|
La longue liste des femmes tuées en Sarthe depuis deux ans... |
1
Dans de nombreux féminicides, la décision de la séparation par la femme déclenche le passage à l’acte de l’ex-conjoint. © Archives le Maine Libre - Hervé PETITBON
Au moins six meurtres de femme ont été commis par un conjoint ou ex-conjoint en Sarthe depuis avril 2022.
La suspicion de féminicide (le meurtre d’une femme par son compagnon ou son ex) plane sur de nombreux crimes en Sarthe ; au moins six depuis 2022. Le plus récent est celui du mercredi 22 mai 2024 à Saint-Jean-d’Assé : un homme de 73 ans attendait son ex-femme de 67 ans chez elle et l’a tuée avant de se suicider.
Dans deux autres meurtres, le couple était également âgé et l’homme a retourné l’arme contre lui, ce qui entraîne une extinction de l’action publique, l’auteur des faits étant décédé. Ainsi, le 28 juin 2022, deux policiers étaient retrouvés morts à leur domicile au Mans, victimes de blessures par arme à feu ; un homicide suivi d’un suicide. La femme était âgée de 61 ans ; son conjoint (retraité) de 70 ans.
Des victimes de 26 Ã 75Â ans
Le 18 avril 2022, deux retraités de 72 et 75 ans avaient été retrouvés morts sur le trottoir devant leur maison, près du parc des expositions du Mans. Les enquêteurs avaient rapidement privilégié l’hypothèse selon laquelle Jean-Pierre Robert aurait tiré sur son épouse avant de se donner la mort.
Mais les féminicides concernent tous les âges et toutes les catégories sociales. Ainsi, une prostituée de 26 ans avait été tuée à coups de couteau dans la nuit du 19 au 20 avril 2023 dans un appartement de la rue Gambetta au Mans. Un jeune homme s’était dénoncé à la police.
Des ruptures récentes
Le 16 mars 2023, à Souvigné-sur-Sarthe, près de Sablé (Sarthe), Monique Achour, une Atsem âgée de 61 ans avait été retrouvée morte à son domicile en matinée. Son ancien compagnon a été mis en examen pour assassinat.
Nelly Ferron, 48 ans, infirmière coordinatrice de quatre Ehpad, avait été tuée, chez elle à Coulans-sur-Gée, le 3 mars 2023. Le suspect de ce féminicide, qui a été placé en détention provisoire, était l’homme dont elle venait de se séparer. La rupture est le premier déclencheur du passage à l’acte des féminicides.