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Législatives. Sylvie Tolmont, candidate du parti socialiste : « Je ne vais pas brader mes valeurs »... |
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Sylvie Tolmont ne partage pas le programme de la France Insoumise. © archives Le Maine Libre
La 4e circonscription de Sylvie Tolmont, députée PS sortante, fait partie des 70 réservées au PS dans le cadre de l’accord de la nouvelle union populaire, écologique et sociale. La candidate, opposée à l’accord, attend désormais des informations précises de son parti pour mener campagne.
« Le Maine Libre » : vous êtes opposée à l’accord NUPES mais vous restez bien candidate dans la quatrième circonscription ?
Sylvie Tolmont : « Oui, absolument. J’avais appris lundi matin (NDLR. 2 mai) que ma circonscription était proposée au parti communiste. Je n’ai eu une information différente que mercredi après-midi. Je suis députée sortante après deux mandats. Je suis une députée de terrain qui se tient à distance de tout ce qui est tambouille. Ma seule boussole, c’est ce qui se passe sur le territoire. En ce qui concerne l’accord, si l’objectif poursuivi est de répondre aux attentes de nos concitoyens, se rassembler pour lutter contre une politique que nous trouvons injuste socialement, libérale et à droite, c’est nécessaire. Voilà mon objectif. Il se trouve que dans ce cas, ce n’est pas ça, semble-t-il. Il s’agit d’asseoir une force à dominante insoumise. Je ne suis pas une Insoumise. Et je n’ai pas eu la possibilité, avec les militants, de m’exprimer sur cet accord par un vote ».
Votre circonscription fait partie des 70 réservées au parti socialiste dans l’accord avec EELV, PCF, PS et LFI
« Je suis une candidate socialiste. Je peux porter un bilan de mon mandat. Maintenant, j’attends que mon parti me dise ce que l’accord englobe précisément. Sur la partie programmatique, j’ai un gros souci sur les questions liées à l’Europe. Je n’ai pas à rougir d’être une femme de gauche. Il suffit de regarder mes positions et mes votes à l’Assemblée nationale sur les questions du pouvoir d’achat, de la santé, etc... Pour nous, ce n’est pas une nouveauté. »
Et sur la question des retraites ?
« Le premier décret de François Hollande portait sur la retraite à 60 ans pour les carrières longues et les critères de pénibilité. Aujourd’hui, on avance un âge pivot (NDLR 60 ans) dont on ne sait pas comment on va le financer et qui ne résout pas les questions d’inégalité. Je peux être une candidate du rassemblement mais union ne veut pas dire assimilation ».
Comment se passe votre campagne sur le terrain ?
« Les pressions arrivent. J’ai compris que pour les Insoumis, je ne suis pas la candidate rêvée. Il faudrait que j’abjure ? À ce stade, nous n’avons aucune information sur ce qu’implique l’accord pour nos campagnes électorales. Mon message est simple : avec moi comme je suis, avec mon bilan mais on ne va pas me mettre la pression. La circonscription est réservée au PS, je suis socialiste. Ce week-end, sur le terrain, j’ai rencontré des citoyens qui ne comprennent rien à ce qui se passe. On m’a demandé si j’étais devenue une Insoumise, si on allait avoir M. Mélenchon comme Premier ministre ».
Vous avez eu des contacts avec des membres de la France Insoumise ?
« J’ai déjà reçu un certain nombre de messages. On me met presque en demeure mais je ne vais pas brader mes valeurs. Je ne suis pas habituée au tourisme électoral. Les questions de fidélité et de cohérence me semblent importantes. C’est déjà assez douloureux pour bon nombre de socialistes, moi, je garde ma boussole. Quand on voit la poussée du Rassemblement national, il faut se préoccuper d’autre chose que de la tambouille. Se rassembler oui, mais dans le respect de la diversité et des personnes, sans menaces ».