|
L’examen du permis de conduire va-t-il vraiment être simplifié ?... |
1
Un groupe de travail planche sur une évolution du permis de conduire. © Archives Le Maine Libre - Denis LAMBERT
Un groupe de travail réfléchit à une évolution de l’examen du permis de conduire face à un taux de réussite jugé trop faible. Il s’est penché sur la question des fautes éliminatoires, même si rien n’a été décidé pour le moment. Le Maine Libre vous explique.
Pourra-t-on un jour griller un stop lors de l’examen du permis de conduire, sans pour autant le rater ? C’est l’une des options évoquées par un groupe de travail qui réfléchit à faire évoluer l’examen, et notamment la notion de « fautes éliminatoires » au permis, a révélé le journal Le Figaro.
Oui, il y a un groupe de travail
, confirme au Maine Libre le responsable de la communication de la Sécurité routière au ministère de l’Intérieur. Mais il n’y a rien de tranché, rien de décidé.
C’est quoi, ce groupe de travail ?
Le lancement d’une mission d’étude sur le permis de conduire, afin d’améliorer un taux de réussite qui demeure trop faible, inférieur à 60 %
, a été annoncé le 31 juillet 2025, dans le cadre d’un plan d’action du ministère de l’Intérieur. Des représentants de la Délégation à la sécurité routière (DSR) et des auto-écoles y participent.
Quelles sont ses propositions ?
Lors de leur deuxième réunion, qui s’est tenue le 20 janvier 2026, selon un compte-rendu publié par le Syndicat autonome national des experts de l’éducation routière et de la Sécurité routière (Saneer et SR), le sujet des erreurs éliminatoires a été abordé. En partant d’un constat : 93 % des échecs comportent au moins une erreur éliminatoire
. Et les taux de réussite stagnent depuis dix ans
. La délégation DSR, en se basant sur les contributions du premier groupe de travail (réuni le 18 décembre), a alors émis trois options.
La première : ne garder que les cinq erreurs éliminatoires prévues dans l’arrêté du 19 février 2010 qui définit les modalités de l’examen (alors que davantage de cas d’erreurs éliminatoires sont possibles). La deuxième : utiliser la définition de la Directive européenne (moins stricte) et supprimer les cas d’erreurs mentionnés, pour laisser les inspecteurs circonstancier le danger immédiat sur la tablette
. La troisième : à partir d’un seuil de nombre de points (25 par exemple ; sachant qu’il faut 20 points sur 31 pour obtenir le permis, NDLR), malgré une erreur éliminatoire « ponctuelle », le candidat devrait suivre un complément de formation (5 heures) pour pouvoir se voir délivrer son permis de conduire, sans se présenter de nouveau à l’examen.
+ LIRE AUSSI Permis de conduire : deux coups de pouce supprimés, quelles aides encore disponibles pour le financer ?
Qu’en pensent les acteurs ?
Ces propositions ont fait réagir. Le Saneer et SR les juge toutes catastrophiques
et s’y oppose fermement
. Notamment la dernière, pour laquelle le syndicat note : il est hors de question de délivrer un titre à un candidat ayant mis en cause la sécurité le jour de l’examen
. Le compte-rendu publié par le Saneer et SR indique que la plupart des représentants d’auto-écoles présents lors de la réunion se sont positionnés contre la troisième proposition.
Sur RTL, Benjamin Panis, président de l’Union des indépendants de la conduite (UNIC), juge cette mesure dangereuse
.
Quelles sont les fautes éliminatoires à l’examen du permis de conduire ?
Même en obtenant plus de 20 points sur 31 à l’examen, les fautes éliminatoires empêchent d’obtenir son permis. Elles sont définies dans l’arrêté du 19 février 2010 comme toute action, non-action ou tout comportement dangereux du candidat plaçant les autres usagers et/ou le véhicule dans une situation où la sécurité dépendrait essentiellement des réactions des tiers. Sans préjudice de cette définition, l’erreur éliminatoire est également constituée si le candidat commet l’une des infractions suivantes :
- Circulation à gauche sur une chaussée à double sens ;
- Franchissement d’une ligne continue ;
- Circulation sur les bandes d’arrêt d’urgence ou les voies réservées ;
- Non-respect d’un signal prescrivant l’arrêt ;
- Circulation en sens interdit.
Le site internet Codes Rousseau liste 24 exemples concrets, celui de la Drive school 30, parmi lesquels : « caler plusieurs fois (au démarrage) et gêner la circulation », « ne pas respecter un panneau Stop ou un feu tricolore », « rouler trop vite », « laisser un espace insuffisant entre son véhicule et celui que l’on dépasse » …
Pour quand le groupe de travail doit-il rendre ses décisions ?
Il n’y a pas de date, pas de calendrier en termes de décisions
, assure la Sécurité routière.
Vous avez des questions ?
En remplissant le formulaire ci-dessous, vous pouvez adresser toutes vos questions à la rédaction du Maine Libre sur tous les sujets d’actualité locale et nationale qui vous préoccupent, mais aussi sur des questions pratiques (sécurité routière, Code de la route, réglementations…). Les journalistes s’efforceront de vous apporter des réponses.
Vous pouvez également nous poser vos questions par courrier (courrier des lecteurs, Le Maine Libre, 28, place de l’Éperon, 72 000 Le Mans), par mail : lemainelibrevousrepond@maine-libre.com et sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) avec le hashtag #LeMaineLibreVousRepond.