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Guerre en Ukraine. Un lieu de collecte pour centraliser tous les dons en Sarthe... |
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L’objectif du local de Changé est de centraliser tous les dons collectés par les mairies sarthoises. © Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Un local mis à disposition des communes a ouvert ce mardi 8 mars 2022 à Changé. Il sert à stocker, avant envoi en Pologne, les dons des Sarthois solidaires des Ukrainiens.
Il était indispensable de se structurer pour être efficace
, explique, ce mardi 8 mars 2022, le président de l’association des maires de France en Sarthe Emmanuel Franco. Derrière lui, 117 m² de locaux où vont être stockés des kilos de dons. Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine engagée par la Russie, la Sarthe dispose d’un lieu de collecte, ouvert à toutes les communes en charge de centraliser les dons des particuliers.
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Autant de voyages que nécessaire
À l’heure actuelle, un peu plus d’une trentaine a répondu à l’appel. Nous avons établi un planning pour que chacune ait son créneau. Vendredi par exemple, les dons collectés sur le territoire de Savigné-l’Évêque seront déposés aux alentours de 14 heures
, annonce Davy Pourtout, président départemental de la Protection civile.
En ce début d’après-midi, les bénévoles de la Protection civile s’affairent d’ailleurs à décharger les tout premiers camions. La commune d’Aigné ouvrait le bal, suivie de Changé et de Parigné-l’Évêque. C’est la mise en place d’une opération et d’une logistique encore jamais atteinte à notre niveau. Même si l’ampleur est inconnue, nous sommes prêts.

Les dons acheminés vers la Pologne seront directement remis aux associations sur place pour les réfugiés. Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Une fois les dons réceptionnés dans le local – à savoir l’ancien bâtiment administratif de l’entreprise Bordeau Chesnel -, ils seront acheminés en Pologne par des salariés de la manufacture des tabacs LTR, basée à Spay. Nous avons une usine là -bas,
confie Antoine Uzu, directeur industriel de l’entreprise. Au vu du nombre de réfugiés ukrainiens dans le pays – estimé à un million, soit la moitié de la population qui a quitté l’Ukraine -, ça nous a paru très naturel de nous joindre au projet. Nous avons la logistique et la volonté (lire par ailleurs).
Un camion de 90 m³ partira ainsi autant de fois que nécessaire
, selon le directeur.
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Un appel aux bénévoles lancé
Afin de ne pas occuper trop d’espace, Davy Pourtout demande la fin des collectes de vêtements. Nous enverrons bien entendu ce que nous avons déjà à notre disposition, mais nous n’en voulons pas plus. Le volume est trop important et les réfugiés ont besoin de tout.
Doivent être privilégiés les produits d’hygiène : brosses à dent, dentifrices, couches, etc. À noter que la seule denrée alimentaire acceptée est le lait maternisé.
Le président départemental lance par ailleurs un appel aux bénévoles. Nous sommes pour le moment 150 répartis dans quatre antennes. La plupart ayant un travail en parallèle, nous manquons d’effectifs. Nous recherchons activement des personnes qui pourraient répondre présents les après-midi.

Quelque 150 bénévoles œuvrent pour la Protection civile. Le président départemental lance un appel à de nouveaux volontaires. Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
> > > La manufacture des tabacs engagée
Nous avions déjà prévu de nous unir pour aider les réfugiés ukrainiens en Pologne,
relate Antoine Uzu. Nous nous sommes seulement greffés à ce projet plutôt que de rester dans notre coin. C’était plus productif.
Le directeur de LTR avait en effet lancé un mouvement de solidarité après qu’un salarié polonais lui a fait part de la situation dans laquelle il se trouvait. Lui et quelques-uns de ses collègues s’occupaient personnellement d’aller récupérer des réfugiés à la frontière, certains ayant même des membres de leur famille concernés. Cette histoire nous a touchés, on a senti une immense détresse. L’entreprise a immédiatement lancé une collecte interne pour un premier envoi en Pologne via nos véhicules utilitaires. Ça représentait 20 m³ de matériel.
> > > Comment aider l’Ukraine depuis Le Mans ?
Une réunion publique
Le maire du Mans Stéphane Le Foll a fait savoir qu’une cellule de crise avait été mise en place avec des associations pour organiser la solidarité avec les Ukrainiens touchés par la guerre engagée par la Russie. Jeudi 10 mars, à 18 heures au théâtre des Quinconces, une réunion permettra aux habitants de s’informer et de s’engager dans certaines actions.
Un soutien financier au Rotary
Le Rotary de la région affrète un bus pour aller recueillir des réfugiés Ukrainiens à la frontière ukraino-polonaise. Le départ, prévu vendredi 11 mars, se fera depuis le parking de covoiturage Le Mans Ouest. Le bus sera entre autres rempli de matériel médical, de produits d’hygiène et de vêtements. Le Rotary peut recevoir des dons pour assurer l’intégration, l’habillement et l’aide à l’alimentation des réfugiés à leur retour.
Accueillir des réfugiés
Plusieurs villes proposent de recenser les habitants volontaires pour accueillir un ou plusieurs réfugiés, telles que Changé ou La Flèche. Les personnes accueillantes sont invitées à se faire connaître auprès des communes organisatrices. À noter que Le Mans Métropole Habitat est aussi mobilisé pour accueillir plusieurs familles ukrainiennes. Une dizaine de logements seraient déjà disponibles.
Une collecte à l’université du Mans
Le collectif solidaire de Le Mans université se mobilise pour les réfugiés ukrainiens en organisant une collecte de vêtements et de différents objets utiles. Les dons, de préférence emballés dans des cartons pour faciliter le stockage et le transport, peuvent être déposés au bâtiment Ève ces mercredi 9 et jeudi 10 mars entre 12 et 14 heures ainsi que vendredi 11, lundi 14 et mardi 15 mars entre 17 et 19 heures.