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Législatives. Ce qui peut changer dans les circonscriptions en Sarthe... |
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Si l’on fait des projections à partir des résultats de la présidentielle, les législatives pourraient donner lieu à des bouleversements les 12 et 19 juin. © archives Le Maine Libre
Si l’on prend en compte les résultats du second tour de l’élection présidentielle en Sarthe circonscription par circonscription, quelques surprises pourraient voir le jour lors des élections législatives des 12 et 19 juin 2022.
Les résultats du second tour de l’élection présidentielle peuvent changer la donne lors des élections législatives des 12 et 19 juin 2022. À l’issue du premier tour, Marine Le Pen avait viré en tête dans deux circonscriptions de la Sarthe : la troisième (La Flèche-Saint-Calais) avec 31,94 % des voix contre 26,32 % des voix pour Emmanuel Macron et d’une courte tête dans la quatrième avec 28,02 % des voix contre 27,8 % à Emmanuel Macron.
Marine Le Pen en tête dans une circonscription
Dimanche 24 avril, la candidate du Rassemblement national conserve son avance uniquement dans la troisième, confirmant d’ailleurs son enracinement dans cette partie du sud-est du département.
Même si Marine Le Pen (30 197 voix) ne dépasse que d’environ 800 bulletins de vote Emmanuel Macron (29 396 voix), son score peut tout de même faire réfléchir les prétendants, à commencer par le candidat de La République en Marche. Eric Martineau, s’il est investi, aura en effet la lourde tâche de tenter de conserver cette circonscription conquise à la droite en 2017 par Pascale Fontenel-Personne.
Le plus mauvais score dans la première
C’est dans la première circonscription (Sillé-le-Guillaume-Le Mans) que Marine Le Pen fait son plus mauvais score. Emmanuel Macron (30 710 voix) la devance de près de 11 000 voix. Entre Sillé-le-Guillaume et Le Mans, le probable duel du second tour entre le futur candidat de la majorité présidentielle qui défendra l’autre circonscription détenue par LREM depuis 2017 et la candidate Les Républicains Fabienne Labrette-Ménager, s’annonce très intéressant. En 2017, 56 petites voix séparaient le vainqueur Damien Pichereau (LREM) et Christelle Morançais (LR).
Dans la quatrième circonscription (Sablé-Le Mans), le second tour de la présidentielle a redonné un net avantage à Emmanuel Macron (30 503 voix) sur Marine Le Pen (24 911 voix). Un renversement de tendance puisque la candidate du Rassemblement national avait dominé le premier tour. Cette circonscription, à gauche depuis 2012, sera également à surveiller de très près. Stéphane Le Foll (PS) a laissé son fauteuil de député en 2018 à Sylvie Tolmont. Contrairement à 2017, il y aura cette fois un candidat pro-Macron.
Mener campagne jusqu’au bout
Parmi les députés sortants qui se représentent, Jean-Carles Grelier (apparenté LR) aura certainement regardé attentivement le score obtenu par Emmanuel Macron dans la cinquième circonscription (Mamers-Le Mans). Le président réélu obtient une assez nette victoire (33 434 voix) avec presque 7 000 voix d’avance sur Marine Le Pen (26 553 voix). Auteur d’une belle « remontada » entre les deux tours en 2017 face au candidat macroniste Willy Colin, l’ancien maire de La Ferté-Bernard sait qu’il faudra encore mener campagne jusqu’au bout.
À gauche, ce sera rude
Enfin, dans la deuxième circonscription (Bouloire – Le Mans), qui enregistre le plus fort taux d’abstention (27,7 %), là aussi Emmanuel Macron (30 886 voix) sort largement vainqueur du duel avec Marine Le Pen (23 251 voix). À gauche, la campagne s’annonce rude. La députée sortante Marietta Karamanli (apparentée PS), qui s’engage pour un quatrième mandat, devra batailler à la fois contre une candidate de son ancien parti et contre une candidature de la France insoumise sans parler d’Europe Écologie les Verts et du parti communiste.
>>> Les députés qui arrêtent
Deux députés ont annoncé qu’ils ne brigueraient pas un deuxième mandat. Pascale Fontenel-Personne, députée Modem de la 3e circonscription et Damien Pichereau, député LREM de la première circonscription.
>>> Les députés candidats
Ils sont trois à s’engager pour un nouveau mandat. À droite, Jean-Carles Grelier (apparenté LR), seul député de la droite élu en 2017. Sylvie Tolmont (PS), qui a succédé en cours de mandat à Stéphane Le Foll dans la quatrième, se présente sous son nom pour la première fois aux législatives. Marietta Karamanli (apparentée PS), réélue sans discontinuer depuis 2007, est candidate pour un 4e mandat dans la deuxième circonscription.
>>> Les candidats potentiels
Il faudra attendre vers la mi-mai pour connaître le nom des candidats de la majorité présidentielle. D’ores et déjà , on peut citer le nom d’Eric Martineau, maire de Chenu, candidat à l’investiture dans la troisième circonscription, soutenu par Pascale Fontenel-Personne.

Nicolas Leudière, ici au côté de Christophe Béchu, numéro deux du parti Horizons. archives
Dans la quatrième, il semble de plus en plus probable que le maire de Sablé-sur-Sarthe, Nicolas Leudière, membre du parti Horizons lancé par Edouard Philippe, s’engage dans la campagne de la quatrième circonscription. Le nom d’Emmanuel d’Aillières, maire de la Suze-sur-Sarthe, a également circulé ces derniers mois. Il a été candidat en 2017, derrière le mouvement de Jean-Christophe Fromentin et a, depuis, rejoint les soutiens de la majorité présidentielle en Sarthe. Dans la deuxième circonscription, Aouatef Braber, ancienne référente LREm de la Sarthe, ne cache pas son envie d’être candidate en juin.

Marie d’Herbais, candidate du RN dans la deuxième circonscription archives Le Maine Libre
Du côté du Rassemblement national, Marie d’Herbais, proche de Jean-Marie Le Pen et qui avait claqué la porte du parti en 2015, rempile et sera vraisemblablement candidate dans la deuxième circonscription. Les noms de Raymond de Malherbe, dans la quatrième et Bruno Pinçon dans la troisième sont confirmés.
Chez EELV, si aucune alliance ne voit le jour, Isabelle Sévère, chef de file des écologistes au Mans, devrait être investie dans la 4e circonscription, Nathalie Buchot, conseillère municipale du Mans, dans la première circonscription, Franck Rolland dans la cinquième circonscription, et Any Zady dans la deuxième circonscription. On ne connaît pas le nom dans la 3e circonscription de la Sarthe.
Chez la France Insoumise,on se prépare à toutes les hypothèses
, affirmait en fin de semaine Matthias Tavel, de LFI en Sarthe, qui attend le résultat des discussions avec le PS, EELV et le PC. Au cas où, nous avons nos cinq chefs de file »,
assure-t-il. Une certitude, Matthias Tavel ne sera pas candidat en Sarthe. Je ne peux pas l’être en raison de mon poste
. Actuellement en disponibilité, il est fonctionnaire à la préfecture de la Sarthe. Matthias Tavel devrait être candidat dans une circonscription de Loire-Atlantique. C’est une hypothèse sérieuse
, confirme-t-il.
>>> Les candidats investis
Les investitures sont calées au PS et chez LR. Au PS, opposé à tout rapprochement avec la France Insoumise, cinq candidats sont investis : Dylan Benaud dans la première ; Muriel Cabaret dans la deuxième ; Nicolas Chauvin dans la troisième ; Sylvie Tolmont, députée sortante, dans la quatrième et Frédéric Lunel dans la cinquième.
Chez les Républicains, les investitures ont été fixées dès la fin du mois de novembre 2021, avant le congrès de désignation de Valérie Pécresse pour éviter que se renouvelle le précédent de 2017. Vainqueur de la primaire en 2016, François Fillon avait retouché un certain nombre de circonscriptions. Cette fois, rien ne devrait changer. Fabienne Labrette-Ménager dans la première ; François Leforestier dans la deuxième ; Béatrice Latouche dans la troisième ; Emmanuel Franco dans la quatrième et Jean-Carles Grelier dans la cinquième.
>>> Un scrutin bien différent
Pour espérer la qualification au second tour des élections législatives, chaque candidat doit atteindre au moins 12,5 % des inscrits. La barre est haute et devrait limiter les triangulaires. Si, comme en 2017, l’abstention est élevée, autour de 50 %, il faut donc viser les 25 % des suffrages pour se qualifier. On comprend mieux pourquoi beaucoup d’états-majors souhaitent conclure des accords avant le premier tour afin d’éviter un éparpillement des voix qui pourrait s’avérer dévastateur.