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Immense, somptueuse, originale : découvrez la cathédrale du Mans... |
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Les peintures murales de la chapelle de la Vierge ont longtemps été dissimulées par un enduit. Découverte en 1842, cette Å“uvre restaurée met en lumière 24 instruments de musique différents. © Franck Dubray / Archives OUEST-FRANCE
Au Mans, Saint-Julien est l’une des plus somptueuses cathédrales romanes et gothiques. L’une des plus vastes de France. Un chef-d’œuvre tout à la gloire des Plantagenêt, cette famille qui régna sur un empire qui allait des frontières de l’Écosse aux montagnes des Pyrénées !
La cathédrale du Mans s’impose par ses attraits extérieurs. Sa structure forme un brillant mélange d’immensité et d’originalité, même si sa façade occidentale romane peut paraître plutôt austère. Quant à son sublime chevet gothique, il exhorte toute sa puissance.
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Le premier lieu de culte sur le site date du Ve siècle. Au IXe siècle, l’édifice religieux prend le nom de Julien, premier évangélisateur du Mans. Au milieu du XIe siècle, l’église devient cathédrale.

Chaque été, à la nuit tombée, la façade de la cathédrale s’illumine lors de la Nuit des Chimères. Durant cette manifestation gratuite, les plus beaux bâtiments représentatifs de la vieille ville se parent de couleurs et thèmes spectaculaires. DOMINIQUE BREUGNOT/TEAMDBC-PICTU
C’est alors l’époque du roman. Il en reste quelques marques : la façade occidentale datée de 1100, la partie basse de la tour nord et les bas-côtés de la nef. Et surtout, surtout : le vitrail de l’Ascension. Il est le plus ancien vitrail conservé dans une église, de par le monde ! Niché sur le bas-côté gauche de la nef, il a été réalisé entre 1098 et 1120. Avec ses riches couleurs bleues et rouges, il représente la Vierge Marie et les apôtres qui assistent à la montée au ciel du Christ.
Anges musiciens, orgues, rosace…
Autre œuvre à ne pas manquer en visitant la cathédrale, la peinture sublime qui orne les voûtes de la chapelle de la Vierge, où 47 anges musiciens donnent un concert céleste depuis le Moyen Âge. Cette œuvre gothique occidentale de Jean de Bruges, auteur des cartons de la tapisserie de l’Apocalypse, à Angers, a été commandée par l’évêque du Mans Gontier de Baigneux, vers 1377. Ce dernier avait fait de la chapelle son lieu de sépulture. Et il l’avait ornée 52 fois de son blason !

Le menhir de la cathédrale Saint-Julien du Mans. Franck Dubray / Archives OUEST-FRANCE
Depuis le bras sud du transept jaillissent de grandes orgues. L’instrument impressionnant a mûri dans la tête de l’architecte Simon Hayneuve, en 1519. Influencé par l’art italien, cet orfèvre du Maine dessine le buffet de l’orgue dans un style Renaissance. Le premier instrument, réalisé par le facteur d’orgue Pierre Bert, date de 1529. Mais son jeu a souvent été remanié au cours des siècles.
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Dans le transept nord, la Grande rosace émerveille le regard par sa beauté. Faite de fleurs de Lys, cette verrière composée de roses et de lancettes développe le thème de la foi chrétienne. Les trois fenêtres qui entourent la rosace proviennent de dons issus des Anglais au XVIe siècle. Un don incroyable puisque la France subit à ce moment-là la guerre de Cent ans et qu’en 1525, la ville du Mans est prise par les voisins d’outre-Manche.
Un menhir du Néolithique
Petite originalité, à l’angle de la place Saint-Michel, un menhir se tient adossé sur le pignon ouest de la façade de la cathédrale. Cette pierre en grès est datée entre 4 000 et 5 000 ans avant notre ère. Elle a été sauvée de la destruction par saint Julien au IVe siècle. Classé au titre des Monuments historiques en 1889, ce menhir figure, pour les spécialistes, comme une preuve de la pérennité d’un lieu de culte depuis le Néolithique, en lieu et place de la cathédrale actuelle.

Le chœur de la cathédrale Saint-Julien du Mans. Franck Dubray / Archives OUEST-FRANCE
Élevé au XIIIe siècle, le chœur se caractérise par un double déambulatoire. Cet ensemble s’enrichit de vitraux représentant des communautés de métiers tels que les boulangers ou les vignerons.
La cathédrale du Mans est le théâtre de moments historiques majeurs : en 1128, Geoffroy Plantagenêt, comte d’Anjou et du Maine, y épouse Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant, héritière du royaume d’Angleterre et du duché de Normandie. En 1133, leur fils Henri II, futur roi d’Angleterre, y est baptisé La riche famille des Plantagenêt finance les travaux de cette période.
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En 1217, le roi de France Philippe-Auguste finance l’agrandissement du chœur. Et la construction de treize chapelles. Nous voici au temps du gothique. Des maîtres d’œuvre normands et parisiens viennent bâtir dans leur style.
Cet article a été initialement publié dans le hors-série Cathédrales de l’Ouest, paru en septembre 2016.