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Dans ce restaurant, les clients cuisinent ensemble, font la plonge… et paient ce qu’ils veulent !... |
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Dans ce restaurant participatif qui vient d’ouvrir à Montbrison (Loire), les clients qui le souhaitent peuvent cuisiner avant de se mettre à table. © CHRISTIAN DELORME
Un restaurant pas comme les autres a ouvert à Montbrison (Loire) le 5 janvier. Ici, les clients peuvent cuisiner eux-mêmes les plats qu’ils vont ensuite déguster autour de grandes tables partagées. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi mettre le couvert, servir leur voisin, faire la vaisselle… Le prix du repas est libre, c’est-à-dire que chacun donne ce qu’il veut ou peut.
Aller au restaurant et cuisiner votre plat avant de le déguster, ça vous dirait ? C’est le principe des Petites Cantines, qui existent partout en France. Le dix-huitième établissement du genre a ouvert ses portes à Montbrison (Loire) le 5 janvier 2026. « Il s’agit d’un restaurant participatif qui a pour but de favoriser la rencontre et la solidarité entre les habitants. Pour faire simple, un lieu convivial où on propose de la bonne bouffe », explique le directeur Bertrand Vial en souriant.
L’association Les Petites Cantines du Forez a été fondée en 2024 par une poignée d’habitants de Montbrison et des alentours. « On rêvait d’un lieu qui permette de lutter contre l’isolement et renforcer les liens de proximité, poursuit le trentenaire. On a d’abord lancé quelques cantines éphémères et le concept a beaucoup plu. Donc on a décidé d’ouvrir un restaurant fixe. » Si le réseau des Petites Cantines est national, chaque structure locale est autonome et indépendante.
Des jeunes et des moins jeunes
Pourquoi un restaurant « participatif » ? Car ici, ceux qui le souhaitent peuvent contribuer à la préparation des repas. Il suffit d’avoir plus de 14 ans et de s’y rendre à 9 h 30 après avoir réservé sa place sur le site des Petites cantines du Forez. « On limite à une dizaine de personnes car sinon on se marche dessus », précise Bertrand Vial. L’atelier cuisine est encadré par le directeur lui-même et/ou par « le maître de maison du jour », tous formés à la gestion d’un tel établissement.
Ce sont eux qui accueillent les bénévoles, leur présentent le menu, distribuent les rôles, leur expliquent les règles d’hygiène et de sécurité… Ensuite, tout le monde se met au travail pour être fin prêt avant l’arrivée des clients. « On cuisine sans pression, à notre rythme, dans une bonne ambiance. Il y a des jeunes, des moins jeunes, c’est génial ! » Certains bénévoles y ont pris goût et reviennent régulièrement. « Je continue d’apprendre de nouvelles recettes et c’est beaucoup plus agréable de cuisiner en groupe », témoigne une retraitée dans un reportage du Progrès .
« Un shot de bonheur et de bonne humeur »
Ouvert tous les midis de la semaine (sauf le jeudi), ce restaurant participatif ne propose que des grandes tablées. On mange à côté de personnes que l’on ne connaît pas forcément, de tous âges et tous profils. « On voulait un lieu intergénérationnel qui brasse les populations, où l’on crée du lien », avance Bertrand Vial. Mais le concept peut parfois surprendre. Le directeur se souvient par exemple de ces deux « mamies » qui sont entrées et ont demandé une table pour deux.
« Je leur ai expliqué le fonctionnement et elles se sont installées, mais avec un visage très fermé. Elles nous ont dit qu’elles étaient pressées, raconte-t-il. Finalement, deux heures et demie plus tard, elles étaient encore là, à parler avec leurs voisins avec un grand sourire ! » Et c’est tout l’objectif de l’association des Petites Cantines du Forez. « En cette période morose, on voit ça comme un shot de bonheur et de bonne humeur. »
Des produits locaux et de saison
Ce restaurant original a poussé le concept du « participatif » jusqu’au bout. Tous ceux qui le souhaitent (car il n’y a aucune obligation) peuvent mettre le couvert, servir leurs voisins de table et même aider à la plonge. « Nous avons fait un meuble sur-mesure qui permet de faire la vaisselle l’un en face de l’autre tout en discutant. » Une idée qui séduit beaucoup : depuis l’ouverture, l’établissement enregistre une moyenne de 35 convives par jour. « Il y a du monde tout le temps ! »
Autre élément important : le prix est libre, c’est-à-dire que chacun paie ce qu’il veut/peut pour son repas. « Ici on dit que le bon prix, c’est celui qui permet de revenir souvent, sourit le directeur. On communique de manière transparente avec les clients, qui savent qu’un repas nous coûte entre 12 et 14 €. » Les menus sont tous faits maison, avec des produits locaux et de saison. Ce mercredi 4 février 2026 par exemple, c’était purée de courge en entrée, tajine express pois chiches et légumes d’hiver en plat et des poires pochées en dessert.