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Éoliennes en Sarthe : ce projet autorisé par le préfet finalement enterré par la justice ?... |
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Une banderole de l’association Non au Projet de parc éolien avait été déployée aux entrées du village. © Eddy Lemaistre / Archives Ouest-France
Le rapporteur public du tribunal administratif de Nantes (Loire-Atlantique) préconise l’annulation du projet de cinq éoliennes à Auvers-sous-Montfaucon, village de l’Ouest de la Sarthe. En cause, les atteintes au patrimoine, au paysage et au voisinage. Une position qui va dans le sens des habitants et des élus locaux, qui contestaient le feu vert accordé par la préfecture.
Il faudra, bien sûr, attendre le délibéré de la cour administrative d’appel de Nantes (Loire-Atlantique). Mais les conclusions du rapporteur public de la première chambre, ce vendredi 8 novembre 2024, ne laissent guère planer de suspense : ce magistrat indépendant, dont l’avis éclaire la décision finale des juges, a préconisé l’annulation de l’autorisation environnementale du parc de cinq éoliennes d’Auvers-sous-Montfaucon (Sarthe), délivrée le 23 avril 2023 par le préfet de la Sarthe.
En cause, les atteintes au patrimoine, au paysage et au voisinage, que porteraient les hélices de 166 m en bout de pale. Le tableau qu’il a dépeint à l’audience interroge sur le choix du site par le promoteur Vensolair dans le village situé à côté Loué. Une implantation qui avait suscité une franche hostilité locale dès l’enquête publique (107 des 109 observations étaient défavorables) en décembre 2022.
Le choix du site interroge
Mais un avis défavorable du commissaire-enquêteur n’avait pas empêché le préfet de donner son feu vert. Le recours devant la justice avait ensuite été porté, dans une rare solidarité, par une trentaine de riverains, deux associations (Auvers vent debout et la Demeure historique), la communauté de communes Loué-Brûlon-Noyen et la commune d’Auvers-sous-Montfaucon. Ils ont été entendus par le rapporteur public.
Quelques chiffres démontrent, à ses yeux, le caractère « écrasant » des éoliennes sur un village déjà cerné par « deux autoroutes (A 81 et A11), une ligne ferroviaire LGV et le parc éolien de Tassillé », une commune voisine.
« Dix-huit lieux de vie, l’habitation la plus proche à seulement 503 m, 127 édifices protégés… », égrène-t-il. Autant de motifs qui avaient déjà valu, en 2020, l’annulation d’un autre projet à quelques kilomètres de là du côté de Maigné. Les paysages agricoles très ouverts (dits « openfield ») de cette « champagne ondulée sarthoise » ne permettent pas de « filtrer les covisibilités » avec les éoliennes, conclut le rapporteur.
La décision est attendue le 26 novembre 2024.