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En Sarthe, prison avec sursis pour le tyran domestique... |
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« Vous cumulez tous les registres de la violence conjugale, a indiqué la présidente au prévenu. On ne voit pas ça tous les jours. » © Archives Ouest-France
Père et compagnon violent, un homme de 40 ans a été condamné à une peine de prison avec sursis par le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce mardi 21 mai 2024.
« Je n’avais pas conscience du mal que je faisais. » Voix chevrotante, un homme de 40 ans fait son mea-culpa devant le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce mardi 21 mai 2024. La juge vient de passer une heure à lui rappeler comment il a « instauré la terreur » dans sa famille, près de Sablé-sur-Sarthe. Une situation dénoncée par le directeur d’école des deux enfants.
La présidente du tribunal résume : « Vous êtes dans tous les registres de la violence conjugale. On ne voit pas ça tous les jours. » Parmi les faits reprochés, les insultes. Pour son fils de 7 ans, « fils de pute, abruti, tocard ». Pour sa fille de 8 ans, un peu ronde, « grosse vache ». Les coups, ensuite : gifles, coups de pied, de poing, bousculades, cheveux tirés. Les photos versées au dossier montrent des hématomes et une plaie ouverte du cuir chevelu.
« Papa, il est un peu zinzin »
Viennent aussi les menaces de mort, répétées. Il appelle sa compagne du prénom de femmes décédées sous les coups d’un homme. Il affirme, dit-elle, que les auteurs de féminicides ont « tout compris ». En permanence, le tyran domestique exige de savoir où elle est et ce qu’elle fait.
Et puis il y a l’alcool, les crises de colère, les cris, les objets qui volent dans la maison. « Papa, quand il boit de la bière, il est un peu zinzin, a témoigné son petit garçon. Il dit presque tous les gros mots, il casse les verres. »
Cheveux ras et grisonnants, casier judiciaire vierge, le chauffeur poids lourd nie. Explique que les menaces sont rapportées hors contexte, qu’il ne faisait que citer un humoriste. Soutient qu’il vient seulement de comprendre : « Ce n’est pas normal, puisque tout le monde le dit. » Il demande un suivi psychologique. « Jamais, ô grand jamais, je ne pensais leur faire du mal. »
Interdiction de contact
Le tribunal le condamne à dix-huit mois de prison avec sursis probatoire, avec obligation de soins et stage de parentalité. Il lui est désormais interdit d’entrer en contact avec sa compagne et doit quitter le domicile.
L’homme échappe à l’incarcération, requise par le parquet. La présidente le met en garde : « Des personnes qui ne respectent pas les conditions du sursis probatoire, nous en mettons en prison tous les jours. »