange, à l’amicale laïque de Port-Boyer ? » Et de continuer : « Vous n’avez pas levé le petit doigt quand les associations de femmes ont été sacrifiées par votre inspiratrice Christelle Morançais (N.D.L.R. : présidente de la Région Pays de la Loire). »
« Je vous demande de m’attaquer sur mes choix, et non ceux de mes soutiens », a tenté de se défausser Foulques Chombart de Lauwe. Avant d’attaquer à son tour : « Vous vous battez contre un ennemi imaginaire. Vous me caricaturez depuis le début de la campagne. C’est vous qui faites entrer l’extrémisme au conseil municipal de Nantes », faisant ainsi référence à l’accord signé avec les insoumis. « Ce n’est pas une alliance technique mais de panique », tacle-t-il. Avant de dénoncer la confiscation du vote des Nantais en organisant elle-même son opposition, alors que c’est justement le rôle du scrutin.
La stratégie
Tout au long du débat, Foulques Chombart de Lauwe a cherché à séduire l’électorat du centre gauche afin de le convaincre de voter pour lui au second tour. Des électeurs qui verraient d’un mauvais œil cette alliance avec les insoumis, soulignée d’un ton sarcastique. « Comment allez-vous faire rayonner Nantes avec les insoumis, qui veulent tout municipaliser et, pourquoi pas, vont aller égorger des riches pour trouver de l’argent. »
Johanna Rolland a, elle, voulu rassurer ses électeurs hostiles aux insoumis, en expliquant l’accord signé. « Les élus de LFI siégeront dans l’opposition au conseil municipal. Le programme de ma liste est strictement le même qu’au premier tour. »