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Cyclone Chido à Mayotte : « Mes enfants sont traumatisés »... |
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« On entendait tout voler à l’extérieur » © AFP/Sécurité civile
Ancien habitant du Mans, Yannick Hassan était sur place lors du passage du cyclone tropical Chido qui a ravagé l’archipel de Mayotte, ce samedi 14 décembre 2024. Cet entrepreneur de 42 ans, qui s’est installé définitivement à Mayotte il y a trois ans, parle d’une « bombe atomique » qui a « tout rasé sur son passage ».
Où étiez-vous au moment du passage du cyclone ?
« Chez moi, à Pamandzi (commune située sur l’île de Petite-Terre, NDLR), avec ma femme, mes enfants, mes parents et ma grand-mère. Ça a bien duré quatre heures, dont deux très intenses. On entendait tout voler à l’extérieur. On se battait avec le vent pour maintenir les portes fermées. Et même si on sait la chance qu’on a eue d’être dans une maison en dur, c’était un vrai bras de fer avec la nature. Mes enfants sont traumatisés. À la moindre goutte de pluie, ils sursautent ou pleurent. On essaye de leur changer les idées, mais c’est très compliqué. »
Étiez-vous préparé à une telle violence ?
« Non, on ne pouvait pas s’y attendre. On a souvent eu des épisodes anticycloniques, mais là , la puissance du cyclone a été une surprise pour tout le monde. Quand tout s’est arrêté et qu’on est allés voir l’étendue des dégâts, la situation était catastrophique. Comme cette sensation qu’une bombe atomique avait tout rasé sur son passage. »
Quelques jours après la catastrophe, dans quel état se trouve Mayotte ?
« Même si ça va un peu mieux, le courant et internet reviennent à certains endroits, on a comme l’impression d’être dans un nouveau monde. La nature s’est effondrée. On a du mal à se situer, on ne reconnaît plus nos rues. Depuis samedi, les services communaux ont essayé de déblayer au maximum. C’est encore très difficile de joindre des gens en interne. »
Quelles sont les priorités ?
« Ramener le plus possible de ressources, que ce soit de l’eau ou des denrées alimentaires. Les distributions fournies par l’État commencent à arriver. La question du logement est aussi prioritaire. N’oublions pas toute cette population qui dort encore à même le sol. Heureusement qu’il n’a pas plu depuis. Il faut y réfléchir dès maintenant, c’est une question de survie. Tout le monde doit faire le nécessaire. Les mois et les années futurs vont être très difficiles à Mayotte. Très compliqué, mais pas impossible. »