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Un jeune couple condamné au Mans pour des violences sur ses enfants... |
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Au Mans, un couple âgé de 26 et 28 ans a été condamné pour des violences sur leurs enfants. © Ouest-France
Pas de crème solaire entraînant des brûlures au deuxième degré. Des coups de balai sur la tête, des claques… Le début de vie a été loin d’être rose pour les enfants de jeunes parents jugés, ce lundi 9 mars 2026, par le tribunal correctionnel du Mans.
C’est vrai que je lui ai tiré l’oreille à la sortie de l’école, que je lui ai dit que j’allais l’éclater et que c’était une tête de pine
, reconnaît ce lundi 9 mars 2026 le beau-père d’une fillette, à la barre du tribunal correctionnel du Mans. Le jeune manceau est âgé de 26 ans. La maman de la petite fille est à ses côtés. Elle a 28 ans. Il lui est également reproché des violences sur deux de ses trois enfants. Durant une longue période : entre décembre 2021 et juin 2025.
Un signalement a tout d’abord été fait par l’école maternelle du Mans où était scolarisée la fillette. Le corps enseignant évoque que l’enfant de 4 ans se coupe le bout des doigts avec des ciseaux et dit qu’elle a reçu une raclée
, indique la présidente du tribunal. D’autres signalements suivent. Des témoins, connaissant le couple, racontent notamment avoir remarqué une très grosse marque rouge au niveau du visage d’un des enfants.
Coup de balai sur la tête
Les enquêteurs entendent la fratrie. La juge reprend certains propos des enfants : Maman, elle nous donne de grandes tapes et ça nous fait du mal
Ou encore On me donne un coup de balai sur la tête.
La procédure d’enquête mentionne également un épisode où l’un des enfants reçoit des coups dans le dos et doit entrer dans un bain très chaud. Puis rester longtemps à genou dans un coin. Selon un témoignage, les enfants auraient été laissés sans surveillance avec un balai bloquant leurs portes.
Un médecin légiste constate aussi des brûlures au deuxième degré liées à un coup de soleil. Il a vu les autres enfants jouer dans la piscine et je n’étais pas apte, à ce moment-là, à gérer ça. Et parfois même à être maman
, se défend la maman titulaire d’un diplôme d’aide soignante.
« Les enfants sont très abîmés, épuisés »
Depuis, les enfants ont été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance et accueillies en famille d’accueil. Quand on est venus les chercher, ils ont immédiatement mis leur valise dans le coffre de la voiture. Ce qui est assez exceptionnel
, souligne l’avocate du Conseil départemental, administrateur Ad hoc des enfants. Les enfants sont très abîmés, épuisés, d’une extrême agitation. » Ils continuent d’aller chez leur mère tous les week-ends. En sachant que le couple est aujourd’hui séparé.
Le casier judiciaire du beau-père fait état de trois mentions pour faits de violence. Une en réunion et deux sur conjoint. J’ai moi-même subi des violences étant petit
, se défend le prévenu. Deux mentions pour vols figurent au casier judiciaire de la maman.
Être parent, c’est parfois difficile mais il y a des limites infranchissables. Ça n’existe pas une violence éducative. Ça ne doit plus exister
, tonne le procureur. Il requiert huit mois de prison avec sursis pour la maman. Et six mois pour le jeune beau-père dont trois avec sursis.
Le couple comparaît sans avocat. Après délibération, le tribunal condamne la mère à un an de détention dont six mois avec sursis. Quant au beau-père, il écope d’une peine de douze mois dont six avec sursis. Avec les trois mois ferme pouvant être effectués sous bracelet électronique.