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Écorpain. La nouvelle vie de l’ancienne usine de tri de déchets du Syvalorm... |
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Les élus et le directeur du Syvalorm suivent le chantier qui doit se terminer dans les semaines à venir. © Le Maine Libre
Le site du Ganotin avait subi un important incendie en octobre 2017. Le Syvalorm a alors engagé des travaux de reconversion pour en faire un centre de transfert et une base logistique pour le futur prestataire de collecte des déchets.
Le Ganotin aura vécu plusieurs vies. Situé à Écorpain, sur la route de Maisoncelles, il a d’abord été créé comme un centre d’enfouissement des déchets et est devenu en 2013 une usine de tri mécano biologique (TNB) avant d’être partiellement détruit par un incendie quatre ans plus tard. À ce moment-là , nous nous sommes posé la question : comment continuer ?
, explique Michel Odeau, président du Syvalorm, le syndicat de gestion des déchets qui gère ce site. Financièrement, on ne pouvait pas reconstruire ce qui avait brûlé. Et puis, les TNB, ce n’était plus dans l’air du temps.
Les élus prennent alors une décision : le Ganotin deviendra un centre de transfert qui regroupera tous les services. Coût estimé du projet : 2,4 millions d’euros.
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Un lieu, plusieurs fonctions
Les travaux sont encore en cours sur place et certains stigmates de l’incendie restent visibles. Le centre de transfert entrera en fonction le lundi 20 septembre 2021, si tout va bien
. En faisant visiter le chantier, Michel Odeau et Willy Acot, le directeur du Syvalorm, insistent : On a tout fait pour garder au maximum l’existant et limiter les frais.
Deux zones distinctes se dessinent : une à destination du Syvalorm pour le transfert des déchets en tant que tel et une autre pour le prestataire qui se charge de la collecte sur le terrain. Dans la première, cinq quais de transfert sur lesquels les bennes à ordures ménagères et de ramassage des déchets recyclables viendront vider leur contenu qui repartira ensuite pour être traité ailleurs. Des bâtiments permettent aussi le stockage des bacs à ordure notamment. Dans l’autre, l’ancien centre de tri a été réhabilité pour le prestataire de ramassage : Tous les camions y seront garés et nous construisons des locaux sociaux pour les employés. C’est une vraie base logistique que nous louerons au prestataire
, détaille Michel Odeau.
Autour, des chèvres assurent l’entretien écologique du site grâce à l’écopâturage.

L’ancien centre de tri accueille désormais une base logistique pour le futur prestataire de ramassage de déchets. Le Maine Libre
Le parcours des déchets
Mais alors, à quoi sert un centre de transfert ? Pour le comprendre, il faut remonter le parcours des déchets depuis le domicile des usagers. Il met son sac d’ordures ménagères dans un bac ou ses déchets à recycler dans un sac ou un bac jaune. Les camions bennes passent collecter les déchets selon le planning, ils arrivent ici à Écorpain où ils sont pesés puis ils reculent dans la trémie pour se vider dans un plus gros camion qui, quand il est plein, les emmène à Montmirail pour l’enfouissement des ordures ménagères ou dans les centres de tri de Seiches-sur-Loir (Maine-et-Loire) pour les emballages
, explique le président du Syvalorm.
Le verre et le papier restent quant à eux en apport volontaire et sont dirigés vers d’autres filières dédiées. Les déchets ne sont donc plus traités au site du Ganotin, ils y transitent simplement.
Parmi les projets à venir du syndicat de traitement des déchets, la construction d’un centre de tri mutualisé au nord de Tours (Indre-et-Loire) pour les emballages et l’harmonisation des pratiques de ramassage de déchets dans les anciens territoires du Smirgeomes et du Sictom de Montoire. Un nouveau prestataire de collecte sera aussi désigné en octobre 2022.

Le Syvalorm en chiffres. Infographie Le Maine Libre – Bruno SELI
Le coût pour les usagers
Les habitants du secteur voient que les coûts de la collecte des déchets ne baissent pas, alors qu’ils font des efforts.
Ce résultat, Michel Odeau ne peut que le constater : C’est indépendant de notre volonté. Ça coûte cher…
Le Syvalorm assure un service public et ne fait pas de profit. Derrière la redevance demandée aux ménages, plusieurs indicateurs entrent en jeu : Nous, on revend les produits qu’on collecte et les cours du marché sont fluctuants, donc tous les ans c’est le yoyo.
De plus, la taxe générale sur les activités polluantes que doit payer le syndicat augmente régulièrement, ce qui se répercute sur les usagers.
Les entreprises de valorisation des déchets sont rares, les syndicats de collecte subissent donc le jeu de l’offre et de la demande. Pourtant, le président du Syvalorm a un message : Il faut encourager les gens à trier au maximum, même s’ils subissent une augmentation du coût. Nous, de notre côté, on essaie de lutter contre ça même si ce n’est pas de notre fait.