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Église Saint-Liboire : détruire pour reconstruire... |
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« L'objectif est de continuer à vivre dans le quartier. » Hier soir, le père Benoît Moulay a présenté le projet immobilier, qui prévoit de vendre une partie du terrain pour détruire l'église et rebâtir un lieu de culte plus petit. La vente du terrain permettrait de refaire également l'école primaire sans coûter un centime au diocèse.
Le curé la juge surdimensionnée, certains paroissiens y restent attachés. L'église Saint-Liboire pourrait être détruite. A la place?? Une lieu de culte plus petit. Et une école reconstruite.
L'église Saint-Liboire va-t-elle disparaître · La question a fait le tour des bancs de messe, hier soir, lors d'une réunion qui a rassemblé, dans la vaste église de l'avenue Rhin-et-Danube, environ 160 personnes. Trois fois plus que la messe hebdomadaire (1). Noeud du problème : l'église, qui compte 500 places, s'avère inadaptée. « Il y a des problèmes d'isolation thermique et phonique. L'autel est loin de l'assemblée. Et surtout, l'église est surdimensionnée », se désole le père Benoît Moulay, curé de Saint-Pavin, qui vient célébrer les messes quatre fois par mois. Motif : la paroisse de Saint-Liboire a perdu son curé. Et risque aussi de perdre son église.
Lors de la réunion, le père Moulay, entouré de l'évêque, de la directrice de l'école Saint-Liboire et de la représentante de l'organisme de gestion de l'école, a présenté un projet qui prévoit de détruire... pour reconstruire. Le principe : vendre une partie du terrain pour rebâtir un lieu de culte d'environ 300 places et reconstruire l'école primaire voisine. « Rue Saint-Aubin, les locaux sont vétustes, pour ne pas dire insalubres, rappelle Véronique Lenoir, directrice de l'école. L'été pluvieux a endommagé les bâtiments, on a eu des infiltrations, l'humidité est descendue dans les murs. » D'après l'enseignante, impossible de rénover. « D'autant qu'il est de plus en plus difficile de mobiliser des parents sur le temps libre pour remettre des classes en état. » Et que la mise aux normes des installations gaz-électricité-alarme incendie a vidé les caisses.
Deux classes sous la crypte
Le scénario destruction-reconstruction divise paroissiens et parents d'élèves. Alain Barbier, architecte du patrimoine, s'interroge : « Les problèmes peuvent être réglés sans démolition. L'église a des défauts, mais aussi la qualité de faire partie de l'histoire de notre architecture. » Une partie de la salle applaudit. Une maman prend la parole, évoque « ces édifices qui se vident », s'inquiète d'un « chantier-tiroir », plaide pour l'environnement des enfants. Une autre partie de la salle applaudit. Un paroissien aux cheveux blancs s'inquiète du gaspillage. Nouveaux applaudissements. Chacun y va de son idée. Dont celle d'une réhabilitation et d'un partage entre l'école et l'église. Actuellement, la crypte abrite déjà deux salles de classe. A chaque fois, la question revient sur le tapis: où trouver les sous ·
(1) La messe, qui a lieu le samedi soir, réunit entre 50 et 70 paroissiens en moyenne. Un dimanche par mois, la messe a lieu le dimanche matin. L'église accueille alors environ 200 personnes.
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