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L’Iran visera des bases américaines dans la région si Washington attaque, avertit son ministre des Affaires étrangères... |
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Un exemplaire du quotidien iranien « Tehran Times », avec une photo du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, dans un kiosque à Téhéran, en Iran, le 7 février 2026. © ABEDIN TAHERKENAREH / EPA / MAXPPP
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que Téhéran viserait des bases américaines dans la région si les États-Unis attaquaient son pays. L’Iran a aussi affirmé qu’il allait poursuivre ses négociations avec Donald Trump, à l’issue d’une session de pourparlers à Oman tenue dans une « atmosphère très positive » selon Téhéran.
Le président américain Donald Trump a salué les « très bonnes » discussions avec l’Iran, à l’issue d’une session de pourparlers ce vendredi 6 février 2026 à Oman, affirmant que les négociations allaient se poursuivre en début de semaine prochaine, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
Tout en saluant ces pourparlers, Donald Trump a maintenu la pression sur l’Iran, avec de nouvelles sanctions et un décret faisant planer samedi la menace de droits de douane supplémentaires aux pays qui continuent de commercer avec l’Iran. « Nous avons […] eu de très bonnes discussions sur l’Iran, l’Iran semble vouloir absolument conclure un accord », s’est félicité le président américain devant des journalistes à bord d’Air Force One. « Nous allons nous rencontrer à nouveau en début de semaine prochaine », a-t-il ajouté.
L’Iran a aussi affirmé qu’il allait poursuivre ses négociations avec les États-Unis, à l’issue d’une session de pourparlers à Oman tenue dans une « atmosphère très positive » selon Téhéran.
Premières discussions depuis les frappes américaines
Des discussions, directes selon le site américain Axios, ont eu lieu entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sous la médiation du sultanat d’Oman.
Selon Abbas Araghchi, les pourparlers n’ont porté que sur le volet nucléaire, conformément à ce qu’exige Téhéran, alors que Washington demande que soient aussi abordés le soutien de l’Iran à divers groupes armés hostiles à Israël, et son programme de missiles balistiques.
Ces discussions étaient les premières depuis les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens en juin, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque contre l’Iran lancée par Israël, allié de Washington.
Elles se sont tenues alors que Donald Trump a récemment déployé une importante force navale américaine dans le Golfe et multiplié les menaces d’intervention militaire en Iran, d’abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir iranien du mouvement de contestation en janvier puis en raison du programme nucléaire iranien.
« Atmosphère très positive »
Le ministre iranien a dit espérer que Washington s’abstiendrait de toute nouvelle « menace » pour que les pourparlers puissent se poursuivre. « Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées », a-t-il déclaré à la télévision d’État iranienne. Il a ajouté que les deux parties étaient « convenues de poursuivre les négociations, mais que les modalités et le calendrier seraient décidés ultérieurement ». Les discussions se concentrent « exclusivement sur la question nucléaire » : « Nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains », a affirmé Abbas Araghchi à l’agence de presse Irna.
Samedi, lors d’une conférence au Qatar, il s’en est pris à Israël, fustigeant la « doctrine de domination » de ce pays qui lui permet selon lui d’élargir son arsenal militaire tout en faisant pression sur les autres pays de la région pour qu’ils se désarment.
Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément tout en insistant sur son droit à développer une filière nucléaire civile.
Donald Trump avait affirmé en juin que les frappes américaines avaient « anéanti » les capacités nucléaires iraniennes, mais l’ampleur exacte des dégâts reste inconnue.
La France a affirmé vendredi que l’Iran devait renoncer à être une « puissance déstabilisatrice », citant notamment son programme nucléaire.
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L’Iran et les États-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps dernier, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.
Face aux menaces de Washington, Téhéran a répété qu’il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d’attaque. « Il n’est pas possible d’attaquer le sol américain si Washington nous attaque, mais nous viserons leurs bases dans la région », a déclaré Abbas Araghchi, lors d’une interview accordée à la chaîne qatarie Al Jazeera, selon des extraits publiés sur sa chaîne officielle Telegram.
Les pourparlers à Oman ont eu lieu après que le pouvoir iranien a écrasé dans le sang un vaste mouvement de contestation en janvier. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a dit avoir confirmé 6 955 morts, dont une majorité de manifestants, et a recensé plus de 51 000 arrestations.