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Déserts médicaux : le conseil départemental de la Sarthe va lancer un cabinet itinérant... |
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Le conseil départemental va mobiliser 6,5 millions d’euros en quatre ans pour donner une réponse médicale aux Sarthois éloignés des soins. © Archives CO – Laurent Combet
C’est la mesure la plus spectaculaire d’un ambitieux « plan santé » adopté le vendredi 21 octobre 2022 par le conseil départemental de la Sarthe.
Dans le désert médical – depuis trop longtemps – la Sarthe a depuis 2007 développé un dispositif d’aide à l’installation de médecins, au financement de maisons médicales, de bourses aux étudiants, d’aides à l’hébergement, etc. Pourtant, malgré ces efforts, les difficultés d’accès aux soins de premier recours demeurent
, déplore Dominique Le Mèner, président (divers droite) du conseil départemental. À Champagné, on va se retrouver avec 2 jours de médecins pour 10 000 personnes
, témoigne Patrick Demazières, maire de Champagné.
+ François Braun, ministre de la Santé : « Les problèmes de la Sarthe sont spécifiques »
Un « médibus » dès l’année prochaine
Les manquent perdurent et alors que la situation se dégrade encore
, le conseil départemental a adopté ce vendredi 21 octobre son nouveau « plan santé », réactualisé. Le paquet de mesures comprend notamment la création d’un fonds d’intervention en investissement (350 000,00 €) pour soutenir les projets locaux portés par les communes et – c’est innovant – le lancement d’un médibus. Ce cabinet médical mobile de consultation se déplacera directement dans les communes dès l’année prochaine.
S’ajoutent une multitude d’aides aux premières installations, surtout dans les spécialités en tension : pédopsychiatre, gynécologue, pédiatre, sage-femme… L’accompagnement des étudiants se poursuit : en médecine bien sûr, mais aussi des assistants médicaux, infirmiers en pratique avancée. Plus original : une aide à la reconversion de certains professionnels, par exemple des chirurgiens en fin de carrière qui éprouveraient davantage de difficultés à exercer et souhaiteraient s’orienter vers la médecine générale.
Au total, l’enveloppe s’élève à près de quatre millions d’euros de fonctionnement jusqu’en 2026, 1,6 million d’euros d’investissement sur cette même période et 900 000 € en 2023 pour les projets innovants. Ces efforts – adoptés à l’unanimité – s’ajoutent à ceux du conseil régional et de Le Mans Métropole.
Placé sous les feux des projecteurs lors de la venue du ministre, François Braun la Sarthe se classe actuellement 97e sur 103 en matière de densité médicale. On compte 320 généralistes libéraux : c’est 57 de moins qu’en 2016. Et près de 140 d’entre eux pourraient prendre leur retraite d’ici 10 ans. La pénurie concerne aussi les spécialistes, ce qui conduit à un allongement des délais de prise en charge : jusqu’à 14 mois en gynécologie et cardiologie
, selon Jean-Carles Grelier, le député sarthois – proche de la majorité – qui a évoqué ces préoccupations tout récemment avec Emmanuel Macron.