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Montmirail. L’extension de Paprec avance, certains élus restent méfiants... |
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Les élus s’étaient déplacés sur le site de Paprec à Montmirail en septembre 2021, dans le secteur des Vaugarniers. © Archives
Rien ne s’oppose pour l’instant au projet d’extension du site de Paprec à Montmirail mais certains élus de la communauté de communes restent vigilants quant aux réponses apportées par l’entreprise aux interrogations des riverains.
À Montmirail, Paprec a des ambitions fortes à l’horizon 2025 pour la valorisation des déchets. Méthaniseur, panneaux photovoltaïques, nouvelles chaînes de production, optimisation des équipements existants… Le projet avoisine la dizaine de millions d’euros et interroge les riverains qui ont été consultés par une enquête publique fin 2021. Réunis en conseil communautaire, des élus de l’Huisne sarthoise ont fait remonter les premières réponses.
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« Ce ne sont que des réponses génériques, rien n’est précis ! »
Paprec veut s’étendre sur 50 hectares, contre 30 actuellement sur le site des Vaugarniers. Une consultation a été lancée auprès de la population et 32 observations ont été recensées, classées selon sept thèmes principaux : les nuisances olfactives, le cadre de vie et le tourisme, le trafic des poids lourds, l’économie, le projet alternatif, le risque industriel et la traçabilité des déchets et incidences sur les milieux naturels.
L’entreprise a répondu en rappelant les objectifs de son projet d’extension, notamment le doublement des emplois et la valorisation du développement durable, mais les arguments n’ont pas convaincu tous les élus. Ce sont des réponses génériques, rien de précis sur les odeurs notamment !
, lance Dominique Couallier, maire de Champrond. Paprec interviendra en conférence des maires pour nous répondre,
rassure Didier Reveau, président de la communauté de communes. Là , c’était trop tôt.
On aura les réponses avant ou après l’accord de la préfecture pour le projet ?
, relance le maire. Avant, normalement
, lui assure-t-on.

Le site doit passer de 30 Ã 50Â hectares. Archives
Pas de remise en cause du projet
L’extension de Paprec est soutenue par Didier Reveau. C’est un projet vertueux avec une finalité partagée par tous : enfouir le moins possible de déchets et valoriser le plus possible
, rappelle-t-il aux élus. Le bilan de la concertation préalable n’est pas de nature à remettre en cause le projet.
Tous les feux sont au vert pour l’instant, l’entreprise s’étant engagée à prendre en compte les observations des riverains.
+ Montmirail. Enfouissement des déchets : tout n’est pas rose pour les riverains du site
Des groupes de travail seront créés pour répondre plus précisément aux inquiétudes et aux questions. Ils incluront les membres du collectif de riverains ainsi que des représentants du conseil départemental
, fait savoir Michel Odeau, président du Syvalorm.
D’autres étapes à venir
Les débats sont rares en réunion de conseil communautaire de l’Huisne Sarthoise, mais le projet Paprec a suscité plusieurs prises de parole, dont celle de Jean-Pierre Torché, maire de Melleray : Savons-nous combien de tonnages vont être concernés par la méthanisation ? Parce qu’entre les camions qui vont entrer et ceux qui vont sortir, ça fait deux fois plus de circulation sur nos voiries communales, il faut y réfléchir en concertation.
Les élus ont voté à l’unanimité pour déclarer que la concertation préalable n’était pas de nature à remettre en cause l’extension, laissant ainsi place à de nouvelles étapes, dont celle les groupes de travail. Pour Didier Reveau, un si gros projet permet d’en éviter plusieurs petits : Il y aura toujours des déchets résiduels qu’il faudra enfouir, mais l’idée est de le faire le moins possible et de ne pas multiplier les mini-stations par ci et par là .
Argument appuyé par Michel Odeau : L’enjeu est aussi d’avoir les structures nécessaires pour traiter localement les déchets du territoire.
À savoir
Paprec est une entreprise nationale spécialisée dans le stockage de déchets non dangereux, les déchets du quotidien. Un nouveau décret relatif à leurs conditions d’élimination a été publié au Journal Officiel le 18 septembre 2021 : du 1er janvier 2022 au 1er janvier 2030, le stockage de déchets valorisables va progressivement être interdit en France et le tri à la source rendu obligatoire. Concrètement, depuis cette année, les bennes qui arrivent dans les décharges ne doivent pas contenir plus de 30 % de métal, plastique, verre, bois ou fraction minérale inerte ni plus de 50 % de papier, plâtre ou biodéchets. Et ces conditions vont se durcir jusqu’en 2030.
Le contrôle est assuré à l’arrivée des bennes qui doivent être refusées par l’exploitant si non conformes à la règle. Ce décret s’inscrit dans le cadre de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire qui vise à transformer notre économie linéaire, produire, consommer, jeter, en une économie circulaire ».