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Fête du cinéma 2022 : le secteur veut profiter de l’événement pour relancer la fréquentation... |
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Un employé travaille pendant les préparatifs de réouverture d’un cinéma à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, le 17 mai 2021. Photo d’illustration. © STEPHANE MAHE / ARCHIVES REUTERS
La Fête du cinéma signe son grand retour en France à compter de ce dimanche 3 juillet. Jusqu’au mercredi 6 juillet, les salles obscures proposeront des séances à petits prix, en ces temps d’inflation et de « marasme » pour le secteur. De quoi faire le plein de films en ce début d’été.
C’est un rendez-vous incontournable pour les amoureux du septième art. Du dimanche 3 au mercredi 6 juillet, la Fête du cinéma revient dans les salles obscures à travers toute la France pour proposer quatre jours de séances au tarif unique de quatre euros (hors supplément pour les films en 3D, les séances spéciales et les prestations complémentaires).
L’occasion de faire le plein de longs-métrages à prix doux, à l’heure où l’inflation affecte le comportement des Français soucieux de préserver leur pouvoir d’achat.
« Aucune raison de ne pas aller » au cinéma
Après une édition 2020 annulée pour cause de pandémie de Covid-19 et une édition 2021 où le port du masque était obligatoire, la Fête du cinéma 2022 entend séduire les spectateurs pour dynamiser la fréquentation. Le public doit « profiter de ces quatre jours pour reprendre le chemin des salles, qui sont le plus beau lieu au monde pour voir un film, rire, pleurer ou s’instruire, confie à Ouest-France Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) qui organise la manifestation. Notre objectif, c’est vraiment de mettre un coup de projecteur et de faire un effort tarifaire pour dire aux gens : « Pendant quatre jours, vous n’avez aucune raison de ne pas y aller. » »
Outre les gros succès tels Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski, Jurassic World : Le Monde d’après de Colin Trevorrow, Buzz l’Éclair d’Angus MacLane ou Elvis de Baz Luhrmann, le public pourra notamment découvrir Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux, Decision to Leave de Park Chan-wook, Irréductible de et avec Jérôme Commandeur, Cahiers noirs en deux parties avec Ronit Elkabetz ou encore La Traversée de Varante Soudjian… Soit une vaste palette d’ambiances et de thèmes que la manifestation créée en 1985 permet d’ouvrir à l’audience la plus large, sur fond de jeu concours avec Allociné et Virgin Radio permettant de remporter un an de cinéma et d’autres lots cinéphiles.
Une baisse de fréquentation de l’ordre d’un tiers
Cet appel vers les salles sera-t-il massivement suivi ? Réponse mercredi soir. En attendant, le secteur connaît une situation « morose » , comme le reconnaît Richard Patry. Selon les dernières estimations du Centre national du cinéma (CNC), la fréquentation cinématographique a atteint 11,17 millions d’entrées au mois de mai 2022, soit un niveau inférieur à celui enregistré en mai 2019 (-27,7 %), et à la moyenne des mois de mai sur 2017-2019 (-21,0 %). Depuis le début de l’année, les salles totalisent 62,09 millions d’entrées, soit 32,9 % de moins que sur la même période de 2019, précise le CNC sur son site.
La désaffection est forte. D’après une étude qu’il a publiée en mai 2022, 48 % des Français disent être revenus moins souvent ou plus du tout au cinéma depuis la réouverture des salles le 19 mai 2021. Une diminution de la fréquentation liée à une conjonction de facteurs, certains conjoncturels et d’autres plus structurels. Cinq raisons sont principalement invoquées : une perte d’habitude d’aller au cinéma (pour 38 % d’entre eux), la perception du prix du billet, trop élevé (pour 36 %), le port du masque (pour 33 %), la préférence pour regarder des films sur d’autres supports (pour 26 %) et le manque d’intérêt pour les films proposés (pour 23 %), les autres motivations comme l’actualité anxiogène ou la préférence pour d’autres activités étant moins importantes.
« Clairement, oui, les chiffres (en matière de fréquentation) nous inquiètent », souligne Richard Patry. « Néanmoins, face à ce marasme, on se rassure en regardant les autres. En Espagne, ils sont à moins de 50 %, en Italie, ils sont à moins 70 %, l’Allemagne et l’Angleterre sont très très en retrait aussi. La France est le meilleur pays en Europe avec les Pays-Bas où le cinéma a redémarré dans ces conditions. »
Plusieurs « motifs d’espoir »
« Optimiste », le président de la FNCF avance plusieurs « motifs d’espoir » comme « la qualité des salles de cinéma » avec des réinvestissements massifs. En outre, aucun des 2 028 cinémas français offrant 6 193 écrans au 31 décembre 2021 « n’a fermé ses portes en France, grâce aux aides de l’État, depuis la crise du Covid-19 » ; le passe Culture pour les jeunes est « un très gros succès pour les salles de cinéma, avec 1,5 million de billets vendus fin 2021 » et les exploitants français, « des passionnés de cinéma » , sont « excessivement investis dans leur métier ».
À l’automne, la Fédération nationale des cinémas français doit lancer une grande campagne de communication avec le ministère de la Culture « pour promouvoir les salles et les films car l’un ne va pas sans l’autre ». De quoi dynamiser le nombre d’entrées ? Richard Patry, qui « croit à la salle de cinéma » malgré la concurrence des plateformes comme Netflix, table sur « 170, 175 millions de billets vendus à la fin de l’année en France » contre « 213 millions en 2019, 65 millions en 2020 et 95 millions en 2021 ». Il ajoute à l’adresse de ceux qui jugent le prix des places trop élevé : « Il faut aller au cinéma en cherchant les moyens de payer moins cher comme la carte d’abonnement, et jouer son rôle de consommateur. »