|
ENTRETIEN. Stéphane Le Foll : « Je suis candidat à un débat présidentiel au sein du PS »1 |
1
Entretien avec Stéphane Le Foll. © Guillaume Saligot, Ouest-France
Dans son prochain livre, Stéphane Le Foll, maire du Mans (Sarthe), présente son programme pour l’élection présidentielle. À quelques jours de l’Université d’été du PS, il regrette l’absence de débat au sein du parti.
Stéphane Le Foll, maire du Mans et ancien ministre de l’Agriculture, souhaite se lancer dans la course à la présidentielle et défend l’idée d’une primaire au Parti socialiste.
Renouer avec la France des Lumières est un véritable programme pour l’élection présidentielle. Vous êtes donc candidat, malgré la probable désignation d’Anne Hidalgo par le Parti socialiste ?
Oui, je maintiens ma candidature au sein du Parti socialiste et je demande qu’il y ait un débat présidentiel. Anne Hidalgo ne peut pas être intronisée sans ce débat, dans un grand parti comme le PS. Quel est son projet entre la ligne écologiste et celle d’Arnaud Montebourg ? Pour gagner une présidentielle, il faut de la clarté. Avec mon livre, j’avance des propositions pour la France et l’Europe. J’ai été ministre pendant tout un quinquennat et porte-parole, je connais la difficulté de gouverner la France. J’ai été un élu rural, européen et je suis aujourd’hui maire du Mans. J’aime la France et je connais ses territoires.
Vous appeliez de vos vœux, en juillet, une primaire à gauche. Celle-ci ayant peu de chance d’aboutir, quelle est votre stratégie ?
J’ai réussi à obtenir la tenue d’un vote au sein du PS, après le Congrès [prévu les 18 et 19 septembre à Villeurbanne]. Mais je ne sais pas dans quelles conditions il aura lieu. C’est inconcevable pour ce parti qui s’est construit sur le débat dont sont issues les grandes victoires. Depuis quelques années, le PS revendique la démocratie participative pour mieux effacer sa démocratie interne et représentative. C’est ce qui conduit à son effacement.
Quels sont vos soutiens ?
Il y a des gens qui sont avec moi mais ce n’est pas le sujet. Je ne veux pas rentrer dans ce débat, ni aligner des signatures. Je soutiens des idées, une ligne politique.
Le PS élira bientôt son premier secrétaire. Serez-vous candidat ?
Non. Ce n’est pas qui est à la tête du PS qui m’intéresse mais c’est ce qu’on fait pour la France et l’Europe.
La gauche a perdu sa boussole, dites-vous. Pourquoi ?
Le projet de la gauche ne correspond plus aux attentes de l’électorat et notamment de l’électorat populaire. La gauche ne s’est pas posé les bonnes questions. On a été dans le déni et on a voulu effacer le quinquennat Hollande. Résultat : la page qu’on cherche à écrire, aujourd’hui, reste blanche.
Quelle place pour les écologistes dans la reconstruction de la gauche ?
Le problème de l’écologie politique, c’est qu’elle s’est construite en opposition à notre modèle actuel de développement, avec un discours axé sur la sobriété et la décroissance, culpabilisant et de plus en plus radical. En effet : si la classe sécurisée peut changer ses comportements, et encore, à la marge, cela n’est pas le cas de la classe insécurisée, qui vit dans la précarité et dans un contexte fragilisé. L’écologie politique et la radicalité qu’elle incarne n’est pas la voie qu’il faut suivre dans un contexte politique déjà à fleur de peau, avec une pandémie qui nous met tous à rude épreuve. Il faut redonner la perspective sans impatience, avec sincérité, en gardant l’idée de progrès comme boussole. Il faut arrêter avec l’idée selon laquelle la fiscalité sur le carbone doit être une recette fiscale de plus. Socialement, ce n’est pas acceptable et les Bonnets rouges comme les Gilets jaunes l’ont montré. Il faut, en revanche, donner plus de compétitivité aux énergies renouvelables.
Vous envisagez de consacrer vingt milliards pour la politique sociale. Que prévoyez-vous ?
Je rappelle que vingt milliards, c’est l’équivalent de ce qui a été dépensé pour la baisse de l’ISF et le prélèvement forfaitaire unique sur cinq ans. Avec ces vingt milliards sur cinq ans, augmentons encore la prime d’activité qui doit être transformée en prime pour le travail et le Smic. Dans ce contexte, la réforme de l’assurance chômage n’a plus lieu d’être. Quant à la réforme des retraites, je ne suis pas pour modifier l’âge légal du départ. Ce serait injuste. Ceux qui ont commencé à travailler tôt doivent pouvoir partir à 62 ans.
Qu’envisagez-vous au sujet des institutions politiques ?
Il faut renforcer le rôle du Parlement. Deux solutions : revenir à un septennat unique pour le président de la République ou repousser les législatives à deux ans après la présidentielle. Cela redonnerait de la place au Parlement, aux partis, comme au débat politique.
Les collectivités doivent retrouver leur autonomie fiscale, estimez-vous. Pour quelles raisons ?
Les dotations doivent évoluer avec l’inflation et on doit en effet stopper la perte d’autonomie fiscale des collectivités. Trois questions majeures sont en jeu. La mobilité et la question énergétique, qui doivent être confiées aux intercommunalités et aux Régions. La compétence de la santé, elle, doit aller aux intercommunalités et aux départements. Il faut d’ailleurs soutenir l’hôpital public, avec des lits supplémentaires et une création de 30 000 emplois sur le quinquennat. Nous devons aussi renforcer les associations entre le public et le privé, comme nous avons pu le faire au Mans, avec le futur centre de cancérologie.
Vous évoquez à plusieurs reprises votre ancrage local, en Sarthe et en Bretagne, dans ce livre teinté d’ambitions nationales…
Les terres de l’ouest sont des terres de modération, de nuance, de sincérité. Ce sont des valeurs importantes. Je suis fils d’un instituteur secrétaire de mairie, j’ai été conseiller municipal de Longnes, 246 habitants, pendant douze ans. Ça forge !
Renouer avec la France des Lumières, chez Calmann Lévy, à paraitre le 1er septembre.
Cher M. Le Foll, si votre programme et vos ambitions demeurent les mêmes que tous vos collègues politiciens quelque soit leurs étiquettes politiques, restez chez vous... Nous avons besoin en urgence de personnes désintéressées qui souhaitent avant tout respecter le citoyen et surtout sauver au plus vite la vie des futures générations par des propositions et des actes respectueux de l'humain, de son environnement par des décisions de bon sens qui permettent à chacun de vivre décemment de son travail sans être cataloguer comme sous citoyen par un pass sanitaire en autre. Quelle est votre position à ce sujet? Protégez vous tous par les gestes barrières qui sont essentiels. Bonne journée