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Municipales 2026. Les moments forts d’un débat plus musclé entre les quatre candidats au second tour à Sablé-sur-Sarthe... |
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Les quatre candidats saboliens autour de la table du plateau de LMtv Sarthe, ce jeudi 19 mars 2026, au Mans. © Ouest-France
Les quatre candidats à la mairie de Sablé-sur-Sarthe se sont retrouvés en débat, ce jeudi 19 mars 2026, sur LMtv Sarthe, avant le second tour des élections municipales. Un débat plus musclé que celui tenu avant le premier tour. Notamment entre Nicolas Leudière, le maire sortant, et son adversaire n°1, Benoît Nicolardot, arrivé juste devant lui en tête des suffrages. Fabrice Brivain, le candidat de gauche, s’est lui aussi montré plus piquant.
Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait. Après celui tenu à Sablé-sur-Sarthe au début du mois de mars, un nouveau débat entre les candidats des élections municipales 2026 à Sablé-sur-Sarthe, était organisé ce jeudi 19 mars, à quelques jours du second tour.
Toujours avec les médias locaux Ouest-France, Le Maine Libre, Les Nouvelles de Sablé, Ici Maine et LMtv Sarthe, mais cette fois-ci dans le studio de la chaîne locale, au Mans. Et dans un contexte différent puisque les résultats du premier tour sont passés par là. Ce qui a occasionné plusieurs échanges plus musclés.
Si les quatre listes sont parvenues à se qualifier, l’équilibre des forces est différent dans cet entre-deux-tours. C’est Benoît Nicolardot, de la liste « Tous pour Sablé » classée « divers droite » qui fait la course en tête (35,19 %), juste devant le maire sortant Nicolas Leudière et sa liste « Sablé pour vous » classée « divers centre » (32,36 %). Avec dans un deuxième peloton Franck Desgranges, de la liste du Rassemblement national (16,90 %), et Fabrice Brivain, de la liste gauche écologiste « Un avenir pour Sablé » (15,55 %).
Quatre thématiques étaient prévues par les journalistes pour structurer ce deuxième débat, d’une durée d’une heure : parcours politique, sécurité, solidarités et gouvernance.
« Vous marierez un couple homosexuel ? »
Le premier a été l’occasion d’explorer les convictions de chacun, alors que seule la liste de Franck Desgranges affiche une étiquette. Je suis un patriote : ça veut dire ni de droite, ni de gauche, mais pour la France
, a déclaré le candidat du Rassemblement national, passé précédemment par les Républicains, le Mouvement conservateur et Reconquête.
Cet échange a donné lieu à un premier petit moment de tension à propos du passé de Benoit Nicolardot, qui s’était engagé plus jeune, de 2009 à 2010, à l’Union pour un mouvement populaire (UMP) et au Parti chrétien-démocrate (PCD) de Christine Boutin. Une figure politique connue, entre autres, pour ses positions très conservatrices contre le mariage de personnes de même sexe.
Comme maire, est-ce que vous marierez un couple homosexuel ?
Une question qui a fait quelque peu se raidir l’avocat de profession. La loi s’appliquera. Vous n’êtes pas de la police. Aujourd’hui, je respecte les textes et toutes ces personnes qui font d’autres choix, des choix différents
, a-t-il répondu.
Élu sans étiquette en 2020 pour son premier mandat, Nicolas Leudière, lui, a expliqué son choix de rejoindre le parti Horizons après la création de celui-ci, en 2021. Je me suis engagé car ce projet venait des territoires, c’est ce qui m’a plu, a-t-il dit. Je suis du centre-droit. Horizons, c’est moi, mais je n’ai pas demandé à mes colistiers de prendre leur carte. Chacun est libre. J’ai quelqu’un de socialiste, un autre écologiste… Notre but, c’est de travailler pour Sablé.
Fabrice Brivain, lui, a surtout insisté sur son parcours associatif, étant candidat pour la toute première fois. Je préfère parler d’engagement citoyen. La politique, aujourd’hui, a mauvaise presse
, a-t-il déclaré. Il a précisé qu’il avait participé comme soutien à deux campagnes : régionales 2021, avec la candidate écologiste Mélanie Cosnier, et législatives 2024, pour le Nouveau front populaire avec la candidate Élise Leboucher.
« La critique est aisée, l’art est difficile »
La deuxième thématique sur la sécurité était l’occasion de s’expliquer davantage sur le renforcement du réseau de caméras et de la police municipale. Cela figure, à des degrés divers, parmi les propositions de Nicolas Leudière, de Benoît Nicolardot et de Franck Desgranges.
Ce dernier s’est d’ailleurs montré moins offensif qu’avant le premier tour contre le maire sortant à propos de son bilan : Je pense qu’on peut faire mieux. Mais la critique est aisée, l’art est difficile
, a-t-il commenté. Fabrice Brivain, lui, se concentre toujours sur la prévention, avec la création d’un poste d’infirmier de ville
et le déploiement d’éducateurs de rue.
La troisième thématique, sur les solidarités, a aussi permis aux candidats de détailler davantage des mesures, propres à chacun, comme sur le bénévolat et sur le lien intergénérationnel. Les échanges étaient alors encore calmes. Ils se sont tendus durant la dernière thématique, sur la gouvernance, en particulier sur la question quel maire serez-vous ?
Interrogé sur son métier d’avocat, Benoît Nicolardot a confirmé vouloir le poursuivre même s’il est élu. Mon activité est exercée de manière libérale, avec une grande marge de manœuvre et la capacité de recruter pour absorber la charge de travail. Je peux m’organiser. Il ne faut pas se faire de soucis
, a affirmé Benoît Nicolardot.
« On se retrouvera au tribunal »
C’est le candidat de gauche Fabrice Brivain qui a allumé une mèche en direction du maire dans son intervention : Je considère que ce qu’on voit comme tensions dans la campagne est quand même imputable à la manière de gouverner de la majorité actuelle. Il y a eu une fermeture totale au niveau des oppositions et c’était un mauvais choix
, a-t-il taclé.
Invité à répondre, Nicolas Leudière a réglé ses comptes sur la campagne délétère
avec… Benoît Nicolardot. Ce dernier l’avait ciblé en tout début de débat en glissant en préambule de sa première réponse qu’il avait déposé plainte pour des « attaques personnelles »
sur les réseaux sociaux d’un ancien adjoint
du maire après le premier tour.
Quand j’entends que vous dîtes en réunion publique : “Le maire, on va le remettre à sa trompette”, ça veut dire quoi ? Que je ne suis pas assez méritant ? Qu’il faut être avocat pour être maire de Sablé ? On dénigre ceux qui sont musiciens ?
, a attaqué l’ancien professeur du conservatoire. Pas du tout
, a réagi Benoît Nicolardot. Eh bien c’est comme ça que ça a été pris, donc avant de jouer les vierges effarouchés…
, a rétorqué Nicolas Leudière.
Ce n’était pas des attaques contre la famille, c’était d’une autre nature
, a répliqué Benoît Nicolardot. J’en ai eu d’autres
, a réagi Nicolas Leudière. Eh bien on se retrouvera au tribunal
, a lancé Benoît Nicolardot. Pas de problème
, a répondu Nicolas Leudière.
Ce débat a été enregistré dans les conditions du direct à 14 h puis diffusé à 19 h. Il est à retrouver en intégralité en replay sur la chaîne YouTube de LMtv Sarthe.