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La journaliste Florence Aubenas s’est rendue dans une école de la Sarthe... |
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En 2022, les élèves ont choisi de donner le nom de Florence Aubenas à leur école. © Ouest-France
Jeudi 5 juin 2025, des élèves de l’école publique de Beaumont-sur-Sarthe, dans le nord du département, ont rencontré la journaliste Florence Aubenas, reporter au Monde, dont l’école porte le nom. L’occasion de lui poser des questions sur son métier à risque.
« Cet après-midi, c’est vous, les journalistes et comme eux, vous avez le droit de poser n’importe quelle question. J’y répondrai. » Jeudi 5 juin 2025, dans une des classes de l’école primaire, Florence Aubenas, journaliste reporter de guerre, dont l’établissement porte depuis 2022 le nom, met les élèves totalement à l’aise.
« J’ai eu peur de venir ici. C’est une grande responsabilité de vous parler et de vous raconter ma vie de journaliste de guerre. J’avais très peur de vous choquer », confie-t-elle. « Nous avons travaillé en amont sur le métier de journaliste. Aujourd’hui, deux groupes d’une quinzaine d’enfants des classes CE2 et CM1 et CM2 lui poseront leurs questions » précise Vanessa Loison, directrice de l’école.
Le dispositif Un Artiste à l’École permet d’ouvrir les horizons
« Habituellement, nous invitons nos intervenants à retourner dans l’un de leurs anciens établissements scolaires, permettant de bénéficier du lien particulier entre l’ancien élève devenu artiste reconnu et la nouvelle génération d’élèves, créant un lien immédiat et une intimité inégalée, ainsi qu’un sentiment fort d’identification. Une fois n’est pas coutume, Florence Aubenas, marraine de la 13e édition du dispositif Un artiste à L’École, se rendra dans une école primaire qui porte son nom », détaille Juliette Pannequin, coordinatrice du dispositif.
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Grand reporter de 1986 à 2006 au sein du quotidien Libération, Florence Aubenas couvre de nombreux événements au Rwanda, au Kosovo, en Algérie et en Afghanistan, ainsi que plusieurs grands procès en France. En 2005, alors qu’elle réalise un reportage en Irak sur les réfugiés de la ville de Falloujah vivant dans des tentes, sur le campus de l’université de Bagdad, elle est retenue en otage pendant cinq mois en compagnie de son accompagnateur et traducteur, Hussein Hanoun al-Saadi.
« Je suis devenue journaliste un peu malgré moi »
En France, des comités de soutien se mobilisent pour exprimer leur solidarité envers les deux otages. Ces derniers sont libérés après 157 jours de captivité. Jeudi, la journaliste s’est prêtée avec aisance, respect et beaucoup d’humour aux questions des enfants, racontant sa passion pour le journalisme et sa difficile captivité en Irak. « Je suis devenue journaliste un peu malgré moi, à 20 ans, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire. Aujourd’hui, c’est toute ma vie », confie-t-elle.
À la question si le fait que l’école porte son nom la touche, elle répond avec un grand sourire. « S’ils m’avaient demandée, j’aurais dit non. Mais c’est bouleversant, cela me va droit au cœur. »