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Nicolas Bazille, Lutte Ouvrière. « J’avais 18 ans quand j’ai pris ma carte chez Lutte ouvrière »... |
Municipales. Quel rapport à l’engagement et à la politique ? Nous avons posé les cinq mêmes questions aux huit candidats à l’élection nantaise.
Quelle est la personnalité politique du XXe siècle la plus inspirante pour vous, et pourquoi ?
Lénine. C’est un homme politique qui va, en 1917, en Russie, peser de tout son poids dans la Révolution d’octobre. Ouvriers, paysans, soldats, prennent le pouvoir. Elle aboutira, cinq ans plus tard, à la création de l’Union soviétique. C’est aussi le premier à combattre le stalinisme. Lénine est un personnage important dans le mouvement ouvrier, il est une référence pour moi.
Autour de la table familiale, est-ce que ça parlait politique ?
Mes parents étaient de gauche, ma mère était déléguée syndicale. Mais ils n’étaient pas militants. Ils étaient contents de voir Mitterrand devenir président, en 1981. Même si la désillusion est arrivée rapidement. Je l’ai vécu comme une injustice. Le licenciement de ma mère, qui travaillait dans l’industrie agroalimentaire, m’a révolté. J’ai appris qu’on pouvait se faire virer après avoir bossé toute une vie pour une entreprise. On en a, bien sûr, beaucoup discuté en famille.
Qu’est-ce qui vous a fait vous engager en politique ?
C’est un ensemble de choses. Le Smic jeunes de Balladur, en 1993, par exemple. Pourquoi nous, les jeunes qui arrivions dans le monde du travail, on serait moins payé que les autres ? C’est anormal. La première guerre du Golfe m’avait également marqué. Quand je vois ce qu’il se passe aujourd’hui au Moyen-Orient, ça fait écho. Renaud, dont j’étais fan, était dans un collectif de chanteurs mobilisés contre la famine en Éthiopie… Aujourd’hui, on peut toujours y mourir de faim et du sous-développement.
Votre première carte a un parti, c’est à quel âge ?
Au lycée, j’avais rencontré plusieurs groupes politiques. Et j’ai été convaincu par les camarades de Lutte ouvrière. Je devais avoir 18 ou 19 ans quand j’ai pris ma carte au parti.
Quel souvenir politique marquant ?
En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était retrouvé face à Jacques Chirac au deuxième tour de la présidentielle, Arlette Laguiller (ex-porte-parole de Lutte ouvrière) n’avait appelé à voter ni pour l’un ni pour l’autre. Elle avait dit que ce serait choisir entre la peste et le choléra.